ARDI

Christian Bertaux
www.bertaux-glah.fr

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Mathématique fantastique chez Hergé:
Les Pyramides tarotiques des albums en couleurs des Aventures de Tintin

Christian Bertaux

1990





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Mathématique fantastique chez Hergé:
Les Pyramides tarotiques des albums en couleurs des Aventures de Tintin (1).

Recherches sur les "inimaginables" textuels.

à René Thom, à Yves Bouligand et à Alain Chenciner,

'' Les appartements allaient en pyramide; ils devenaient toujours plus beaux à mesure qu'on montait vers la pointe, et ils représentaient de plus beaux mondes. On vint enfin dans le suprême qui terminait la pyramide et qui était le plus beau de tous; car la pyramide avait un commencement, mais on n'en voyait point la fin; elle était une pointe, mais point de base; elle allait croissant à l'infini. Théodore entrant dans cet appartement suprême, se trouva ravi en extase; il lui fallut le secours de la déesse; une goutte d'une liqueur divine mise sur la langue le remit. ''

LEIBNIZ, Essais de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal [1710].

Qu'une Bande Dessinée comme celle des aventures de John DIFOOL dans l'INCAL de Moebius et Jodorowsky parues aux Editions des "Humanoïdes associés" fasse référence explicitement au jeu divinatoire du Tarot de Marseille n'est pas un fait particulièrement surprenant. Chacun sait que Jodorowsky aime le jeu du Tarot [1] (2). Le lien au tarot est évident dans les aventures de John DIFOOL. Jodorowsky, dans une interview que rapporte Jean Annestay, le dit d'ailleurs lui-même explicitement :

" C'est tout son savoir "ésotérique" que Jodorowsky a déployé pour enrichir, sinon engendrer l'INCAL. (...). Des rapports étroits ont été aussi installés avec le Tarot. John DIFOOL, the FOOL, le fou, correspond au Mat du Tarot qui est accompagné d'un animal familier, un chien. (...). Les autres personnages sont apparus au fur et à mesure explique Jodorowsky : "Solune, par exemple, c'est le Soleil et la Lune du Tarot... L'Emperoratriz (l'Empereur et l'Impératrice) qui est l'Hermaphrodite Originel. (...). "Dans l'Incal, c'est ma vie avec le Tarot qui ressort." (...). "Le Tarot, dans l'Incal, c'est une grille de décodage , mais secrète".

Moebius Jodorowsky, Les Mystères de l'Incal, Texte de Jean Annestay, Les Humanoïdes associés, 1989 .


Ce qui est bien plus étonnant, c'est de trouver des références répétitives au Tarot, de façon inavouée, pour certains agaçantes, peu conscientes, peut- être même impensées, voire impensables, dans l'oeuvre d'Hergé. Hergé, à la différence de Jodorowsky, n'a jamais parlé du Tarot. Cependant Tintin accompagné de son chien Milou, plus que DIFOOL accompagné de sa Mouette, fait penser au MAT du Tarot de Marseille qui lui aussi est accompagné d'un chien. De plus les dates historiques (inscrites sur la lame du DEUX DE DENIERS) correspondant aux factures extrêmes du Tarot de Marseille des éditions Grimaud, vont de 1748 à 1930.

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Or c'est en 1930 que TINTIN ET MILOU partent pour le journal du ''Petit vingtième'' au CONGO. Il y a donc une continuïté historique entre le jeu de Grimaud qui s'arrête factuellement en 1930 et la première aventure de Tintin qui commencera en 1930 les aventures du futur cycle des 22 albums en couleurs de Tintin retenues par les éditions Casterman. Les 22 albums en couleurs des aventures de Tintin parues aux éditions Casterman semblent ainsi prolonger l'ancien jeu de Marseille du Tarot. Ces 22 albums ne seraient- ils pas d'autres lames majeures symétriques aux premières par delà les 56 lames dites mineures du tarot de Marseille ?

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Ne peut-on faire un parallèle entre les 22 lames majeures du tarot de Marseille et les 22 albums en couleurs des Aventures de Tintin ? Tintin ne serait-il pas cet autre MAT ( lame 22 ou lame O) poursuivant avec son chien, dans le miroir fictif des albums en couleurs de l' Après- Seconde guerre mondiale les destinées nouvelles de la jeunesse sous les pressions futures - ''toutes en couleurs'' - du plan Marshall ?

Pour aider à répondre à ces questions, nous manifesterons des analogies formelles entre le Tarot de Marseille et les albums d'Hergé. Les mathématiques que nous présentons ici ne sont donc pas "fantastiques" par leur complexité, mais par les analogies qu'elles révèlent. Elles ne feront appel qu'à des schémas arithmétiques élémentaires que l'on retrouve dans les jeux divinatoires du XVIII° siècle.

Le XVIII° siècle aimait, dans une sorte d'égyptomanie prolongeant l'oeuvre d'Athanasius KIRCHER (1602-1680) [OEDIPUS AEGYPTIACUS, 1652], faire appel à des modèles formels construits sur les nombres 22 et 7. Ces modèles, que reprendra curieusement Hergé dans son goût obsessionnel pour les nombres 22 et 7, étaient supposés issus de la pensée des anciens Egyptiens, des Hébreux et des philosophes pythagoriciens (3) et développaient l'idée de langue sacrée:

'' Ce jeu est absolument fondé sur le nombre sacré de sept. Chaque couleur est de deux fois sept cartes. Les Atous sont au nombre de trois fois sept; le nombre des cartes de soixante-dix sept; le Fou étant comme le O. Or, personne n'ignore le rôle que ce nombre jouoit chez les Egyptiens, & qu'il étoit devenu chez eux une formule à laquelle ils ramenoient les éléments de toutes les sciences ''.

Antoine Court de Gébelin, "Du jeu des Tarots", Le Monde Primitif (1781).

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L'égyptomanie du Tarot s'est développée en France à la suite d'Antoine COURT DE GEBELIN (1725-1784). C'est ce grammairien, auteur d'un ''MONDE PRIMITIF'' s'appuyant sur une théorie générale du langage [reprise par FABRE d'OLIVET (1767-1825)], qui a fait du Tarot un événement culturel qui s'est développé à la cour de LOUIS XVI. Antoine COURT DE GEBELIN associe les diverses lames du Tarot à la langue sacrée des anciens Egyptiens, constructeurs des grandes Pyramides.

Pour Antoine Court de Gébelin, LE MAT, que certains appellent la lame 22, est une lame 0 qui peut prendre n'importe quelle valeur. Elle est faite pour circuler au milieu des 77 autres lames qui désignent tous les états psychologiques et sociaux - réels, virtuels ou posthumes- qu'un EGO fictif peut actualiser. Le FOU poursuivi par son chien (son passé) n'est que le représentant ou le véhicule de tout homme cheminant dans l'espace éternel et/ou perpétuel de ses destinées.

Hergé semble lié à cette pensée en introduisant de façon répétitive dans le choix de ses dessins les nombres 22 et 7. Sémantiquement, Tintin et Milou (ce petit fox-terrier blanc véritable copain libérateur gambadant devant lui telle une cible future et heureuse) ne seraient-ils pas l'image miroir du MAT poursuivit par son chien du TAROT de Marseille (son passé), cette vieille réminiscence du cycle d'OSIRIS et de son chien, ANUBIS, le gardien égyptien du corps du défunt [2] (4)? Comme le MAT du Tarot de Marseille, le personnage de TINTIN est ce "rien " (5) … [ne dit-on pas "Et bien, tintin! " pour signifier à un demandeur qu'il n'aura "rien" ?] … capable de circuler sur les 62 pages numérotées de chacun des 22 albums en couleurs des aventures de Tintin (6).

La rencontre avec l'Egypte se fait chez Hergé et son ami E.P. JACOBS (le maître incontesté du ''Mystère de la Grande Pyramide" [3] (7)) grâce à l'album des CIGARES DU PHARAON. Hergé fait passer Tintin et Milou devant 22 sarcophages du Tombeau de Kih-Oskh (8). Or, comme dans le jeu des 22 lames du Tarot, la numérotation des 22 sarcophages n'aboutira pas au nombre 22. Le sarcophage de Milou est mis hors du système des 21 nombres en portant l'inscription lettriste ''20 Bis'' ou ( à la dernière édition) ''20 A'' [4] (9).

Le fait mathématique - proprement fantastique - "formellement inimaginable", est de désigner, sur ce matériel, une pulsion arithmético-géométrique - un rythme formel - égyptomaniaque ou tarologique - certainement à l'origine des spéculations mathématiques sur les nombres [5] (10) - qui se déploie dans une œuvre non ésotérique (faite pour la jeunesse) comme les albums des Aventures de Tintin.

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Cette "pulsion rythmique" - ce rythme formel d'ordre sémio-énonciatif (11) - est-elle consciente ou inconsciente chez Hergé ? Nous pensons qu'elle n'est pas consciente, ou "peu consciente" ( si ce n'est dans l'émergence répétitive - peut-être inavouable- d'une même obsession de planification graphique ), mais le lecteur jugera (12). Il suffira de remarquer ici que les propriétés que nous mettrons en évidence [ comme les nombres d'or des peintres de la Renaissance repérés par Matila GHYKA (1881-1965) ] n'ont jamais été signalées par les intéressés. Pas plus du côté des peintres de la Renaissance que du côté d'Hergé.

Première partie

à Jean-Toussaint DESANTI, à Jean DETTON et à Léon VANDERMEERSCH,

Les Pyramides du Tarot de Marseille des éditions Grimaud et des albums en couleurs des aventures de
Tintin parus aux éditions Casterman
J'appelle ''Pyramide'' (notée PN ou P° ou PN° ) [ dire pour P°, "P CIBLE"] une représentation triangulaire d'un nombre naturel P° formé d'un triangle ∆N augmenté d'une unité (+1). On prendra pour valeur numérique de toute "pyramide" PN , la valeur PN= PN°= °L = °N = ½ (N)(N+1) +1 [ dire pour °L : CIBLE (de ligne d'étage) L ; dire pour °N : CIBLE (de base) N ]. Dans cette représentation géométrique appelée ( à tort sur le plan mathématique) "Pyramide", la représentation de l'unité (+1) sera excentrée (comme le font les géomanciens). Cette unité excentrée, nous l'appelons L'EXCUSE. L'EXCUSE est donc un élément ajouté placé dans la représentation triangulaire d'une "pyramide" en haut à gauche de façon excentrée (+1) par rapport à un ensemble triangulaire (∆N) de N lignes d'étage L= N.
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Le Nombre 22 (noté également 22° ) [ 22 = 22° dire "22 est égal à 22 CIBLE" ] peut être représenté par une pyramide de base N=6 ayant L=6 lignes d'étage [ puisque P6 = °6 = 22°= ½ (6)(7)+1 ]. Cette Pyramide est constituée par un triangle de six lignes d'étages L={ 1 à 6} rassemblant dans son triangle de 21 éléments ( noté également 21∆ ) [ 21= 21∆ dire " 21 est égal à 21 TRIANGLE"] , plus une unité [+1], L'EXCUSE, mise hors triangle. On notera que °6 [ lire "Cible 6"] est égal à 22° [lire "22 Cible"] . Puisque pour tout N, on a °N=M° avec N < M°, on a toujours - lorsque N° existe- °N > N°. On a bien , °7 =29° et °7= 29 > 7°= 7.

Une "pyramide d'ordre" ordonne ses objets ( avec ou sans son EXCUSE) en les associant à la suite ordonnée des nombres. Nous avons ci-dessus, un triangle d'ordre , l'ordre des objets étant associé dans cette représentation du triangle ∆n à l'ordre des n premiers nombres entiers (13).

Une "pyramide de définitions" ( avec définition au pluriel) à la différence d'une "pyramide d'ordre" ordonne ses objets par ligne d'étage L à l'aide de "définitions caractéristiques" capables de préciser les objets qui sont placés sur chacune de ses lignes d'étage L. Généralement, les pyramides de définitions ne sont définies que globalement par leurs définitions. Localement - sur chacune des lignes- les objets suivront, de la gauche vers la droite, l'ordre numérique d'une pyramide d'ordre. Pour construire une pyramide de définitions, il suffit donc de produire 1) une définition capable de désigner une opposition entre l'objet qui forme l'EXCUSE 1° et l'ensemble des objets qui forme le TRIANGLE ∆n ; 2) une définition pertinente - utilisant un ou plusieurs critères simples- capable de distinguer les ensembles d'objets qui se trouvent sur chaque étage ; 3) Lorsque les définitions des étages ne désignent généralement que globalement les sous-ensembles d' objets , on ordonne "localement", sur chacune des N lignes utilisés pour forme le triangle ∆n, les objets en utilisant un critère additionnel d'ordre soit numérique soit alphabétique (14).

Exemple de "jeux pyramidaux" : Sortez du jeu complet de 78 lames du tarot de Marseille des éditions Grimaud (langue française non bilingue), les LAMES A TETE HUMAINE "CHEVELUE NUE TETE" [= les lames sur lesquelles sont dessinées au moins une tête humaine chevelue ne portant rien sur ses cheveux ou sur sa tête ni fleur, ni chapeau, ni couronne, ni tiare, ni auréole, ni cercle ni "coiffe"]. Etablir avec ces lames - après avoir mis une lame en EXCUSE- "une pyramide d'ordre" A = Pn= ½ (n)(n+1)+1 . Transformer cette "pyramide d'ordre" A(Pn) en une "pyramide de définitions" B (Pn) . Quel message - quel adage ludique, fictif ou fantasmagorique- peut -on associer à cette transformation A->B (15).

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Exercice n°1:

Montrer qu'il est possible de fournir une représentation "pyramidale" des 22 régions de la France administrative. Donner un ou deux exemples de "pyramide d'ordre" des 22 régions. Mettez en évidence l'existence d'au moins une "pyramide de définitions" en faisant appel aux propriétés géographiques des régions (16). ( Note et solutions à lire en seconde lecture.)

Exercice n°2 :

Montrer que le prénom et le nom de Pierre BOURDIEU donnés typographiquement en page de Titre [ page 3] de l'ouvrage collectif "La Misère du monde" [Seuil, 1993] règnent sur une pyramide d'ordre composée de 22 noms d'auteurs tronqués dans leurs prénoms (de A. Accardo à A.-M. Waser). On montrera que les 22 noms d'auteurs aux prénoms tronqués donnés sur cette page - en se soumettant au regard magistral non tronqué dans son prénom de Pierre BOURDIEU - peuvent être mis en forme, grâce aux signes "sacrificiels" de l'initiale de leurs prénoms, à l'intérieur d'une "pyramide de définitions" (17). (Note et solutions à lire en seconde lecture.)

Les pyramides du Tarot

à Pierre CLASTRES, à Michel CARTRY et à Mamadou Lamine TRAORÉ,



Le Tarot est un jeu divinatoire composé de 78 cartes appelées lames. Le nombre 78 est un nombre triangulaire de base 12 ( 78 = 1 +2 +3 +4 +5 +6 +7 +8 +9 +10 +11 +12 ) qui multiplie par trois (x3) le nombre des étages L=4 de la Tétraktys des Pythagoriciens (4 x3) , un nombre triangulaire de base 4:
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Dans la Tétraktys, on a ∆N = ½ (N) (N+1)= 10 avec N=4 d'où ∆4=10= 1+2+3+4. La base N du nombre ∆N est toujours égale au nombre d'étages L.

Parmi les 78 lames du Tarot de Marseille, il y a 22 lames dites majeures caractérisées par le fait qu'elles ont toutes une "PLAGE NOMBRE" c'est-à-dire

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d'un rectangle blanc placé en haut de la lame et 56 lames dites mineures (qui n'ont pas de PLAGE NOMBRE). Les 22 lames majeures peuvent s'organiser sur un triangle de base 6 ( 1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 = 21 ) en plaçant en EXCUSE une des 22 lames. Le triangle ∆n de base N=6 est à 6 étages (∆6= 1+2+3+4+5+6 = 21 )

Traditionnellement, la partition de l'ensemble des 78∆ lames d'un tarot se fait en deux sous-ensembles de 22 lames dites "majeures" et de 56 lames dites "mineures".

78∆ = 22° + 56°

Cette partition laisse apparaître son organisation "pyramidale" (Pn= ∆n +1). Elle est bien définie à l'aide d'un critère formel. Les 22 lames majeures se partagent effectivement en deux ensembles. Les 22 lames majeures (lames qui correspondent aux 21 ATOUTS du jeu du Tarot) sont celles qui disposent d'une plage NOMBRE. Par différence, les 56 lames mineures sont celles qui ne disposent pas de cette plage NOMBRE.

22° = 21∆ + 1∆ & 56°= 55∆ + 1∆

La pyramide des 22° lames majeures se partage en deux sous-ensembles formellement bien définis. D'une part, un triangle de 21∆ lames à plage NOMBRE ayant un NOMBRE effectivement dessiné; d'autre part, un triangle de base N=1 et d'étage L=1 (puisque 1∆ = ½ (1)(1+1) ] formé à l'aide d'une seule lame à plage Nombre n'ayant pas de NOMBRE dessiné ( il s'agit du MAT).

22° = 21∆ + 1∆

Il en est de même pour les 56 lames mineures du tarot :

56° = 55∆ + 1∆


L'EXCUSE de l'ensemble des 22 est facile à désigner puisqu'on dispose de 21∆ lames à plage nombre sur lesquelles se trouve inscrit un nombre et 1∆ lame à plage nombre sur laquelle ne se trouve inscrit aucun nombre visible . Pour former la pyramide des 56° lames mineures, on peut utiliser le critère des NOMS. Ce sont 56° lames qui portent un NOM. Parmi ces 56° lames qui portent un NOM, il existe trois types de lames mineures : les lames mineures qui portent un NOM qui n'est pas inscrit sur la lame ( Exemple: le DEUX DE DENIERS), les lames qui portent un NOM qui est inscrit dans une "plage NOM" c'est-à-dire d'un rectangle blanc placé en bas de la lame (Exemple: le Roi de Coupe), enfin une lame qui porte un nom inscrit sur la lame sans que cette dernière ne dispose de plage rectangulaire NOM . Nous avons notre EXCUSE.

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Nous pouvons donc prendre pour l'EXCUSE de l'ensemble des 56° lames SANS PLAGE NOMBRE, la même EXCUSE que pour l'ensemble pyramidal des 16° lames mineures à grand personnage qui portent un NOM INSCRIT. Il s'agit du "Géant de Deniers" (le VALET DE DENIERS).
16° = 15∆ + 1
Le triangle des 15∆ lames mineures à grand personnage ( Roy, Reyne, Cavalier, Valet) est désigné formellement en utilisant le critère des PLAGES rectangulaires blanches placées en haut ou en bas de 37° lames sur lesquelles peuvent s'inscrirent des lettres ou des chiffres. Le triangle des 15∆ est constitué par les 15∆ lames sans plages NOMBRE (donc mineures) qui disposent d'une plage NOM. Il existe donc également une pyramide de 37° lames formée par toutes les lames qui disposent au moins d'une plage rectangulaire blanche ( une PLAGE NOMBRE et/ou une PLAGE NOM). Le triangle des 36∆ est défini par toutes les lames qui disposent d'une PLAGE NOM ( 21∆ majeures et 15∆ mineures). L'EXCUSE des 37° est la seule lame majeure qui ne dispose que d'UNE plage NOMBRE.
37° = 36∆ + 1
Regarder les 78 lames du Tarot de Marseille des éditions Grimaud

Etablir avec ces lames les différentes "pyramides" de base: Les pyramides de 16°, de 22°, de 37°, de 56° et de 79°.

La pyramide de 79° est géométriquement intéressante. Elle est formée du CORPUS COMPLET des 79 planches gravées distinctes D'UN JEU DE TAROT .

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C'est le triangle des 78∆ lames formant l'ensemble de toutes les lames du Tarot vues distinctement de leur côté " image" ou RECTO ajouté à l'EXCUSE 1° = ½ (0)(1) +1 de base N=0 formée dans son image par la gravure de toutes les lames du tarot vues indistinctement de leur côté VERSO ou "dos".

L'EXCUSE du CORPUS COMPLET des images distinctes d'un jeu du tarot n'est autre que l'image VERSO (le dos) indistincte de toutes les lames (18).

Géométrie möbienne reliant le début à la fin : On doit donc passer du RECTO au VERSO lorsqu'on passe du "pluriel" des 78 images visibles distinctes RECTO au "singulier" des 78 images invisibles indistinctes vues de DOS [VERSO], c'est-à-dire à l'unique image distincte " CIBLE" 1° - "L'EXCUSE" [+1] de la PYRAMIDE des 78∆ + 1° = 79° images distinctes "Visibles/Invisible" du corpus complet du tarot.

La "consultation" - le "tirage"- produit la transformation RECTO/VERSO inverse c'est-à-dire la transformation VERSO/RECTO. Elle passe, de l'indistinct [+1] au distinct [ 78∆], de l'espace d'un CHAOS singulier indifférencié (où ne se donne à voir que l' image VERSO répétitive d'une MEME image vue de dos) à l'espace d'un COSMOS pluriel différencié - unifié dans une structure ordonnant les 4 et 5 ( ou les 12 et 16) images RECTO à valeur divinatoire des lames du tarot. Dans le "petit tirage" [ sortant 4 puis 1 lames] , on sort initialement quatre lames correspondant aux quatre LIEUX CARDINAUX de la géomancie [ la maison m1, la maison m7, la maison m10 et la maison m 4] en n'utilisant que les 22 lames majeures. Dans le "grand tirage" [ sortant au moins 12 puis 4 lames] , on sort 16 suites de paquets de lames prises dans l'ensemble complet des 78 lames afin de les placer dans 12 puis 16 LIEUX D'UNE TOPIQUE qu'on appelle en cartomancie, en géomancie et en astrologie des MENSIONS (ou des MAISONS). Le TAROT vient "casser" l'hyper-syntaxe triangulaire du corps politique écrasant d'un ROI - Tibère ou Louis XIV- pour reconstruire dans la syntaxe discursive d'une "interprétation" dite "divinatoire" les énoncés nécessaires aux ETRES SOCIAUX que pourrait produire l'hyper-syntaxe du corps de ce ROI s'il n'était disparu (19).

L'EXCUSE DES 22° et L'EXCUSE DES 37°
Il existe, en fait, pour l'ensemble des 22° lames majeures du tarot de Marseille des éditions Grimaud, non pas UNE, mais DEUX lames majeures formellement très différentes des autres :

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- la lame sans NOMBRE, qui porte inscrit sur sa plage rectangulaire blanche à NOM , le nom " LE • MAT" . Certains appellent cette lame, la "lame 0" ou la "lame 22" ;

- la lame sans NOM, qui porte inscrit sur sa plage rectangulaire blanche à NOMBRE le nombre XIII . Certains appellent, à tort, cette lame: "la mort" ou "le squelette".

Selon le choix formel que l'on pourrait faire pour l'élément excentré d'une représentation pyramidale - L'EXCUSE SANS NOMBRE ou L'EXCUSE SANS NOM-, il est possible d'établir deux PYRAMIDES de 22 lames à plage NOMBRE composées d'un Triangle de 21∆ et d'une Excuse. L'une des deux pyramides de 22° serait alors caractérisée par un triangle de 21∆ lames ayant un NOMBRE et d'une Excuse sans NOMBRE. L'autre serait caractérisée par 21∆ lames à NOM et une Excuse sans NOM.

Une des propriétés fondamentales du Tarot de Marseille des éditions Grimaud est de donner des critères formels simples pour construire les triangles de définitions de ces deux pyramides. La pyramide des 21 lames majeures à NOMBRE fait appel au critère du Nombre de Chiffres dessinés sur chaque lame. La pyramide des 21 lames majeures à NOM fait appel au critère du Nombre de Têtes dessinées sur chaque lame.

Liste des 22 lames majeures du Tarot de Marseille des éditions Grimaud:
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En regroupant les 22 lames selon les deux critères soulignés plus haut, nous obtenons facilement les définitions formelles des 6 niveaux de deux triangles de base 6 . Nous appelons ces pyramides, bien définies dans leurs étages, des "pyramides de définitions":

Le TRIANGLE des 21 lames majeures à NOM

Le triangle des 21 lames à NOM s'organise sur six ensembles caractérisés par le nombre de têtes par lame (dans l'ordre des nombres: 6, 5, 4, 3, 2, 1 ):
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Cette pyramide "de définitions" est extraordinaire car elle est complète, bien qu'imparfaitement ordonnée. Nous avons, de bas en haut: 6 lames à 1 tête, 5 lames à 2 têtes, 4 lames à 3 têtes, 3 lames à 4 têtes, 2 lames à 5 têtes et 1 lame à 6 têtes. La propriété triangulaire des 21 lames à Nom - tout à fait exceptionnelle- n'est possible que parce que le graveur a fait apparaître des figures cachées comme dans les figures des gravures d'Epinal. Sans le Lapin, le Dromadaire et la Chèvre, les propriétés triangulaires de la pyramide des lames majeures ( ayant la XIII pour Excuse) seraient irréalisables. Autre exemple de pyramide de définitions dans le tarot de Marseille:
Le TRIANGLE des 21 lames majeures à NOMBRE

Le triangle des 21 lames à Nombre s'organise également sur six ensembles de nombre de chiffres ( dans l'ordre des nombres : 6, 1, 5, 4, 2, 3 ) :
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Les arrangements du graveur qui font apparaître deux dés sur la table du Bateleur au lieu d'un seul domino à 6 points comme dans le "Tareau fin fait par Ignaz Krebs de Fribourg en Brisgau" (XVIII ème siècle), sont des indices montrant que ces jeux symboliques se sont constitués peu à peu. On voit l'importance spéculative d'une telle transformation graphique qui en mettant sur la table du Bateleur un 5 et un 1 de dés à la place d'un 6 de Domino organise l'ensemble dans un Triangle pythagoricien.

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Nous allons voir - que ces propriétés pyramidales se retrouvent de façon répétitive, si ce n'est obsessionnelle, dans les 22 albums en couleurs des aventures de Tintin dessinées par Hergé. Ce sont l'émergence de ces propriétés tout à fait extraordinaires qui justifie l'idée de l'existence d'une "mathématique fantastique" chez Hergé.

Les pyramides des 22 albums des aventures de Tintin
La collection des Aventures de Tintin et Milou parue aux éditions Casterman est constituée de 22 albums en couleurs. Chaque album en couleurs est composé d'une image de Couverture, d'une page d'en-tête non numérotée et de 62 pages d'histoire numérotées de 1 à 62. Puisqu'il y a 22 albums en couleurs, il y a 22 images de couvertures, 22 pages d'en-tête et 22 fois 62 pages d'histoire. Le corpus pertinent des albums en couleurs des Aventures de Tintin est donc composé de 22 fois 64 planches. Les numéros d'ordre des albums en couleurs sont les suivants :
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Il serait intéressant de montrer que les B.D d'Hergé rencontrent (par quel hasard ?) les mêmes "attracteurs formels" que les lames du Tarot. La présentation de cette recherche longue dépasserait cependant les cadres d'une telle communication. Nous ne ferons que manifester quelques propriétés formelles présentes dans les dessins d'Hergé (sans référence au Tarot). Les propriétés des albums d'Hergé sont suffisamment étonnantes pour que le lecteur puisse appréhender quelque chose d'une mathématique fantastique fort simple, mais difficile à deviner dans l'expression graphique d'une bande dessinée .

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La pyramide des 4 pattes de Milou
Milou est visible sur chacune des couvertures (C1, C2, ..., C21, C22) des 22 albums de Tintin. Chacun des 22 dessins de Milou montre ou cache une, deux, trois ou quatre de ses pattes. On pourrait croire que ces caractéristiques sont arbitraires. Absolument pas. Elles font système à l'échelle de l'ensemble des 22 couvertures. Il y a en particulier 10 couvertures ( une Tétraktys) qui montrent les quatre pattes de Milou .

Sur chacune des 10 couvertures qui manifestent les quatre pattes de Milou, il y a toujours une ''petite patte''. Cette petite patte qui sert de repère, peut être désignée graphiquement par une simple touffe de poils blancs. Grâce à cette petite patte (qui peut être la patte avant gauche, la patte avant droite, la patte arrière gauche ou la patte arrière droite), il est possible d'établir un triangle de base 4 (une Tétraktys pythagoricienne). Nous avons ainsi le système remarquable suivant:
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La Tétraktys des 4 pattes du Milou est tout à fait extraordinaire. C'est un fait structural rare qui ne peut être dû au hasard. Cette pyramide ne serait pas imaginable si on utilisait, par exemple, l' ancienne couverture de ''L'île noire'' dessinée par Hergé. En modifiant la couverture de l'ILE NOIRE (en prétextant l'événement de l'édition anglaise), Hergé semble donc avoir volontairement recherché un effet esthétique de type structural mettant en interaction toutes les couvertures. Le dessin d'un album n'est donc pas un dessin indépendant du système des autres dessins.

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A partir du triangle de base 4 des '' 4 pattes de Milou'', il est facile de prolonger la Tétraktys initiale en un triangle de base 6 et d'établir une pyramide de 22 légèrement moins heureuse (puisqu'il faut deux critères pour définir les 6 couvertures de base) bien que remarquable ( Il y a CINQ couvertures à 3 pattes et SEPT couvertures sans pattes arrières).

Voir schéma suivant :

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On pourrait se demander si ces constructions ne sont que des phénomènes qui appartiennent aux 22 couvertures des albums de Tintin et ceci indépendamment des pages internes des albums ou si l'organisation des 22 couvertures peut s'appuyer sur les 62 pages des albums. Nous préciserons deux exemples tout à fait extraordinaires qui montrent que ces jeux pyramidaux sur le nombre 22 peuvent passer des 22 planches de titres (couvertures ou entêtes) aux 22 fois 62 pages numérotées à l'intérieur des albums .
Le système pyramidal des 22 couvertures des albums de Tintin
Entre les images de Couverture ( notées C1, C2, ..., C21, C22 ) et les images dessinées sur les pages numérotées ( notées P1, P2 ..., P61, P62), il y a un lien sémantique étroit. Ce sont souvent, pour le lecteur, des images anticipatives des aventures de Tintin. Effectivement, toutes les grandes images couleurs de couverture ( à la différence des petites images des pages

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blanche d'en-tête) anticipent des scènes qui appartiendront (dessinées ou non) aux 22 aventures de Tintin.

A l'exception de la scène dessinée sur la couverture de l'album 16 ''ON A MARCHE SUR LA LUNE'', toutes les images de couvertures peuvent être ainsi associées avec précision à une page, ou un groupe de pages, où se réalise, à l'intérieur de l'album, la scène en question. Il est même souvent facile de retrouver une image interne à l'album qui correspond, à quelques transformations près, à l'image dessinée sur la couverture. Les images de couverture résument souvent des scènes jouées par Tintin à l'intérieur des albums. Ainsi, par exemple, la vieille voiture de Tintin au CONGO, la Torpédo FORD T de couleur noire , immatriculée 1385, inscrite sur la couverture (C1) de l'album ''TINTIN AU CONGO'', est dessinée à la page 11 [notée P11], image 12, de Tintin au Congo. D'où la correspondance simple suivante:

C1 (Image de couverture du premier album ) -> P11 ( Image 12 de la page 11 du premier album)

Certes, la voiture FORD (P11, Image 12) dessinée à l'intérieur de l'album est jaune, beige et noire et son numéro d'immatriculation est noté 1385 . Il n'est pas écrit tout à fait de la même manière que sur la couverture C1 (I # 1). La correspondance existe cependant. La mutation graphique entre les images externes des couvertures et les images internes des pages numérotées est systématique dans les albums d'Hergé. Les images de couverture d'Hergé sont effectivement toujours différentes de leurs images apparentées et dessinées à l'intérieur des albums (le style du dessin, les détails de forme, le nombre des personnages, les décors, les couleurs, les vêtements, etc, changent). Les images de couvertures viennent cependant anticiper, résumer et parfois transformer, certains points forts des Aventures de Tintin qui s'expriment à l'intérieur des albums .

Correspondance systématique entre les couvertures des albums (C) et les pages internes des albums (P) :
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La liste n°1 nous montre que nous disposons de 21 couvertures associables à un numéro de page (C -> P) et d'une seule couverture qui n'est pas associable à un numéro de page ( C # P ) . En suivant ce critère les 22 couvertures d'album peuvent désigner une répartition du type 22 = 21 + 1 où la couverture 16 de l'album "On a marché sur la Lune" est en position d'EXCUSE. Le groupe des 21 couvertures du type C -> P s'organise-t-il géométriquement dans un triangle de base 6 ?

Si nous modifions la liste n°1 en une liste n°2 ordonnant les 21 couvertures (C->P) sur le numéro d'ordre des pages P, nous aurons la liste ( P->C) suivante :
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Lorsqu'on découpe les 62 pages numérotées des albums en SIX groupes de neuf ou dix pages, une propriété étonnante apparaît :

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Il y a effectivement une couverture excentrée (qui sort du système [L'Excuse] ), c'est celle de l'album 16 et 21 couvertures qui s'organisent sur le canevas d'une représentation triangulaire de base 6. Chaque étage est défini distinctement par une des six dizaines possibles (1-10) , (11-20) , ... , (51-60) . Il n'y a pas d'étage correspondant au septième groupe de pages (61-70) réalisé par les pages d'album numérotées de 61 à 62 :

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L'ordre de définition de chaque étage de la pyramide suit presque l'ordre des dizaines, à une mutation près (31-4O). Cette propriété étonnante en s'organisant sur toute l'oeuvre "tintinesque" d'Hergé associe les images externes des 22 aventures de Tintin aux 22 images internes des aventures de Tintin telles qu'elles sont anticipées sur les couvertures.

Il est difficile d'imaginer comme ce type de structure remarquable put être préméditée par Hergé tout le long de son œuvre. Et inversement, il est difficile d'imaginer comment une structure aussi remarquable puisse émerger sans être consciemment ou obsessionnellement recherchée.

Nous ne chercherons pas à répondre à une telle question. Nous allons simplement montrer que ce critère associant un ensemble de 22 images (externes à la narration des aventures de Tintin) à 6 ensembles de pages (internes à la narration des aventures de Tintin) se répète. Essayons de faire cette recherche avec les 22 images des pages d'en-tête (notées E).

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La pyramide des 22 pages de titre (ou d'en-tête) des albums des aventures de Tintin
Les 22 pages blanches d'en-tête (E) des 22 albums des Aventures de Tintin sont les 22 pages blanches internes aux albums sur lesquelles se trouvent répétés les titres des albums, le nom d'Hergé, celui de l'éditeur CASTERMAN et le plus souvent une image ''emblématique" dessinée dans un médaillon de forme variée. Ces pages internes aux albums ne sont pas numérotées à la différence des 62 pages d'histoire mettant en scène les aventures de Tintin. A la différence des 22 images de couvertures (C), les 22 images d'en-tête (E) ne représentent pas toujours des scènes d'aventures effectuées par TINTIN et MILOU. De nombreuses images d'en-tête ne représentent que des "objets- symboles". Ces "objets-symboles" cherchent souvent, non à anticiper les aventures de Tintin et Milou, mais à emblématiser l'album aux yeux du lecteur.

Ainsi, les images de scène, au même titre que les images de couvertures, peuvent être facilement associées à une ou à plusieurs pages internes aux albums, par contre, cette association est parfois difficile ou même impossible avec les ''objets-symboles". Nous marquerons d'un blanc (Ø) les correspondances impossibles :
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Essayons d'ordonner cette liste en regroupant les couvertures dans les 6 groupes de pages suivants (1-10), (10-20), (20-30), (40-50), (50-60), (60- 70) et en regroupant les "Objet-symbole" de la catégorie (Ø) pouvant prendre la place d'un vide de pages ( le vide 30-39) :

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Une structure pyramidale de base 6 apparaît. Le groupe des "objets- symboles" [ø] remplace le groupe vide des pages (31-39).

Il y a deux unités. Pour éliminer une des deux unités, il suffit de mettre E7 (le Blason Syldave) dans le rôle de l'EXCUSE . C'est effectivement une image singulière puisque c'est la seule image d'en-tête du type "Objet-Symbole" qui

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se retrouve dessiné dans le groupe des (60-70) constitué par 2 pages . De plus, le blason Syldave, tout en étant dessiné sur les pages numérotées est à la fin de l'album placé hors des Aventures de Tintin.

Il est donc possible d'établir une nouvelle pyramide de 22 = 21 + 1 regroupant les 22 pages d'en-tête dessinées par Hergé.

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Les deux groupes des 22 images de couvertures et des 22 images des pages d'en-tête se distribuent sur 6 groupes d'images internes propres aux 22 aventures de Tintin. Ces deux distributions forment un dispositif "pyramidal" de 22 éléments (21 + 1).

Que de questions pouvons-nous nous poser ? Cet étrange dispositif est-il déterminé par quelque chose chez Hergé ? Est-il l'effet d'une production consciente ou inconsciente du dessinateur ? Ces productions systématiques rassemblant en un tout une œuvre historique non simultanée ont-elles un sens ? Forment-elles des messages ? Pourraient-elles servir à quelque chose?

Nous ne pensons pas qu'Hergé est fait ce type de travail consciemment. L'oeuvre serait trop immense. Quelle folie cela serait ! Mais ces produits ne peuvent être dus au hasard. Nous pensons qu'Hergé est pris dans la logique langagière, quasi-obsessionnelle, d'un désir de ''cohérence interne'' qui

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l'oblige à l'échelle de toute son œuvre à réintégrer de façon inconsciente jusqu'au moindre détail, les pieds des personnages, les chapeaux, les lettres, les nombres, les paroles, les images de rêves. Les détails graphiques fonctionnent comme des mémoires qui l'interpellent d'une œuvre à l'autre,l'obligeant à jongler de façon toujours plus complexe avec son œuvre de création, jusqu'à l'épuisement, jusqu'à l'achèvement, jusqu'à la mort, si ce n'est jusqu'à la résurrection de tous ses personnages. Il suffit de préciser les premières dates de parution de chacune des 22 images de couverture dessinées par Hergé pour se rendre compte que la technique exacte de réalisation d'une combinatoire comme celle de la PYRAMIDE DES 22 COUVERTURES DES AVENTURES DE TINTIN est totalement impensable :

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Le Mystère du processus exact de telles interactions et de telles combinaisons savantes demeurera longtemps caché. Ne désignerait-il pas quelque chose de cette ''transmission de pensée" qu'a essayé de mettre à jour Freud dans sa conférence sur ''Rêve et Occultisme '' [1932] et qu'interroge Georges DUMEZIL dans sa ''Sostie Nostradamique'' [Gallimard, 1984] ?

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Une chose est certaine. Face aux deux pyramides remarquables désignées plus haut, le 23 ème album inachevé des Aventures de Tintin, L'ALPH-ART [1986], n'a plus de place. C'était un album structuralement impossible à générer. Hergé ne pouvait pas le produire. Il était fatalement condamné dans le réseau pyramidal et obsessionnel des 22 autres albums .

Il a suffit pour nous de révéler ici l'existence de ce type de phénomène assurément de l'ordre d'une fantastique formelle et, dans son fatum inconscient, son piège divinatoire, d'une mathématique de l'impossible.

Christian Bertaux, Les Mesnuls, mars 1990





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Seconde partie

à Gilles HOULE, à Khadiyatoulah FALL et à Romain LAUFER,

Parallélisme entre les 16 ''Lames particulières''
du Tarot de Marseille et les 16 ''Planches particulières''
des albums des Aventures de Tintin

Lorsqu'on compare les deux pyramides de 22° engendrées à partir des lames majeures du tarot de Marseille et les deux pyramides de 22 engendrées à partir des planches de couvertures et d'en-têtes des albums d'Hergé, on peut se demander si cette analogie ne peut pas être prolongée ou plongée dans une structure plus générale .

Effectivement, les deux pyramides du Tarot sont gouvernées par deux lames assez différentes des autres lames, la lame XIII et le MAT. De même, les deux pyramides d'Hergé se développent dans leurs liens taxinomiques avec les autres planches des aventures de Tintin à partir de planches très différentes puisque ce sont les planches de couvertures et d'en-tête.

Analysons ces caractères marquants aussi bien du côté des lames du Tarot que du côté des planches d'Hergé :

Du côté des Editions Grimaud/ Marteau :
La première pyramide du tarot s'organise autour de la lame sans NOMBRE ''LE. MAT". Cette lame produit un effet d'étrangeté dans la partie haute, supérieure (ou extérieure) de la lame puisque c'est en ce lieu -où se loge généralement des nombres- que va pouvoir se saisir le critère permettant d'établir le triangle parfait des chiffres:

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La première pyramide du Tarot liée au MAT peut donc se caractériser par cette visée qui oriente le lecteur vers la partie haute, supérieure ou extérieure (hors nombre) de l'espace graphique des lames. Nous appellerons "haute", "supérieure", "extérieure" cette visée que nous noterons Y et nous parlerons de Pyramide de 22 visée en Y. La seconde pyramide du tarot s'organise autour de la lame sans NOM ''LA LAME XIII". Cette lame produit son effet d'étrangeté dans la partie inférieure (ou intérieur) de l'espace des lames. C'est sur une autre visée que va se produire le critère - le leitmotiv de recherche- générateur du triangle parfait des têtes :
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Cette seconde Pyramide à la différence de la pyramide des chiffres s'organise sur une visée "Basse", Intérieure", "Inférieure" qui sollicite la partie interne de

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l'espace de la lame. Nous noterons X cette visée et nous parlerons de Pyramide de 22 visée en X.

Nous appelons LAME PARTICULIERE toute lame qui se distingue du sous- ensemble des lames auquel elle appartient en affichant une particularité du côté de sa plage NOMBRE ( la visée Y) ou du côté de sa plage NOM ( la visée X) .

En suivant cette définition, la lame sans NOMBRE est bien une lame particulière car elle appartient au sous-ensemble des 22 lames à plage NOMBRE qui ont toutes (sous elle) un nombre sur cette plage. De même, la lame sans NOM est bien une lame particulière car elle appartient au sous- ensemble des 22 lames à plage NOMBRE qui ont toutes (sauf elle) une plage NOM.

La lame sans NOMBRE et la lame sans NOM sont donc deux lames particulières qui en jouant le rôle d'EXCUSE pyramidale viennent particulariser , respectivement selon la visée Y ou selon la visée X, les deux triangles de base 6 du Tarot.

N'y aurait-il pas d'autres lames particulières et, si oui, combien ?

Nous dirons tout de suite au lecteur que non seulement il y a d'autres lames particulières dessinées dans le Tarot de Grimaud, mais qu'il y a également des planches particulières dessinées dans les albums d'Hergé/ Casterman. Et, fait encore plus étonnant, il y autant de lames particulières [16 lames] que de planches particulières [16 planches].

Poursuivons l'étude sur le Tarot, avant de passer du côté des Editions Casterman .

Liste des lames particulières du TAROT de Marseille :

à Emmanuel DETTON, à Clara Maud BERTAUX PHILIPPE et à Renata PETTENGIL,

Il y a 16 lames particulières. Les lames particulières ont l'étrange propriété de se regrouper assez facilement par couple comme si, par cette propriété, quelque chose ou quelqu'un, conscient ou inconscient, voulait désigner un fait structural en miroir . Nous les présentons par couple :

(1) La lame II "LA.PAPESSE " et la lame XXI '' LE.MONDE'' sont les deux seules lames qui ont une image qui déborde sur la surface de la plage nombre . La lame II déborde une fois tandis que la lame XXI déborde deux fois. Ce sont deux lames particulières à visée Y .

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(2) La lame VI ''L'AMOVREVX'' et la lame XVI ''LA.MAISON. DIEV'' sont les deux seules lames qui utilisent à la différence des autres lames (comme le PENDU ,le BATELEUR, le JUGEMENT, etc) la lettre V au lieu de la lettre U. La lame VI utilise un V tandis que la lame XVI utilise deux V. l'une une fois, l'autre deux fois. Ce sont deux lames particulières à visée X.

(3) La lame VII '' LE CHARIOT'' et la lame XI " LA FORCE" sont les deux seules lames qui n'ont pas de point [ . ] mis entre l'article et le nom de leur nom . Ce sont deux lames particulières à visée X.

(4) La lame VIIII '' L'HERMITE'' et la lame XIIII '' TEMPERANCE'' sont les deux seules lames qui augmentent ou diminuent leur nom en nombre de LETTRES. Il y a un H de trop au mot Ermite (Une lettre) et il y a un article de moins dans le nom "TEMPERANCE" ( Deux lettres). Ce sont deux lames particulières à visée X. Nous pouvons remarquer que le couplage ici est moins évident que les autres . Ce couplage effectivement sera cassé pour construire, comme nous le verrons plus loin, une Tétraktys.

(5) La Lame XIII (la lame sans NOM) et la lame mineure appelée ''Le.Valet.de.Deniers" sont les deux lames qui n'ont pas de plage NOM alors qu'elles appartiennent l'une et l'autre à des groupes qui en possèdent. Ce sont deux lames particulières à visée X en défaut de plage NOM.

(6) La lame mineure appelée la ''Reyne.de.Baton'' et la lame mineure appelée le ''Cavalier.de.Baton'' sont les deux lames qui n'ont pas d'accent circonflexe sur le a du mot Bâton alors que les autres Bâtons en ont. Ce sont deux lames particulières à visée X.

(7) La lame X ''LA.ROUE.DE.FORTUNE'' et la lame XV '' LE DIABLE'' ont des particularités bien plus difficiles à voir. Chacune de ces lames à la différence des autres expriment deux îlots blancs (deux yeux) avec les branches graphiques de leur X. D'autre part, le X de la lame X est géant tandis que le X du Diable est nain. Ce sont deux lames particulières à visée Y.

Enfin la propriété du dernier couple:

(8) La lame XX '' Le.JUGEMENT'' et la lame sans nombre '' LE.MAT'' sont les deux lames qui désignent un renversement de la surface complète du rectangle de leur plage nombre. La Lame XX a une plage nombre transparente c'est pour cela qu'avec le renversement du rectangle de sa plage nombre, on obtient un XX graphiquement marqué à l'envers ( Les deux branches des X sont d'épaisseur différente sur toutes les lames ayant des X. Les 2 branches des X sont inversés sur la lame XX ). Ce couple de deux lames particulières est à visée Y. Il désigne l'un la transparence, l'autre l'opacité (Si le nombre du Mat était inscrit sur sa plage nombre, il serait ainsi invisible à la suite du renversement de sa plage opaque à la différence de celle du Jugement ).

Ces propriétés du tarot sont à ma connaissance tout à fait inconnues des meilleurs spécialistes du Tarot. Pour la bonne raison qu'elles sont en fait loin d'être évidentes et nécessitent pour être perçues des hypothèses théoriques inhabituelles .

Si nous rassemblons les couples à visée Y et les couples à visée X, nous obtenons deux ensembles de lames particulières : Un ensemble de 10 lames

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particulières à visée X et un ensemble de 6 lames particulières à visée Y . Or ces deux ensembles ont les propriétés suivantes : l'ensemble des 10 s'organise très facilement en TETRAKTYS et l'ensemble des 6 en deux groupes, l'un de 5, l'autre de 1, qui permettent de plonger la TETRAKTYS dans une Pyramide de base 5 dont l'EXCUSE est le MAT .
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Cette propriété rare est très spécifique. C'est une singularité étonnante que le matériel du Tarot de Grimaud manifeste. Elle est tout à fait extraordinaire en soi et permet déjà de nous poser de multiples questions. Vouloir retrouver ces propriétés sur un autre matériel très éloigné comme les aventures de Tintin se serait faire le pari qu'il existe un délire à la puissance trois. Rien ne pourrait effectivement nous autoriser à imaginer une pareille rencontre. Comment serait-elle pensable ?

Nous faisons cependant l'hypothèse qu'il faut questionner les cohérences les plus délirantes, comme le fit d'ailleurs Kepler en bricolant les coordonnées des planètes selon une logique issue de la Sainte Trinité.

Allons donc voir du côté des planches des 22 aventures de Tintin.

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Du côté d'Hergé / Casterman :

Avec Hergé/ Casterman, nous disposons également de 2 pyramides de 22, l'une établie avec les Couvertures, une caractéristique clairement Y ''Dessus, extérieur, externe", l'autre établie avec les En-têtes, une caractéristique X " Interne, Inférieure, dessous (les couvertures).
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Nous disposons bien d'une opposition Y/X désignant un parallélisme fort entre l'univers de Grimaud et celui de Casterman. Ce parallélisme peut se préciser en notant les singularités des Quatre Excuses mises en jeu à l'intérieur de chacune des Quatre pyramides :
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L'analogie entre les deux registres semble tellement parfaite qu'on pourrait se demander si la Pyramide des Têtes à visée interne X (qui ne fait pas appel au critère Y des chiffres) ne renvoie pas -de Grimaud à Casterman- dans une sorte de jeu de mot à la Pyramide des En-Têtes à visée également interne X (qui ne fait appel qu'aux planches internes sans numéro).

Nous appelons PLANCHE PARTICULIERE toute Planche qui présente une particularité généralisable à d'autres planches liée au formatage de cette planche et non aux particularités de son image ou de sa graphie. Cette

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particularité de formatage commune à plusieurs planches sera dite à visée interne (X) lorsqu'elle se logera sur les pages (les planches internes aux albums) et à visée externe (Y) lorsqu'elle se logera sur les couvertures (les planches externes aux albums).

Les 10 planches particulières à visée interne (X) :

Ce sont les 10 pleines-Pages dessinées par Hergé sur quatre des vingt-deux albums des aventures de Tintin. Ce sont des planches à visée interne [X] qui manifeste un formatage qui développe leur visée interne puisqu'il augmente leur unique image à la dimension d'une page réduite à une seule case géante (hyper-interne).

Les 10 Pleines-Pages d'Hergé s'organisent de façon tout à fait exceptionnelle dans une TETRAKTYS encore plus manifeste que celle du Tarot de Grimaud. Et ceci, comme si, la singularité de la page d'En-Tête des "BIJOUX DE LA CASTAFIORE" (l'unique pleine page en page d'entête) n'attendait que cette TETRAKTYS pour arriver à harmoniser et à justifier sa différence.

à Lilas NORD, à Margarida FLETCHER et à Germaine DIETERLEN,
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Les quatre albums touchés par les Pleines-Pages se distribuent de façon triangulaire: 1 + 2 + 3 + 4 . Il y a un album à 1 seule pleine-Page, un album à 2 pleines-pages, un album à 3 pleines-pages et un album à 4 pleines-pages.

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Le triangle à visée interne [X] d'Hergé/ Casterman est donc exactement l'équivalent formel du triangle à visée interne [X] du Tarot de Marseille des Editions Grimaud.

Les 6 planches particulières d'Hergé/ Casterman à visée externe (Y) :

Parmi le sous-ensemble des 22 planches de couverture, il y a 6 planches qui ont une relation particulière de formatage. Ces sont les SIX planches qui manifestent un formatage à visée externe plus emboîtant dès lors qu'elles disposent du LOGO supervisant de Tintin et de Milou. Elles marquent une visée d'extériorité plus forte (hyper-externe) que les 16 autres couvertures sans LOGO .

Or ce système des 6 couvertures à LOGO à visée externe (Y) s'organise également comme le système des 6 lames particulières à visée externe (Y) en deux sous-ensembles aux propriétés parallèles: d'une part, en un ensembles de 5 couvertures d'albums contigus, d'autre part, en un ensemble à une couverture d'un album isolé.

La TETRAKTYS à visée interne [X] des 10 Pleines-Pages d'Hergé peut donc se prolonger, grâce aux Six planches à visée externe [Y], pour constituer la pyramide de base 5 des 16 planches particulières d'Hergé/ Casterman :
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Les deux pyramides de 22 lames du Tarot de Marseille renvoient ainsi à une Pyramide de 16 lames particulières répartie en 10 X+ 5Y &1Y au même titre que les deux pyramides de 22 couvertures ou de 22 en-têtes d'Hergé renvoient à une Pyramide de 16 planches particulières répartie également en 10X+ 5Y & 1Y . La même structure pyramidale en miroir [ 22, 22, 16, 10, 5, 1 ] se répète de façon vertigineuse sur les deux matériaux...

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Un tel fait d'organisation peut être difficilement de l'ordre d'un simple hasard. Mais comment l'expliquer ?

En supposant qu'Hergé ait rencontré dans sa jeunesse un jeu de Tarot, comment aurait-il pu repérer les propriétés complexes des lames du Tarot pour les projeter dans son propre matériel, sans le dire à quiconque - à l'intérieur d'un travail quasi-forcené-, jour après jour, de façon insistante et quasi-obsessionnelle ?

L'hypothèse d'une projection consciente, mais inavouée, du Tarot dans les albums d'Hergé ne peut être humainement acceptable. Elle serait trop aliénante, trop contraignante. Elle transformerait Georges REMI en l'illustrateur mécanique d'un scénario formel inventé par un autre. Elle lui demanderait de tenir le rôle de coloriste esclave d'une méga-machinerie arithmético-géométrique. Ne serait-il pas condamné aux directives parfaites et appauvrissantes de quelques grands ''Perspecteurs'' comme on nommait ces ingénieurs de la perspective qui, à l'époque de Napoléon III, se proposaient d'esquisser les canevas géométriques de la "vraie perspective'' afin que les peintres n'aient plus qu'à dessiner par dessus et autour de leurs schémas savants l'innocence d'une vision ?

D'un autre côté, si une telle projection était consciente, ne serait-elle pas l'indice d'un développement "oulipien" de la créativité d'Hergé [6] (20).

Cependant dans cette hypothèse, l'isomorphisme librement voulu entre les lames du Tarot et les planches d'Hergé ne devrait-il pas être PARFAIT? Ne serait-ce pas un donné consubstantiel aux règles disciplinaires que l'écrivain- dessinateur se proposerait à lui-même pour développer (ou enflammer) sa créativité dans le jeu formel de contraintes ritualisées ?

Or tel ne semble pas être le cas de la production d'Hergé. Bien qu'extrêmement proches, les analogies désignées précédemment entre les Trois Pyramides du Tarot (22, 22 &16) et les Trois Pyramides d'Hergé (22, 22 &16), ne sont pas PARFAITES. Ainsi, dans l'univers du Tarot de Grimaud/ Marteau, les deux Excuses des pyramides de base 6 appartiennent bien à la catégorie des ''Lames particulières'', mais les deux Excuses des pyramides de base 6 de l'univers DUAL des planches d'Hergé Casterman n'appartiennent pas à la catégorie des ''Planches particulières''. Tout en interpellant l'intelligence du lecteur en la mettant au défit de comprendre le modèle d'engendrement potentiel d'un tel calque (qui a dû, pour s'énoncer, s'appuyer sur la durée étourdissante d'une vie entière de travail [7] (21), les similitudes repérées propagent, simultanément, une différence, une non- adhérence, un refus de fusion et de confusion, un anti-calque.

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Voilà un fait qui nous permet de résister à une générativité de l'impossible visant à trop de perfection, à une théologie des insectes digne de celles que BUFFON a combattues dès le XVIII° siècle aussi bien qu'à une démiurgie naïve qui voudrait mettre Hergé dans une posture de maîtrise ''oulipienne'', en l'obligeant à jouer le rôle d'un Sujet supposé être pourvu d'une conscience totale des structures qu'il déploierait afin d'amener en Maître à la vie ses personnages et ses compositions à partir des structures (difficiles à percevoir) qu'il aurait dénichées dans les parterres de fleurs de la divination.

Mais si nous refusons l'hypothèse de l'emprunt, quelles autres hypothèses nous reste-t-il afin de comprendre les jeux du hasard et de la nécessité, la précision des correspondances ? Eliminer les faits ? Cela semble bien difficile? Les propriétés que nous avons manifestées existent bien. Que faire? Il ne nous reste plus qu'une solution. La plus sauvage. La plus fantastique. Certes, la moins incohérente humainement, mais la plus inquiétante anthropologiquement et sociologiquement.

Quelle est cette hypothèse ? L'idée qu'Hergé et les producteurs inconnus du Tarot ont été, les uns et les autres, pris dans les mêmes ''attracteurs langagiers'' qui les conduisirent inconsciemment à générer les mêmes obsessions et ainsi, à quelques symétries près, les mêmes morphogénèses.

Hergé ne serait-ce pas le FOU d'une structure économique et politique qu'il a visitée, sur le dos de Tintin et de Milou, dès 1929, dans ses effets imaginaires, à l'intérieur des espaces intérieurs du langage, des gestes et des images, des phylactères et des rêves?

Ne vient-il pas visiter, si ce n'est prolonger et peut-être renverser, la structure que développèrent ceux qui, comme Antoine Court de Gébelin, essayèrent d'échapper aux marasmes relationnels que propageait, depuis la Régence, sous le règne de Louis XV et de Louis XVI, la mort institutionnellement mal vécue du Grand ROI, Louis XIV, en voyageant sur le support fictif du MAT et de son Chien comme d'autres ont pu le faire sur le corps mystique d'Osiris et d'Anubis?

Le travail insistant d'Hergé ne vient-il pas formellement exprimer le même renversement structural que d'autres [8] (22), pris en même temps que lui entre 1903 et 1976 à l'intérieur du bouleversement de l'espace de langage de toute la modernité, essayèrent, à leur façon, d'explorer et de domestiquer?


Ch. Bertaux, Paris, les Mesnuls 1990

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ANNEXE n°1 :

à Soukeyna FALL, à Albert Néron de SURGY, et à Noëlle CHâtelet,
Au sujet des "lames blanches"
REMARQUE sur les deux "lames blanches" et les hyper-propriétés qui apparaissent dans les marques "hors jeu" du graveur :

Les deux lames blanches du jeu du Tarot sont souvent utilisées dans la cartomancie pour désigner le consultant et la consultante . Elles sont intégrées dans le tarot de Mademoiselle Le Normand (1772-1843) et remise - de façon inavouée- en blanc dans l'édition (rare) de Grimaud 1980. Les éditions Grimaud utilisent généralement les deux lames blanches mises "hors jeu" comme support publicitaire.
RECHERCHE A VOIR
: Comparer l'édition Grimaud 1981 du Tarot de Marseille accompagnée de ses deux lames partiellement blanches chargées d'informations publicitaires (et de la notice de Tchalaï de 96 pages numérotées) à l'édition Grimaud 1980 du Tarot de Marseille accompagnée de ses deux lames entièrement blanches d'un tarot ETOILE (et de la notice de 77∆-1 pages numérotées d'Alexandro Jodorowsky. La notice de Jodorowsky est à elle seule un tarot. Un tarot " PAS FOU" (∆-1) logé près du triangle ∆ de 78∆ lames ( dans lequel s'enferme le FOU) du tarot de Marseille. De 1980 à 1981, il s'est produit chez Grimaud plus qu'une simple révolution dans la façon de présenter les 78∆ ou 80* lames d'un Tarot.

Remarque : Les lames de l'édition Grimaud 1980 se partagent à l'aide d'un critère éditorial supposé "hors jeu" en DEUX types de lames : d'une part, 78∆ lames qui portent en très petites lettres noires sur fond blanc "@ Grimaud 1980" écrit à gauche en MONTANT, d'autre part, 2° lames blanches sans marque éditoriale . Les lames de l'édition Grimaud 1981 sont elles partageables à l'aide de ce critère éditorial "hors jeu" en TROIS types de lames: 12* lames portent en petites lettres noires sur fond blanc " B.P-Grimaud-Paris 1981" écrit à gauche en MONTANT, 23* lames portent B.P- Grimaud-Paris 1981 écrit à droite en DESCENDANT et 43 lames sont cette marque éditoriale.

Sur une des deux lames blanches du tarot de Grimaud 1981 présenté par Tchalaï, on trouve quelques indications historiques ( en fait, pseudo-historiques) cherchant à resituer le jeu du tarot de Marseille des éditions Grimaud. Les indications qui sont données sont datées de façon bien trop précises pour ne pas masquer autre chose sous la légitimité d'une savoir quelque peu fantasmagorique. Il y a QUATRE dates indiquées sur une des deux lames blanches accompagnées de CINQ commentaires . Ce sont les dates 1450, 1680, Ø, 1760 et 1930. Les deux premières dates sont évidemment fausses. Pourquoi ?

Un texte naïf nous dit en CINQ points [•] que:

"• Les premières cartes du Tarot datent de 1450. " "• Jusqu'au XVIIe siècle (1680) iconographie chrétienne." "• A partir du XVIIe siècle , l'iconographie a été influencée par l'astrologie et l'alchimie." "• En 1760 se fixe un portrait de Tarot propre à la ville de Marseille que l'on retrouve jusqu'à maintenant et dont GRIMAUD a maintenu la tradition."

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"• En 1930, Paul MARTEAU, de la famille GRIMAUD, fixe les couleurs telles qu'elles se sont perpétuées jusqu'à maintenant [1981]."

Reprenons ces CINQ POINTS [•) :

" • Les premières cartes du Tarot datent de 1450. " -> Tout chercheur sait que cette date est fausse puisque le Tarot est apparu en France sous le roy FOL " Charles VI" (1368-1422). Que désigne donc cette date ? La date de 1450 se développe au voisinage du grand marqueur historique de l'époque dite "moderne" des historiens: la chute de Constantinople (1453). Mais c'est également - plus près des drames de France- la chute de Bordeaux après celle de Bayonne avec la victoire de Castillon [1453] . Nous sommes à l'époque de Charles VII de France chassant les Anglais d'Henry VI de Guyenne. Le référentiel indiqué de façon masqué se déploie au voisinage des drames de l'époque de Charles VII de France ( 1403-1461) et de celle de Jeanne d'Arc (1412-1431. Pourrions-nous commencer à construire un "paragramme" de dimension historique ? Voir Ch. Bertaux, " Les Lames aux yeux ou l'art du paragramme" [ 1991].

"• Jusqu'au XVIIe siècle (1680) iconographie chrétienne." -> Que signifie cette date trop précise [1680] pour marquer une influence culturelle "iconographique chrétienne" ? Historiquement, nous sommes sous le règne de Louis XIV (1638-1715). En 1679, à la fin de la Guerre de Hollande [1679] grâce à la paix de Nimègue, la France de Louis XIV acquiert la Franche-Comté. Un autre drame surgit. Après celui qui suit Jeanne d'Arc vient celui de l' "Affaire des Poisons". C'est à la suite de l'exécution de la Marquise de Brinvilliers (1630- 1676 ), le début de CHAMBRE ARDENTE qui va effrayer les proches du roi. C'est à cette époque que va se produire la disgrâce de Madame de Montespan compromise avec la devineresse et faiseuse d'anges, LA VOISIN . C'est en 1689 que meurt le moraliste français François de La Rochefoucauld (1613-1680) , l'année de ses 67 ans. Meurt l'année suivante la duchesse de Fontanges, âgée de vingt-deux ans. C'est en 1681 que la France du roi Soleil - qui ne supporte d'autre SOLEIL que celui du ROI- annexe la ville de Strasbourg. La cour de Louis XIV peut désormais s'installer en 1682 hors de Paris pour plus d'un siècle à Versailles. L'installation de la COUR sera suffisamment perturbatrice pour être suivie dès l'année suivante - comme par hasard- l'année des 45∆ ans du roi Louis XIV, du double décès de la reine Marie-Thérèse d'Espagne (1638-1683) et du ministre principal de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert (1619-1683).

"• A partir du XVIIe siècle , l'iconographie a été influencée par l'astrologie et l'alchimie." -> Sans date précise [Ø]. Indication également farfelue pour marquer une "influence astrologique et alchimique" symétriquement à l'indication précédente.

"• En 1760 se fixe un portrait de Tarot propre à la ville de Marseille que l'on retrouve jusqu'à maintenant et dont GRIMAUD a maintenu la tradition."
-> Il s'agit certainement du tarot de Nicolas CONVER (1761) réédité par la maison GRIMAUD. La première des deux dates gravées sur la lame du DEUX DE DENIERS du Tarot (1748) est "oubliée". La référence "naïve" à 1760 est cependant doublement intéressante car c'est la naissance de Claude SAINT SIMON (1760-1825), le sociologue révolutionnaire et le producteur (certainement fictif) du Tarot de la Révolution Française . L'année 1760 est également le marqueur de la fin de la présence française au Canada avec sous Louis XV le traité de Paris ( 1763) à la suite de la chute de Québec et de Montréal. Evénement qu'il faut met en parallèle avec la chute de Bayonne et de Bordeaux. Celui de 1453, désigné "naïvement" à l'aide de la date 1450 donnée également à 3 ans près, comme 1760 pour 1763.

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"• En 1930, Paul MARTEAU, de la famille GRIMAUD, fixe les couleurs telles qu'elles se sont perpétuées jusqu'à maintenant [1981]." -> La date de 1930 est historiquement exacte. Mais 1930, c 'est l'année qui vient après la crise de 1929 et qui conduit à la démonstration d' INCOMPLETUDE de Gödel [1931] . C'est le départ de Tintin au Congo ( après son voyage répulsif au pays des Soviets). Les quatre chiffres de l'année 1930 font parties du jeu du tarot de Marseille. L'année 1930 est gravée à la suite de l'année 1848 sur le DEUX DE DENIERS du Tarot. Rien n'est donné sur les dates historiques du fondateur de la maison Grimaud et l'inventeur de la technique qui permit d'éviter que les cartes ne soient transparentes: Paul GRIMAUD (1819-1899) [80*].

Paul MARTEAU (1885-1966) [81**] était le directeur de la maison Grimaud. C'est lui qui a introduit, à la suite d'Eugène CASLANT (1865-1940), un "tirage géomantique" du Tarot.

ECHO: Si les 77 pages de la notice de Jodorowsky renvoient au Tarot et aux lecteurs âgés de 7 à 77 ans d'Hergé, les 96 pages de la notice de Tchalaï renvoient aux 96 petits traits ou petits ronds qui forment les 16 figures de la géomancie de Castant/Marteau , un géomancien et un graveur qui utilise un dessin " clair dans ses traits" - comme dans la géomancie à traits //////////////// - et comme dans les dessins d'Hergé.

Les repères historiques - parfois fictifs - souvent erronés- donnés dans cette notice ne désigneraient-ils pas quelque chose d'intéressant ? Prenons le premier repère historique " naïf " 1450 indiqué sur la lame blanche de Grimaud 1981. Prenons-le pour référentiel. Ne détient-il pas une relation formelle avec la date également "naïve" 1680 indiquée sur la même lame blanche des éditions Grimaud 1981 ? Entre les années 1680-1450 se désigne un lien formel : 1680- 1450 = 230 ∆-1 = ½ (20) (21) -1 C'est un nombre du type TRIANGLE-MOINS-UN (∆-1) placé, sur une ligne d'étage L= 20, à droite, à une marge M'' égale à 1.

De même entre les nombres 1980 et 1450 : 1980-1450 = 530* = ½ (24)(25) +2 C'est un nombre du type ETOILE (*) placé, sur une ligne d'étage L=24, à gauche, symétriquement au nombre à droite ∆-1, à une marge M' égale à 1 .
---------------------------∆-1, ∆ L=20
° , * -------------------------- L=24

-> Ces deux nombres ± M sont quasiment ajustés ± 1 dans un espace-temps-triangulaire. Nous dirons - au moins de façon mnémotechnique- que, dans l'espace-temps-triangulaire CALENDRIER ayant pour source l'année 1450 ( source que nous noterons @ 1450 [lire " Arobase 1450"]), l'avènement du tarot de 1980 [ celui de Grimaud/Jodorowsky] est un ré-événément quasi- ajusté ( ou ajusté à ±1) de l'avènement de la "chambre ardente" de 1680 liée à l'Affaire des Poisons Cf. Fr. Funck-Brentano, Le Drame des Poisons, Ed. Hachette 1935] .

Tout se passe comme si le courant "occultiste-rationaliste" de l'édition Grimaud 1981 cherchait à liquider la dimension " magico-spiritualiste-animiste" de l'édition Grimaud 1980 de Jodorowsky .

Recherche à suivre ….

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ANNEXE N°2:

"TINTIN, ce "RIEN"
à Marcel LOCQUIN, à Alain DHOUAILLY et à Jean DUVIGNAUD,

La "non présence" de l'image visuelle de Tintin - ce "RIEN"- sur les planches des 22 albums en couleurs est codée sur une structure de type pyramidale 22° = 21∆ +1 , à l'insu - évidemment- d'Hergé qui fonctionne -dans le développement signifiant "non conscient" de son œuvre- comme s'il s'agissait d'un "cristal" .

Pour mettre en évidence cette structure, nous utiliserons le concept d'HYPER-ALBUM que nous utilisons en géomancie [ un "hyper-thème" est un thème superposant les 65 536 thèmes de géomancie ].

Définition : un hyper-album est un album formé des 22 albums en couleurs mis en superposition de telle manière qu'il y ait sur son hyper-couverture les 22° couverture, sur son hyper-page d'en tête les 22° pages d’en tête, sur son hyper-page 1, les 22 pages 1, etc , sur son hyper-page 62, les 22 pages 62. Nous appelons les 22° pages numérotées de 1 à 62 des "types de pages" ou des "types de planches" . Il y a, dans un hyper-album, 63 "types de pages distinctes" et 64 "types de planches" [la planche de couverture n'étant pas une page].

-> Les 4 pages distinctes à figurines bleues et blanches qui se répètent dans tous les albums que nous appelons des GARDES [les 2 gardes du début et les 2 gardes de la fin de chaque album en couleurs ] appartiennent à une autre structure.

Remarque: Un nombre X suivi (en indice) d'une ETOILE (notée *) d'où X* [ dire " X ETOILE"] est égal à Pn+1 = ½ (n)(n+1)+2 . Ainsi 17*= ½ (n)(n+1)+ 2 avec n=5.

Exemple de "Tarot étoile": 23* + 57* = 80* .

-> Un "tarot ETOILE" est formé de 80 lames. Ces 80* lames comprennent les 22° lames majeures, les 56° lames mineures, et des 2° lames blanches "généralement hors jeu" qui accompagnent traditionnellement les jeux de cartes. Chaque lame blanche pouvant être associée à chacune des deux grandes divisions en majeures et en mineures d'un tarot, on obtient la division "étoile" d'un "tarot étoile" : 23* + 57* = 80* ( Voir ANNEXE n° 1 pour le concept de lame blanche ) . Hergé utilise très souvent les propriétés "étoiles" suivantes :

Exemple de TINTIN AU CONGO : " Lorsqu'il y a une saillance sur une couverture - exemple la présence de la vieille FORD sur la première couverture C1 du premier album A1 en couleurs des Aventures de Tintin - cette saillance C1 se répétera Pn fois à l'intérieur de l'album A1 . Il y aura donc en tout pour l'album A1 le nombre Pn+1= P* dessins de la Ford . Hergé produit des répétitions de graphismes internes aux 62 pages d'aventure de ces albums qu'il distribue à l'intérieur d'une pulsion Pn ( dont 7° et 22° sont de bons exemples ). Les motifs singuliers qu'ils ré-énoncent ( à une transformation près )sur les couvertures C de ses albums font donc apparaître des nombres ETOILES P* = 1 + Pn .

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Un motif ETOILE P* de couverture [C] est donc un motif anticipatif d'un motif qui se présentera un nombre CIBLE P° de fois à l'intérieur des 62 pages d'aventure d'un album [A].

Exemple de recherche formelle en "petite tintinologie":


* La pulsion 22 d'Hergé .

Les 22 absences du Capitaine Haddock.

à Rafael HIME, à Philippe JESPERS et à Salomé CHÂTELET,


Chaque album couleur des aventures de Tintin est de 62 pages. Pour faire apparaître le nombre 22, il suffit de caractériser un groupe de 22 pages sur les 62 pages ou de caractériser le complémentaire de 22 par rapport à 62 c'est-à-dire un groupe de 40 pages. Cette propriété est utilisée - consciemment ou non consciemment (?)- par Hergé qui passe souvent par des groupes de 40 pages pour exprimer par différence le nombre 22 .

Le Crabe aux Pinces d'Or est le premier album des Aventures de Tintin où apparaît le Capitaine Haddock.

Distribution des absences et des présences des images du Capitaine Haddock sur les 62 pages numérotées de l'album Casterman:
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Une telle distribution est-elle due au hasard ? Cette propriété se répète-t- elle ailleurs ?

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Exemple : Les 22 absences du Professeur Tournesol :


à Eduardo da SILVA NETO , à Nagasawa KYOKO-DHOUAILLY et à Bernard BOUBET,

C'est dans l'album " LE SECRET DE LA LICORNE" (l'album couleur n°11) que le Professeur Tournesol apparaît pour la première fois:
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Ainsi l'arrivée de Tournesol sur son premier album "LE SECRET DE LA LICORNE" développe le même symptôme que l'arrivée du capitaine Haddock sur son premier album "LE CRABE AUX PINCES D'OR" : les deux grands héros de la bande dessinée d'Hergé n'apparaissent que sur 40 pages en laissant sur les 62 pages un trou de P6= 22=1/2(n)(n+1)+1 pages dans leurs premiers albums respectifs.

La propriété qui accompagne l'arrivée de HADDOCK en produisant un TROU DE 22° PAGES se répète donc ailleurs avec l'arrivée de TOURNESOL.Ces distributions - dès lors qu'elles se répètent- ne peuvent être le fait -simple- du hasard. C'est une sorte de signature d'Hergé, une "névrose graphique" d'Hergé. L'émergence d'un déploiement graphique CIBLE Pn = 22° fonctionne comme un leitmotiv dans la pensée rythmique du graphisme d'Hergé. Est-ce une présence obsessionnelle "naïve" ( ou "profonde") du nombre 22 ? Aurait-elle un sens? Pourrait-elle être un message d'ordre signifiant bien plus général ?

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Exemple de recherche formelle en "grande tintinologie":

à Raymond ARON, à Claude LéVI-STRAUSS et à Mireille JOSPIN,

Les propriétés des albums de Tintin . Exemple: La pulsion "22" d'Hergé .
Les absences de TINTIN.
L'image graphique de Tintin est absente de 72 pages numérotées (où il n'y a pas d'image reconnaissable de Tintin), mais Tintin étant présent par sa voix ou son corps masqué sur 6∆ planches, il n'est absolument absent que sur 66 ∆ pages numérotées.

Nous pouvons faire apparaître deux nombres triangles 66∆ + 6∆ capable de remplacer le nombre non triangle 72. Grâce à l'existence de la petite catégorie intermédiaire des 6∆ images sonores non visuelles ou visuelles masquées ou visuelles incertaines de Tintin, un espace triangulaire peut être mis en évidence. Nous appelons ces SIX planches intermédiaires des "enzymes d'ajustement" et l'effet catégoriel - de légère variation produite sur la catégorie initialement "franche" des images graphiques, un "effet caméléon". Les petites catégories -permettant d'ajuster une partie sur du tout, du local sur du global, du conscient sur du non conscient- sont très intéressantes. L'effet caméléon qu'une recherche "pyramidale" consciente permet de désigner, à l'échelle d'une œuvre tintinesque complète nécessairement non consciente, conduit à transformer légèrement le critère de présence graphique "stricte" de Tintin en un critère plus "élastique" où le SONORE peut se substituer au VOIR et où le VOIR certain peut être remplacé par le voir incertain ou masqué. Grâce à cette élasticité du critère et à ces "enzymes d'ajustement" , il est possible de passer de 72 planches à 72 planches MOINS 6∆ c'est-à-dire à 66∆ planches. La présence de Tintin sur ces 66∆ pages peut donc être visuelle et/ou sonore, certaine, incertaine ou masquée.

Poursuivons notre inventaire:

L'image de Tintin se trouve également dessinée sur les 22° couvertures des albums. Elle est, par contre, absente sur 16° pages de titre, mais là aussi , des enzymes d'ajustement apparaissent. Sur deux des 16 pages de titre où l'absence visuelle de Tintin semble évidente , l'absence de Tintin pourrait ne pas être totale. Tintin pourrait très bien être physiquement présent - de façon masquée- sur les pages de titre T16 et T22. Ces deux planches de titre fonctionnent comme les "enzymes d'ajustement" que nous avions rencontrés précédemment sur les pages numérotées. En tenant compte de ces ajustements catégoriels , Tintin ne se trouve donc absolument absent que sur 66 ∆ +16° -2° = 80* planches. Par différence, Tintin peut être présent (en image visuelle, en image masquée et/ou en image sonore ) sur 1408 -80= 1328* planches.

Grâce à ces "enzymes d'ajustement" les deux nombres 80* (base 12) et 1328* (base 51) sont des nombres pyramidaux de type ETOILE : Pn+1 avec Pn = 1/2 (n)(n+1) + 1. Ce sont des attracteurs hergéïens par excellence.

80* + 1328* = 1408 Nous appelons "FLAMME" la catégorie capable de découper un ensemble quelconque en deux sous-ensembles de même indice pyrangulaire.

Tintin est absolument absent sur 80* planches (base 12) et il peut être absolument ou partiellement présent (de façon visuelle ou sonore, franche ou masquée) , sur 1328* planches (base 51). Ici la "FLAMME" de l'absence [absolue]/ présence [ réelle, masquée ou possible] de Tintin découpe l'ensemble des planches "variables" de Tintin -d'un album à l'autre- en deux ensembles ETOILE. Qu'un tel résultat soit envisageable , à l'échelle de la collection complète des 22 albums en couleurs, est fort intéressant, -même s'il fait appel à des enzymes d'ajustement et à une catégorie "caméléon"- ne serait-ce que parce que ce type d'ajustement est possible.

A l'aide de l'inventaire précédent, nous pouvons désormais vérifier que l'image de Tintin est absente, une ou plusieurs fois, sur les 41 types de pages suivants:

L’image de Tintin est absente sur 16° pages de titre.

Bien que Tintin puisse être physiquement présent sur les pages de titre T16 et T22, il n'est pas désignable sur ces pages.

1A11, 1A14, 1A16, 2A1, 2A14, 5A16, 7A18, 10A3, 11A13, 12A21, 12A22, 13A5, 13A17, 13A22, 14A5, 14A22, (15A5), 15A22, 16A12,16A22, 17A8, 17A21, 17A22, 18A22, 19A2, 19A7, 19A14, 19A22, 20A6, 20A7, 20A22, 21A6, 21A7, 21A20, 22A12, 22A15, 22A2O, 23A15, 23A16, 23A2O, 24A15, 24A21, 25A15, 27A7, 30A7, 30A16, 32A19, 34A20, 35A15, 40A21, (42A13), 42A16, 42A20, 43A16, 46A19, 47A19, 48A21, 49A8, 49A15, 50A16, 53A15, (55A3), (55A22), 56A11, 56A14, (56A22), (58A2), 59A16, 60A16, 61A15, 62A15.

Par différence, TINTIN SE TROUVE TOUJOURS PRESENT sur les 23* TYPES DE PLANCHES suivants:

C + 3, 4, 6, 8, 9, 26, 28, 29, 31, 33, 36, 37, 38, 39, 41, 44, 45, 51, 52, 54, (55), 57 .

En écartant le type de planche (55) où Tintin, par deux fois, est masqué, une image graphique reconnaissable de Tintin se trouve toujours dessinée sur les 22 types de 22 planches suivants:

C + 3, 4, 6, 8, 9, 26, 28, 29, 31, 33, 36, 37, 38, 39, 41, 44, 45, 51, 52, 54, 57 .

CQFM

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Les premiers nombres PY sont : 2, 3, 4, 6, 7, 10, 11, 15, 16, 17, etc. Les premiers nombres NON-PY sont: 1, 5, 8, 9, 12, 13, 14, 18, 19, etc . Un nombre quelconque X est soit PY soit NON-PY, il ne peut être les deux. Il y a légèrement plus de nombre PY que de nombre NON-PY . A l'échelle de la vie humaine ou d'une dynastie de 300 à 400 ans, la distribution en PY/NON-PY peut être considérée - pour simplifier- comme quasi-équiprobable. Nous considérerons ici qu'elle fonctionne comme un jeu de pile ou face, légèrement avantagée en PY. Si nous prenons dans une échelle de 300 unités, une dizaine de nombres au hasard, il est normal que l'on trouve un mélange de PY et de NON-PY. Par contre, il est anormal qu'on trouve bien plus de PY que de NON-PY, ou l'inverse.

Donnons un exemple :

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Soit la liste des N=12 grands ministres - cardinaux- qui exercèrent en France après la naissance de MACHIAVEL et soit la liste des N=12 poêtes les plus célèbres qui vécurent en France à la même époque, étudions la distribution PY / NON-PY de leurs décès dans l'espace-temps-sémiologique- triangulaire-de-nature-langagière ayant pour source la naissance de MACHIAVEL @ 1469 (58) , qu'observe-t-on?

La majorité des grands ministres et/ou des grands cardinaux célèbres au service des rois de France, ayant exercé avant le règne de Louis XVI, meurent en PY sous Machiavel @ 1469 (58):

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Il suffit de comparer cette liste des grands poètes à celle des Ministres/Cardinaux pour voir qu’un choix non conscient tend à se faire entre les poètes et les Cardinaux dans l'espace- temps-sémiologique-historique-de-langage @ 1469 (58) désigné anthropologiquement par la naissance de Machiavel (N=1469) c'est-à-dire par le début des incorporations sémiologiques de dimension historique que ce futur homme célèbre produira jusque dans son œuvre @ 1469 par delà son œuvre 1469 (58) .

L'existence de ces deux listes pose un problème:

RECHERCHE à suivre […]

Fin des annexes I et II

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Notes

Note 1
Le texte intitulé "Mathématiques fantastiques chez Hergé. Les Pyramides tarotiques des albums en couleurs des aventures de Tintin " a été écrit en 1990 pour le colloque "Mathématiques fantastiques" qui a eu lieu les 18 et 19 mars 1991 à Jussieu (Paris Vième) dans l'Amphithéâtre 56 B situé, sous la PYRAMIDE de l'Université Paris 7-( future Denis Diderot), entre les Tours 55 et 56. Le colloque était organisé par Ruth SCHEPS (Radio France, France Culture), Stella da SILVA ( Université Paris VIII-Vincennes-Saint Denis) et Christian BERTAUX (Université Paris 7-Jussieu). Les notes numérotées de [1] à [8] qui accompagnaient initialement ce texte en 1990 ont été mises en fin du texte avec une double numérotation. Les exercices n°1 et n°2, quelques corrections et références [en particulier, à Pierre Bourdieu (1930-2002) et à Michel Cartry (1931-2008], ainsi que les notes, à numérotation simple, sont actuels [juin 2011]. L'ensemble reprend des textes et des travaux anciens écrits entre 1990 et 1999.

Note 2
[1] Jodorowsky aime le Tarot. Il a d'ailleurs commenté l'édition Grimaud du Tarot de Marseille de l'année 1980 . Il l'a fait brillamment dans un petit ouvrage de 77 pages (qui a lui seul est un autre tarot de 77 feuillets) intitulé ''L' Ancien Tarot de Marseille ou l'Art du Tarot" .

Note 3
Les philosophes pythagoriciens ont développé une géométrisation de l'arithmétique en traduisant la valeur numérique des nombres entiers en graphes formées d'ensembles de points. C'est ainsi que le nombre 1 ne peut avoir qu'une représentation à la différence du nombre 2 et des autres nombres :

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Le statut de "saillance" du point des pythagoriciens - des pré-euclidiens- a un statut "ontologique" différent du statut de "saillance" du point chez Euclide. Le point d'un pythagoricien est un des éléments d'un ensemble d'objets de tailles minimales , pièces rondes de monnaie , pions ou petits cailloux. Ils ont bien la forme de "points" [•]. Un point chez Euclide n'est pas un objet rond minimal . C'est un "signe" [ SEMEION] ( en Grec) . La première définition d'Euclide [ qui n' est pas un "pythagoricien" , mais un "platonicien" ] est celle d'un SIGNE (que l'on traduit à tort par "point"). Le dernier texte que l'on a actuellement des Eléments d'Euclide est un texte qui a été écrit 500 ans avant la vie d'Euclide. Toutes les trahisons, tous les quiproquo sont dès lors permis. Nous proposons l'arché-définition suivante de la définition n°1 des Eléments d'Euclide :

Déf. n° 1 [ 500 ans après la mort d'Euclide on a : ] = "Un point (SEMEION) est ce qui est sans partie (MEROS OUTEN )"

-> Cette définition rapportée par des textes tardifs est évidemment impropre - hérétique- non euclidienne- car elle confond dans sa définition un point euclidien - sans autre dimensions que sémiologiques- avec un point de la physique, un ATOME - l'objet physique minimal - insécable - non idéal- non platonicien- d'un pré-euclidien et/ou d'un pythagoricien.

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Nous proposons pour la Déf n°1 d' Euclide - une définition reconstruire (notée WW) suivante:

Déf n°1 WW = " Un SIGNE (SEMEION) est un objet (de nature sémiologique) qui [désigné par lui-même ou par autre chose que lui-même, par exemple, par deux lignes ] n'engendre aucun autre objet qui pourrait être une partie de lui-même ".

La bande dessinée d'Hergé - comme la cartomancie de Grimaud- fait appel à des dessins qui sont "clairs dans leurs traits". Les deux corpus sont "attentifs" à un ordre énonciatif d'ordre graphique qui se retrouve dans l'art graphique d'une technique divinatoire malgache et eurafricaine - la géomancie à 16 figures- . La géomancie à 16 figures met en scène, pour produire son acte divinatoire, une suite de paquets de graines ou de JETS de POINTS ou de JETS de TRAITS divisés ensuite en groupe de figures formées de quatre signes "PAIR" ou "IMPAIR" .

En géomancie latine - où il n'y a pas comme en géomancie bambara, une inversion de la parité entre le tracé des traits et leur décompte - le devin recherche l'engendrement - divinatoire- supposé non aléatoire- NON-EUCLIDIEN d'un objet minimal choisi parmi deux types d'objets minimaux possibles : UN ou DEUX.
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Quatre lignes - formée chacune par une suite de "tracé/décompte/ dépôt" - engendrent quatre contenus arithmétiques (pythagoriciens) qui se manifestera dans une "représentation géométrique" ( pré-euclidienne) unifiée formée de quatre étages appelée "FIGURE DE GEOMANCIE" . Selon les espaces culturels, les " premiers noms" ( les noms "arithmétiques" que nous appellerons des "pré-noms") des figures ( appelées "enfants de vérité" chez les Bambara et "lunes" chez les Gourmantchè) sont nommés de haut en bas - de la première à la quatrième ligne - en suivant l'ordre des étages qui désignent chez les Latins, chez les Arabes et chez les Gourmantchè des schémas corporels ( ou schémas échologiques )
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Note 4
[2] Les images d'OSIRIS et d'ANUBIS apparaissent dans la première image de rêve de Tintin. Remarquons qu'Hergé n'a dessiné à l'intérieur du cycle complet des 22 albums en couleurs des éditions Casterman que vingt-deux images de rêve de Tintin dont vingt-et-une sont rêvées directement par Tintin . Nous mettons en ANNEXE le résultat de cette recherche.

Note 5
Voir ANNEXE I et ANNEXE II après une première lecture du texte principal.

Note 6
Chacun des 22 albums en couleurs des Aventures de Tintin est formé de 62 pages d'aventures numérotées de 1 à 62, à quelques exceptions près pour la 62 ième page. Génétique fantastique : Il est facile d'associer le choix de ces 62 pages à un jeu numérologique - évidemment non conscient- permettant de désigner "paragrammatiquement" l'hyper-texte fantastique de l'HOMME-CHIEN .

Hypothèse : Le délire suit des rails sémiologiques "inimaginables" qui peuvent être de bons indices d'un REEL. Tel est la source énonciative de savoirs comme ceux que mirent en scène des auteurs comme Georges REMI (1907-1983), Salvador DALI (1904-1989), Hoëné WRONSKI (1776-1850) ou Charles FOURIER (1772-1837).

Essai de génétique fantastique offert à Ruth SCHEPS :

L'homme est un mammifère à 2n=46 chromosomes avec n=23. Le chien est un mammifère à 2n=78 chromosomes avec n = 39 , le milieu d'un TAROT.

La rencontre "fantastique" entre les n=23 chromosomes d'un humain et les n=39 chromosomes d'un canin fait l'HOMME-CHIEN. Rencontre numérique , qu'il ne faut pas confondre avec le déploiement "réaliste" d'une transformation "picturale" d'un HOMME en CHIEN tel - Killy- de L'INCAL NOIR de Moebius et Jodorowsky [1981] .

L'HOMME-CHIEN est un mammifère fantastique - une chimère biologique - un REEL sémiologique- le produit fantasmagorique - numérologique- d'un homme où 2n =46 et d'un chien où 2n =78 . Avec n=23 chromosomes, plus n=39 chromosomes, on obtient, en génétique fantastique, les 62 chromosomes propres au rail sémiologique de l'HOMME-CHIEN . " Tintin et "Milou" - les deux parts d'un homme et d'un chien- ne gambaderaient-ils pas - par 22 fois- sur les 62 pages des albums en couleurs dessinés par Hergé … sur le rail sémantique et numérologique d'une génétique fantastique ?

Note 7
[3] Edgar P. JACOBS, Le mystère de la grande pyramide, Tome 1: Le papyrus de Manéthon, 1954, Tome 2: La chambre d'Horus, 1955. Editions Lombard 1983.

Note 8
"Kiosque n.m. Pavillon ouvert de tous les côtés, qui décore les terrasses ou les jardins.// Abri établi pour la vente des journaux, des fleurs, sur la voie publique. //Marine. Superstructure servant de passerelle sur un sous-marin." Nouveau Larousse élémentaire, 1967, p398.

Note 9
[4] La structure tarotique, qui tend à éviter de compter 22 dans l'espace temps du VINGT- DEUX, se répétera sur le 22 ème album couleur des Aventures de Tintin. Effectivement le dernier album des aventures de Tintin "TINTIN ET LES PICAROS" [1976] est le seul album qui n'a pas l'inscription "LES AVENTURES DE TINTIN" comme s'il fallait là aussi -comme le MAT du TAROT de Marseille, cette vingt-deuxième lame majeure sans numéro - éviter de dépasser le

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décompte du 21 dans l'espace temps d'un vingt-deux. Si la VINGT-DEUXIEME lame majeure, le MAT, n'est autre que le voyageur en situation de changement d'état dans l'espace de langage de tous les états actualisables, il ne doit pas essayer de dépasser le but du voyage, le 21 ème état, désigné dans le Tarot de Marseille par la lame 21 "LE MONDE" et dans la 21 ème aventure de Tintin intitulée VOL 704 POUR SYDNEY par une "communication avec des extra-terrestres".

Note 10
5] Paul-Henri Michel, De Pythagore à Euclide, Contribution à l'histoire des mathématiques préeuclidiennes, Paris "Les Belles Lettres", 1950. Voir la note suivante:

Note sur la représentation géométrique des nombres chez les pré-euclidiens:

Pour établir leurs démonstrations arithmétiques, les pré-euclidiens et les pythagoriciens utilisaient des représentations géométriques des nombres. Ainsi pour trouver la somme des n premiers nombres entiers, ils développaient une représentation géométrique ( triangulaire) de la suite des n premiers nombres et essayaient d'en déduire la formule de la somme $ n en ajustant la représentation de cette somme dans une figure géométrique facile à calculer (ici un Carré à double base).

Alors que les modernes utilisent plus facilement la méthode arithmético-algébrique, les anciens utilisaient la méthode arithmético-géométrique :

Méthode algébrique des modernes :

Il suffit d'écrire la somme des n premiers nombres (∑n = 1 + ...+ n) , inverser l'écriture de cette somme (∑n = n + ....+ 1) , additionner des deux sommes de n termes chacune [ 2∑n] et diviser par 2:

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Perçue par les Pythagoriciens comme étant le principe ou le '' générateur" de tout l'univers (par les nombres naturels) , ils lui était adressée la prière suivante:

" Bénis-nous, nombre divin, toi qui as engendré les dieux et les hommes ! O sainte, sainte Tétraktys ! toi qui contiens la racine et la source du flux éternel de la création ! Car le nombre divin débute par l'unité pure et profonde et atteint ensuite le quatre sacré; ensuite il engendre la mère de tout, qui relie tout, le premier-né, celui qui ne dévie jamais, qui ne se lasse jamais, le Dix sacré, qui détient la clef de toutes choses ".

Cité dans A. Dhan-Dalmedico/J. Peiffer, Une histoire des mathématiques, Seuil 1986.

Note 11
L'énonciation du sémiologique chez Hergé se fait grâce à la technique graphique "gestuelle" - très particulière- qu' Hergé a mise au point et qu'il a lui-même longuement signalée . Pour disposer de modèles - de "patrons"- , Hergé se regarde dans une glace en mîmant les personnages qu'il dessine. Il cherche, pour engendrer leurs images, à se laisser "posséder" par leurs idées. Georges REMI ( 1907-1983) dit Hergé produit ainsi ce qu'en ethnologie de terrain, on pourrait appeler "une pratique forte -imaginaire- de terrain". Sa technique de dessin l'amène à projeter - violemment- la dimension TROIS des sémiologies qu'il incorpore sur la dimension DEUX de sa feuille de dessin. Or, il n'y a de violence que "codée". La perte de dimension qui se déclenche - entre la mise en scène qu'il énonce avec tout son corps et la mise à plat de l'image inversée qu'il voit, dans un miroir, de son corps- est elle-même codée. Quel est ce code ? Nous faisons l'hypothèse qu'il suit les rails politico-

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religieux - de projection - d'un pouvoir transférentiel qui se donne à voir à l'intérieur même des rapports sociaux de pouvoir qui se sont développés - incorporés et amnésiés- historiquement en Occident ( depuis au moins l'effondrement de l'empire romain d'Occident en 476 ap. JC ). Selon cette hypothèse, la mort empirique de Georges REMI n'est donc pas indépendante de la grammaire générative qui gouverne le signifiant graphique d'Hergé : les propriétés d'un CORPUS étant de bons substituts aux propriétés du corps d'un maître ( à restaurer, car malmené et disparu ) suffisamment représentatif du régime des incorporations demandées - s'il est célèbre- pour continuer à communiquer les règles historiques nécessaires capables de transformer , non consciemment, selon les codes spécifiques d'une époque, un mammifère parlant en un ETRE SOCIAL .

Lien fantastique à valeur mnémotechnique :

62 = Traduction tarotique : Les 22 lames MAJEURES de la révélation transforment les 40 lames MINEURES de nature économique ( les 4 fois 10 nombres ) de nature économique, par delà la FORCLUSION qu'a provoquée la perte des 16 lames MINEURES de nature politique ( celles qui sont à grand personnage : ROY, REYNE, CAVALIER, VALET ) .

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62 = Traduction "paragrammatique" : Dans le Tarot de Marseille, le MAT est suivi par le "chien de Pavlov" [ qui essaye d'attraper dans l'ombre d'un FOU fuyant - un nœud à la gorge- à la suite d'une peine amoureux [ marquée par 6 petits traits], le morceau de CARNE qui lui manque et qui n'est autre que le grand "ordinateur" perdu de l'ETRE SOCIAL de tout animal d'hommestique [ Cf. Lacan ] ] . Sur le morceau de CARNE placé sur la poche droite du MAT se trouvent inscrits les 7 + 9 = 16 petits traits de la géomancie à 16 MENSIONS et à 16 figures . Voir INFRA [ note 2] , en génétique fantastique, le nombre 62.

1413 = Le corpus complet des planches des albums en couleurs des aventures de Tintin avant la mort d'Hergé :

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-> La planche de couverture de "Tintin au pays des Soviets" [ la seule planche en couleurs du premier album laissé en Noir et Blanc ] + 22 planches de couvertures des albums en couleurs, + 2 fois [2] "gardes" [ = les 4 planches blanches et bleues qui se répètent dans chaque album ] + 22 fois 62 pages d'aventures, + [0] : la planche de dos a été écartée car c'est une planche "historique" CASTERMAN, non une planche HERGE synchronique [1976] . La planche CASTERMAN [0] fait appel, de façon anachronique, dans les images réduites des 22 couvertures, à l'ancienne couverture de "Tintin au Pays de l'Or Noir" , qui donne à voir un texte calligraphié en faux arabe. La dernière planche non réduite de couverture d'Hergé de l'album " Tintin au Pays de l'Or Noir" portait du vivant d'Hergé du "vrai arabe".

Caractéristique des 23 couvertures : Le nombre CIBLE [29°] du couple des images de "Tintin et Milou" placée sur l'ensemble des 23 couvertures en couleurs des 23 albums des aventures complètes de Tintin. Il y a sur toute couverture d'un des albums terminés par Hergé des aventures de Tintin, au moins une fois la double image en couleurs de " Tintin et Milou" soient en tout 23* fois, en comptant la couverture en couleurs de l'album NOIR et BLANC " Tintin au pays des Soviets". Le nombre 23* n'est pas un nombre "CIBLE"', mais un nombre ETOILE. Cependant , il y a, en plus des 23* couples d'image, mis dans un LOGO, sur 6∆ des 22° couvertures des albums en couleurs, la double image de "Tintin et Milou" . La double image de "Tintin et Milou" - les six LOGOS compris- apparaît donc 29° fois sur les 23* couvertures du corpus final [ 1983] des albums de Tintin. Réciproquement, il y a 17* couvertures qui portent les couples d'image de "Tintin et Milou" sans avoir de LOGO dont 16° couvertures appartenant à des albums en couleurs.

Recherche à suivre : Le lien entre l'effondrement politique de l'URSS et celui de la restauration religieuse de la prophétie qui s'est déployé - afin d'échapper aux effets mortifères qui suivaient , dans la grammaire de l'ETRE SOCIAL, l'effondrement de Rome- dans la vie de Mohammed ( 40 + 22° = 62) visitée - dans les "automatons" du signifiant gestique incorporé dans les grammaires de l'ETRE SOCIAL - par le corpus des 22 fois 62 pages des albums d'Hergé.

Il y a bien d'autres liens formels qui peuvent fortifier cette hypothèse.

recherche à suivre...

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Le concept de fictif

Définition : J'appelle "FICTIF" d'un auteur la valeur SOURCE que prend dans le calendrier d'usage courant ( par exemple le calendrier J.-C ) l'espace triangulaire qui met à lat la vie de cet auteur en logeant à l'extrémité gauche °L d'une de ses lignes d'étage L l'année de la naissance de cet auteur et en logeant à l'extrémité DROITE ∆L de cette même ligne d'étage L l'année du décès de cet auteur. Le FICTIF D'UN AUTEUR (noté @F) désigne le "poids" numérique triangulaire ( donné en années entières) qu'il est nécessaire de mettre sur les flexions de vie ( µ, µ', µ'', etc) d'un auteur pour que la géométrie de sa vie se ramène à un espace géométrique rectilinéaire sans flexion. Un poids numérique triangulaire désigne ainsi l'espace-temps-triangulaire ( "politique fictif") capable de désamorcer en particulier, une catastrophe de milieu de vie V(µ)).

Exemple: Quel est le poids numérique triangulaire capable de mettre à plat une vie de 7 ans ? Solution: On met sur la ligne d'étage L= 8 à gauche l'année de la naissance, à droite l'année du décès, d'une longueur formelle de vie de 7 ans . Pour que sept ans s'écoule, il esrt nécessaire de noter l'année initiale [ l'année-zéro]. L'espace triangulaire se déploie donc jusqu'à la ligne d'étage L= 8. Le point numérique triangulaire ou géométrique [ pythagoricien] est donc ∆8 = ½ (8) (9) = 36∆. C'est ce modèle qu'utilisent les géomanciens, la longueur de toute vie étant divisée en HUIT PARTIES appelées MAISONS (notées de m1 à m16). Les maisons notées de m9 à m15 n'étant que la partie "allégée" d'un POINT NUMERIQUE TRIANGULAIRE ANTERIEUR désigné par un "arbre de choix" m15 -> [m 14 -> m 11 ou m12] ou [ m13 -> m 9 ou m 10]. La figure de la maison m1 étant rehaussée par la figure de la maison m 15 pour donner la figure EXCUSE [ libérée du triangle ∆15 ] de la maison m16:
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Cf. Christian BERTAUX, in "Linguistique fantastique" [ Note de fin du texte], op. cit.

Exemple: Quel est, dans le calendrier J.-C, l'année qui correspond au "FICTIF " (noté @ F) d' Isidore DUCASSE ( LAUTREAMONT) (1846-1870).

Solution : C'est l'année 1545.

Démonstration: Si on loge l'année de naissance d'Isidore DUCASSE ( notée @ 1846 ) sur un nombre CIBLE °L de ligne d'étage L et l'année de son décès (†1870 ) sur un nombre ∆L de même ligne d'étage L, la matrice triangulaire ∆L qui se loge sur cette ligne d'étage L =

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1870 -1846 +1 = 25 est de base N=L=25 . Son volume triangulaire est égal à ∆25 = ½ (25) (26) = 325 ∆. La source de la matrice triangulaire - le FICTIF de Base L= 25- est donc l'année 1870 -325 = 1545. Nous sommes en France à la fin du règne de François 1er (1494-[1515-1547])53 qui vient de signer la paix, avec son beau-frère Charles Quint (1500-1558) 58, à la suite de la Victoire française de Cérisoles sur les Espagnol (1544). Le petit fils du roi François 1er - fils aîné d'Henri II (1519-[1547-1559]) 40 le futur roi François II (1544-[1559-1560]) vient d'avoir UN AN ainsi que le futur grand poète espagnol Miguel CERVANTES (1544-1616) . L'espace-temps triangulaire de ce "FICTIF" @ F=1545 a certaines propriétés . Nous pouvons dire en particulier que la mort de Miguel CERVANTES en #71*4 du FICTIF DE LAUTREAMONT @ F= 1545 ainsi que la mort de Lautréamont en 325∆ de son propre FICTIF @ F [LAUTREAMONT] sont des re-morts formelles "tragiques" du jeune roi de France François II mort dans le FICTIF de LAUTREAMONT @ F= 1545 en 15*4∆ @F 1545. La re-mort "fictive" de CERVANTES est une re-mort "fictive" non pyrangulaire (notée #PY) à gauche *4 de la mort de François II dans l'espace du FICTIF DE LAUTREAMONT tandis que la mort de LAUTREAMONT est une re-mort "fictive" ∆ pyrangulaire (notée PY) de la mort François II dans l'espace du FICTIF de LAUTREAMONT.

Exercice : Calculer le "FICTIF" de Jésus ( 4 av.JC-30 ap.JC) 33 en prenant pour date de naissance de Jésus 4 av. J-C et pour date de son décès 30 ap JC . Quelle relation voyez-vous entre l'année de ce FICTIF et la date de la naissance (historiquement inconnue) du BOUDDHA (v. 566- v. 486) v.80 donnée approximativement - non consciemment par les auteurs- actuellement dans un texte comme "Les Maîtres spirituels" [Ed. Bordas] de Jacques BROSSE ?

Note 12
Nous pensons qu'elle n'est pas consciente, mais qu'elle est de l'ordre "paragrammatique", c'est-à-dire dépendante de la grammaire sémiologique spécifique surchargée de "microfaits sociaux" et de "codes sociaux" que les corps humains doivent historiquement incorporer pour devenir, selon les exigences sociales et historiques d'une époque, des ETRES SOCIAUX.

Note 13
L'EXCUSE "PAQUET" : Lorsque nous manipulons un ensemble de Y = Pn + X = ∆ n + [ 1 ] + X. Nous rangerons les X lames qui sortent de la pyramide sous la lame de l'EXCUSE pyramidale [+ 1] . Nous appellons le lieu - la MAISON - dans laquelle se trouve, sous l'EXCUSE , le reste du "PAQUET" de lames, "L'EXCUSE-PAQUET" [1+X] .

Exercice : Prenez l'ensemble des lames à yeux. Vérifiez que cet ensemble est de 39 lames. N'oubliez pas la lame aux deux dauphins. Partager cet ensemble de 39 lames en deux sous- ensembles: l'ensemble des lames à une seule tête et l'ensemble des lames à plusieurs têtes. N'oubliez pas qu'un petit corbeau noir a une tête. N'oubliez pas que les chevaux ont des têtes, que l'Empereur et l' Impératrice ont deux têtes (grâce à leurs phénix) et que certains personnages ont des têtes surnuméraires logées sur leurs épaulettes, etc. Vérifier que ces deux ensembles " à une tête" et " à plusieurs têtes" sont deux ensembles pyramidaux, l'un est pyramidal P* = 17* (dite " P ETOILE" ) [ avec une EXCUSE-PAQUET de 2 lames , une EXCUSE ° et une SUR-EXCUSE * ] , l'autre est pyramidal P° = 22° [dire "P CIBLE"] [

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avec EXCUSE]. Si nous présentions la "pyramide des lames à une seule tête" P* =17 son EXCUSE-PAQUET serait de 78∆-15∆ = 63 lames ( dont une lame visible et 62 lames cachées par l' EXCUSE en 16° et par la SUR-EXCUSE directement placée en 17* sous la 16°) . Quel pourrait -être le NOM de l'ensemble des lames visibles qui restent ? Ce peut être" la totalité des 16 lames à une seule tête qui dispose d'une coiffe dessinée (chapeau, couronne, casque, fleurs, capuchon, etc) que cette coiffe soit portée ou non sur la tête du personnage. On peut mettre en SUR-EXCUSE, le pendu. La lame XII du pendu est effectivement la seule lame à une seule tête sans coiffe dessinée [ que cette coiffe soit portée ou non] (Tempérance porte dans ses cheveux un bouquet de fleurs].

Exercice : Montrez que c'est formellement et sémantiquement intéressant de mettre en SUR- EXCUSE "La Reyne de Coupe" pour les deux partages P* ou Pn CIBLES des lames à yeux : 16° + 1° + 22° = 39 . Il suffit, pour cela, d'interpréter les dessins qui sont sur la robe rouge de la REYNE DE COUPE près de son ventre. "La REYNE DE COUPE" ne cache-t-elle pas une tête - sous sa robe- à la place de son ventre- enceinte ? N'est-ce pas la tête d'un amant qu'il faudrait sauver ou la tête d'un futur enfant rêvée qu'elle cache sous sa robe entre ses jambes ? La REYNE DE BATÔN cache bien autre chose ! Si tel est le cas pour la REYNE DE COUPE , la pyramide ETOILE 17* des "lames à une seule tête" se transforme en une pyramide CIBLE 16° et la pyramide CIBLES 22° des "lames à plusieurs têtes" se transforme en une pyramide ETOILE 23* . L'EXCUSE -PAQUET passe - pour l'un - en nombre de lames à 78∆- 15∆ = 63 [ 62 lames sont sous l'EXCUSE] à - pour l'autre- en nombre de lames , 78∆ -21∆ = 1 + 56 = 57* [ 56 lames sont sous l'EXCUSE].

Note 14
Remarque technique : Le concept de "nombre pyrangulaire" [ noté PY , dire "P-i"].

RAPPEL : Lorsqu'on distribue, sur la matrice discrète d'un triangle équilatéral de sommet unitaire [1] de haut en bas et de la gauche vers la droite, la suite des nombres entiers positifs allant de 1 à N, tout nombre X % N se loge, dans cette matrice, sur une ligne d'étage L. Pour désigner sans ambiguïté ce nombre, il suffit de connaître DEUX des QUATRE indices dits "pyrangulaires" qui permettent de position ce nombre X sur cette matrice. Les indices pyrangulaires sont la valeur de la ligne d'étage (L), la marge à gauche (M'), la marge à droite (M'') et la marge axiale (M''). Les valeurs de L, M' et M'' sont des nombres entiers positifs. Les valeurs de M'' sont des nombres entiers ou décimaux positifs ou négatifs. Il existe des relations numériques simples entre ces quatre indices. On a d'une part, L= M' + M'' + 1 d'où M'= L-M''-1. On a d'autre part, M'''= (M'-M'')/2 [ La marge axiale M''' est égale à la marge à gauche M' diminuée de la marge à droite M'', le tout divisé par 2 ].

Donnons un exemple: Soit le nombre 17 ? Sa ligne d'étage L est L= 6 . Sa marge à gauche M' = 1 , sa marge à droite M'' = 4, sa marge axiale est négative et décimale. Elle est égale à (1-4)/2 = -1,5. Nous noterons une ligne d'étage L=6 en utilisant un double "double crochets" [[6]] dire " Ligne 6" . Les caractéristiques pyrangulaires du nombre X=16 seront notées ainsi - toujours dans cet ordre - si possible en indice :

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Remarque: On remplace l'indice *M' [ lire ETOILE M' ] par l'indice ° [ lire " CIBLE"] lorsque M'=0.

Cette notation est tautologique. Il suffit de préciser deux indices pyrangulaires pour désigner un nombre entier. On a donc - selon les informations que l'on veut mettre en évidence- différentes écritures de 17:
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Il suffira de retenir que quelque soit la valeur d'un nombre entier X , ce nombre peut être désigner par ses quatre indices pyrangulaires X = *M'∆-M''µ M'''[[L]] aussi bien que par deux ou trois d'entre eux. En conclusion, il y a SEPT façons limites de désigner un nombre X soit en donnant la valeur numérique de X soit en donnant la valeur numérique de deux de ses indices M'M''M'''L.

Donnant la représentation pyrangulaire des huit premiers nombres entiers N et quelques autres nombres :
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Liens formels entre Alain et Socrate

Alain 83*4 = 2420 *4 SOCRATE 71*4 @ 470 av JC (71*4)

Jeu de représentation : On trouve dans le bouddhisme tibétain l'idée qu'il existe SIX MONDES ( le monde des Dieux, le monde des Enfers, le monde des Hommes, le monde des Esprits , le monde des Animaux et le monde des Titans ). Dans chacun de ces mondes, se trouve assis, en situation de méditation et d'Eveil, un Bouddha c'est-à-dire un moyen de s'en sortir. Nous associerons aux SIX MONDES, les six couples de deux indices pyrangulaires choisis parmi les 4 indices retenus d'un nombre. Plusieurs solutions sont possibles pour passer d'un des SIX MONDES "cloués dans un espace-temps-triangulaire" par ses indices au monde idéal des nombres libérés de leurs six espaces-temps-triangulaires". Nous pourrions avoir, par exemple, les solutions suivantes : Pour sortir du monde des dieux ( de l'ignorance attachée aux propriétés paranormales issues de tous les mondes dans le monde où ils se trouvent) , il suffit de retrouver son nombre par les deux indices extrêmes *M' & ∆-M''. Pour sortir du monde des hommes , il suffit de retrouve son nombre par les deux premiers indices *M' µ±M''' . Pour sortir du monde des titans ( ceux qui en détruisant le monde où il se trouve pense détruire tous les mondes), il suffit de faire appel aux deux indices extrêmes ∆-M'' µ±M'''). Pour sortir du monde des animaux (de ceux qui ne connaissent que le monde dans lequel ils se trouvent ), il suffit de faire l'usage du seul indice initial placé sur une ligne d'étage *M' L . Pour sortir du monde des esprits (de ceux qui n'arrive pas à accéder à ce qui est logé dans d'autres mondes à partir du monde dans lequel il se trouve), il faut actualiser son nombre [ son N'HOMBRE] en faisant l'usage du seul indice final placé sur la ligne d'étage de ce nombre. Enfin pour sortir du monde des Enfers ( de ceux qui ne peuvent sortir du monde où ils se trouvent sans demeurer à l'endroit où ils se trouvent ), il suffit de faire appel à l'indice du milieu placé au beau milieu de la ligne d'étage où le nombre se trouve.

Idée à suivre …

Définition : Un nombre est dit "pyrangulaire" ( noté PY , dire "p-i") lorsque la valeur de la marge la plus petite M choisie entre la valeur de sa marge à gauche M' et la valeur de sa marge à droite M'' est strictement plus petite que la valeur absolue de sa marge axiale M'''. Pour tout nombre pyrangulaire (PY) , on a M < /M'''/. Exemple: 17 est un nombre pyrangulaire [PY] car M'=1, M''=4 d'où M (appelée "la marge triangulaire") =M'=1, M'''= - 1,5 , /M'''/= /-1,5/ = 1,5 et M=1 < /M'''/=1,5 .

Un nombre est dit "pyrangulaire ajusté" [ noté PY M=0] lorsque l'une de ses deux marges gauche ou droite M' et M'' est nulle. Un nombre est dit "non-pyrangulaire ajusté" [ noté #PY µ=0] lorsque sa marge axiale M''' est nulle.

Reprenons l'équation d'Alain et de Socrate, nous avions :

Pour Socrate , 71*4∆-7µ-1,5[[12]] NON-PY -> C'est l'âge formel de Socrate (470-399) . C'est un âge NON-PY d'indice M minimal *4 > 1,5 .

Pour Emile Chartier ( ALAIN) , 2420*4∆-65µ-30,5[[70]] -> C'est l'âge formel d'ALAIN (1868-1951)83 dans l'espace-temps-triangulaire issu de la naissance de Socrate. C'est un âge PY d'indice M minimal *4 < 30,5.

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Nous noterons, en ne conservant que les indices identiques, l'équation suivante caractéristique d'une relation sémantique, conceptuelle ou historique, entre un MAITRE CELEBRE et un DISCIPLE CELEBRE:

Alain † 1951 (83*4) = 2420*4 SOCRATE 71*4 == PY (#PY)
-> Le marqueur (== ) [dire " OUI OUI "] signifie que le décès d'Alain est un ré-événement PY du décès de Socrate dans l'espace-temps-triangulaire ( encore appelé l'hyper-texte ) que désigne ce dernier noté @ 470 av JC (71). Nous appelons ce type de ré-événement une "re-mort". La mort d'Alain est une re-mort de Socrate dans l'espace de Socrate. La re-mort d'Alain transforme la mort (#PY) de Socrate en une mort PY d'où les deux marqueurs PY (#PY).

Dans une équation entre disciple ( son nom est mis à gauche en minuscules à l'exception de l'initiale ) et un maître ( son nom est mis à droite en majuscules) , il suffit que l'on connaisse une date , pour connaître les trois autres:

Alain 83*4 † = 2420*4 SOCRATE 71*4 † @ 470 av JC == PY

-> Une autre propriété apparaît entre 83*4 et 2420*4 . Elle s'énonce ainsi : Dans "le gouffre (mortifère) d'Alain" (†1951) [ où l'année 1951 est placée au sommet d'un triangle convergent ayant ses lignes d'étage dans le passé et son sommet dans le futur ] , la naissance *4 d'Emile CHARTIER, le futur philosophie " ALAIN", est un ré-événement *4 de la naissance *4 de Socrate. Nous appelons ce ré-événement une re-naissance *4 notée *4 [[ 13 ; 70 ]] où [[13] indique la ligne d'étage sur laquelle se loge la naissance d'Emile CHARTIER ( le futur "Alain") et où [[70]] indique la ligne d'étage sur laquelle se loge la naissance de Socrate.

Exercice : Montrer que dans le gouffre d'Alain † 1951, la naissance *4 du futur Alain est également une re-naissance *4 de la naissance du poète français -son quasi-homonyme- Alain CHARTIER (1385-1433) 48 engagé politiquement en Normandie, sous les règnes de Charles VI et de Charles VII, en pleine guerre de Cent Ans.

Solution : Alain † 83*4 = 566*4 ALAIN CHARTIER 48 @ 1385 (48) = PY ( PY)

Conclusion : La naissance d'Alain est une re-naissance formelle de la naissance de Socrate et la mort d'Alain est une re-mort formelle de la mort de Socrate.

Autres exemples de re-morts à vérifier sous la forme d'exercices :

Engels † 1895 (75) = 77∆-1 MARX 65 ∆-1 == PY (PY) -> La mort d'Engels est une re-mort ∆-1 de la mort ∆-1 de Marx dans l'espace de Marx @ 1818 (65). Le marqueur ( == ) indique que c'est une re-mort qui aboutit en PY reste en PY d'où le double marqueur PY (PY)

Marx † 1883 ( 65) = # 63∆-3 ENGELS 75 ∆-3 ##PY (#PY) -> Une nouvelle propriété apparaît en inversant les relations habituelles entre disciple-plus jeune et maître-plus-âgé. Elle s'énonce ainsi : " La mort de Marx dans la vie de Engels est un drame formel " car un des indices M', M'' ou M''' de l'âge qu'avait Engels l'année de la mort de Marx, se retrouve dans l'année de sa propre mort.

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Lacan † 1981 (80) = #125*4 FREUD 83*4 ##PY (#PY) -> La mort de Lacan est une re-mort *4 de la mort *4 de Freud dans l'espace de Freud @ 1856 (83). Le marqueur (##) [dire "NON NON"] signifie que le décès de Lacan est un ré- événement NON-PY du décès de Freud dans l'espace triangulaire désigné par ce dernier noté @ 1856 (83). La mort de Lacan est une re-mort de Freud dans l'hyper-texte de Freud. La double mort de Freud et de Lacan reste en NON-PY d'où le double marqueur #PY (#PY).

Exercice: Vérifier que la mort de Freud † 1939 ( 83) dans la vie de Lacan (1901-1981) est un drame formel. Vérifier également que la mort de Charcot (1825-1893) dans la vie de Freud est un drame formel.

Note : Le second marqueur (PY) ou ("PY) sera souvent omis, si la recherche n'en a pas besoin.

Mahomet † 632 ( 62) = 635*4 JESUS 33*4 == PY (#PY) -> La mort de Mahomet est une re-mort PY de la mort *4 NON-PY de Jésus dans l'espace de Jésus @ 4 av JC (33) ( indépendamment de la précision de la date de la naissance de Jésus s'il est bien décédé l'année de ses 33 ans c'est-à-dire en 30 ap JC ). Le signe (†) ne veut rien dire de plus que l'année d'une mort notée dans le calendrier J.-C.

Calvin † 1564 ( 55) = 81** LUTHER 63 = PY (#PY) -> Calvin est en PY sous LUTHER, c'est un des deux indices formels d'une relation entre un DISCIPLE CELEBRE et son MAITRE CELEBRE. La mort de Calvin n'est pas une re-mort de LUTHER. On notera que Luther n'est pas en PY sous lui-même, il est en NON-PY sous lui- même, à la différence de Calvin . Calvin est en PY sous lui-même, puisqu'il meurt l'année de ses 55∆ = ½ (N)(N+1) avec N=L=10.

Napoléon 1er † 1821 (52) = 1958*4 SYLLA 60*4 ==PY (#PY)

Napoléon III † 1873 ( 65) = 2010 ∆-6 SYLLA 60∆-6 ==PY (#PY)

Exercices sur les nombres :

Donner la suite des premiers nombres suivants : PY, #PY, #PY (µ=0), PY (M=0), PY (M'=0), PY (M''=0), PY ( P*= P°+1).

Solutions:

La suite des premiers nombres pyrangulaires [ PY] ( dire " p-i"): 2,3,4,6,7,10,11, 15, 16, 17, 20, 21, 22, 23, 27, 28, 29, 30, 35, 36, 37, etc.

La suite des premiers nombres non pyrangulaires [ #PY] ( dire "NON-p-i ") : 1, 5, 8, 9, 12, 13, 14, 18, 19, 24, 25, 26, 31, 32, 33, 34, etc .

La suite des premiers nombres non pyrangulaires ajustés [ #PY; µ=0] : 1, 5, 13, 25, 41, 61, 85, 113, etc . Ce sont tous des nombres impairs car ils sont placés au milieu des lignes L impaires.

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La suite des premiers nombres pyrangulaires ajustés [ PY ; M=0] : 2, 3, 4, 6, 7, 10, 11, 15, 16, 21, 22, 28, 29, 36, 37, 45, 46, 55, 56, etc.

La suite des premiers nombres pyrangulaires ajustés à gauche [ PY; M'= 0]: 2, 4, 7, 11, 16, 22, 29, 37, 46, 56, 67, 79, 92, etc. Les nombres de cette suite sont appelés les nombres " CIBLE" . Ils sont de la forme °L = ½ (N)(N+1)+1 où N est la base entière du nombre. Leur ligne d'étage L est L= N+1.

La suite des nombres pyrangulaires ajustés à droite [ PY; M''=0] : 3, 6, 10, 15, 21, 28, 36, 45, 55, 66, 78, 91, 105, 120, etc. Les nombres de cette suite sont appelés les nombres "TRIANGLE". Ils sont de la forme ∆L= ½ (N) (N) où N est la base entière du nombre. Leur ligne d'étage est L= N.

Début de la suite des nombres "ETOILES" P* = Pn + 1 : 3*, 5*, 8*, 12*, 17*, 23*, 30*, 47*, 57*, 68*, 80*, 93*, 107*, etc. -> Nous appelons " germe" , le premier nombre d'une suite répétant un des indices pyrangulaires M', M'' ou M'''. Le nombre 3 est le "germe" de la suite ETOILE car 3= 3*.

CALCUL : Pour connaître la valeur de la ligne d'étage L sur laquelle se trouve placé un nombre X quelconque rangé de façon ordonnée sur une matrice triangulaire de sommet unitaire [1] , il suffit de prendre la racine positive de l'équation du second degré régie par les équations °L= ½ (L) (L+1) +1 et ∆L = ½ (L) (L+1). On obtient dès lors pour tout X, la valeur de L = ENTIER [ ( 8X -7 )** 1/2 + 1 ] /2 où ** ½ est la racine carrée de (8X-7) . On notera que la base N-1 d'un nombre °L est égale à la base N d'un nombre ∆ (L-1). La valeur de la base N et la valeur de la ligne L d'un nombre TRIANGULAIRE ( ou Triangle moins une marge à droite de valeur M'') sont identiques ( on a N=L) tandis que la valeur de la base N et la valeur de la ligne L, d'un nombre CIBLE ( ou ETOILE plus une marge à gauche de valeur M') sont différents ( on a N= L-1 ).

Exemple. Exercice : Trouvez la valeur de la ligne d'étage L du nombre X= 1541 ?

Solution : On cherche la valeur de L = ENTIER [ ( 8X -7 )** 1/2 + 1 ] /2 avec X= 1541. On trouve : 8 x 1541 = 12 328; 12 328 -7= 12 321; 12 321**1/2 = 111, 0315; 111,0315 +1 = 112, 0315; 112, 03125/2 = 56, 01518 et la partie ENTIERE de 56, 01518= 56 . Le nombre X est donc sur la ligne L=56 entre le nombre °L = ½ (L)(L-1)+1 et le nombre ∆L= ½ (L)(L+1) c'est-à-dire entre " (56)(55)+1 = 1541° et ½ (56)(57) = 1596∆. La marge à gauche M' étant nulle , le nombre 1541 est le nombre CIBLE de base 55 et de ligne d'étage L= 56 que nous notons 1541°[[56]] .

Nous n'avons pas choisi le nombre 1541° au hasard. C'est la valeur en planches distinctes du corpus graphique théorique complet des 24 Aventures de Tintin, si Hergé avait pu, avant son décès - conformément au projet commercial des éditions Casterman- produire non pas 22, mais 24 albums en couleurs de 62 pages en ajoutant les deux albums extrêmes, celui du début " Tintin au pays des Soviets" et celui de la fin " Tintin et l'Alph'art".

Valeur en planche de la Galaxie fictive Tintin :

La Galaxie fictive Tintin est constituée 1) des 24 couvertures des 24 albums en couleurs des Aventures de Tintin, 2) des 4 pages de gardes [les pages bleues qui auraient du se répèter dans les 24 albums], 3) des 24 x 62 pages de texte et 4) de la couverture de dos [avec le texte arabe] ( le texte n'était pas en arabe en 1983) . Nous avons :

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24 + 2 + 24 + 24 x 62 + 2 + [1] = 24 x 64 + 5 = 1541° Le Corpus fictif de la galaxie tintin se développe dans une pyramide Pn = ∆n + 1 avec n = 56 formée d'un triangle de base 55 réunissant 1540 planches et d'une EXCUSE [1] . Quelle pourrait être cette Excuse ? C'est " la couverture de dos" qu' Hergé n'a pas eu le temps d'intégrer dans la Galaxie Tintin ( les couvertures de dos du vivant d'Hergé ayant été encore rédigées en faux arabe). Par contre, dans la "Galaxie fictive Tintin" qui, par définition, donne le temps à Hergé de terminer son œuvre, la couverture de dos est intégrée - en vrai arabe dans la Galaxie fictive Tintin, comme le sont les couvertures de dos actuelles. L'EXCUSE pyramidale de la Galaxie Tintin fait donc appel, non à un ensemble de 4 planches différentes qui se répètent sur les 22 albums, mais à 5 planches différentes qui se répètent sur les 24 albums : les 4 gardes bleues et la planche de DOS ( avec la réduction de l'album "Tintin au Pays de l'Or noir" écrit en vrai arabe) . On peut définir ainsi le coût sémiologique "tintinesque" qu'a produit la mort prématurée d'Hergé .

Hypothèse formelle: La mort d'Hergé a provoqué une perte - une occupation et une éclipse- d'une partie de la pyramide de la Galaxie fictive Tintin évaluée en valeur "planches" à 1541° planches.

Rappel : Valeur en planche de la Galaxie Tintin des 22 albums:

22 + 2 + 22 + 22 x 62 + 2 = 22 x 64 + 4 = 1412

La perte qu'a provoquée cet événement est donc égale à la différence qu'il y a entre la Galaxie Tintin (1412) effectivement "réalisée" et la Galaxie fictive Tintin (1541) éditorialement "espérée" . Quelle est cette différence ? Une valeur d'éclipse égale à :

129 planches:

1541° - 1412 = 129

Nous avons déjà rencontré ce nombre.

Il existe donc une SUITE aux "Lames aux yeux" . Cf. Ch. Bertaux, LES LAMES AUX YEUX OU l'ART DU PARAGRAMME [ 1991] . Cette suite nous permet -d'un paragramme à l'autre [que nous n'aborderons pas ici] - de comprendre le lien qu'il y a entre la mort d'Hergé et la Galaxie fictive d'Hergé. La mort d'Hergé a produit une perte : un TROU- une éclipse de 129 planches d'album - dans l'espace triangulaire de la "Galaxie fictive" -éditoriale- des Aventures de Tintin. La mort d'Hergé - en faisant ce trou- en laissant cette trace dans l'espace de la production qu'il n'a pas faite, mais que son éditeur pouvait espérer qu'il fit, ne nous renseignerait-elle pas sur le sens que détiennent les 129 yeux de la voyance inscrits sur les 22 lames du Tarot afin d'éviter que les cartomanciens européens soient voués à répéter le drame de Tirésias .

Nous laissons ce résultat et ces remarques à la méditation du lecteur.

Note 15

La pyramide des lames à têtes nues chevelues.

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La pyramide des têtes :

SOLUTION: Il existe 11° LAMES mettant en scène une ou plusieurs têtes nues chevelues. Ce sont les neuf lames majeures VI, VIIII, X, XII, XIII, XVII, XVIIII, XX, XXI et les deux lames mineurs " Cavalier de coupe" et "Valet de coupe" aux cheveux nus "blancs".

Pour définir une "pyramide d'ordre", il est nécessaire d'ordonner les ONZE lames, en se référant à un ordre absolu des 78 lames.

Nous pouvons prendre pour ordre absolu des lames : les 22 majeures de 1 à 22 suivi des 16 grands personnages mineures ( Roy, Reyne, Cavalier, Valet de Coupe, d' Epée, de bâton et de deniers ) enfin suivi des " Nombres" c'est-à-dire des 40 paquets de numéraires ( allant par quatre fois de 1 à 10). Lorsqu'on a établit une pyramide d'ordre en cherchera à transformer cette pyramide d'ordre en une "pyramides de définitions" avec le moins d'opération, possible (On conservant les pyramides les plus intéressantes c'est-à-dire celles qui ont un intérêt sémantique ) .

Nous proposons pour la pyramide de définitions des lames à tête(s) nue(s), de prendre pour EXCUSE la lame XIII. La seule lame parmi les Onze lames retenues qui n'a pas de PLAGE NOM. La TETRACTYS ( "Un triangle de base 4") des 10 lames à tête nue chevelue dispose chacune d'au moins une tête nue chevelue. On a écarté la lame appelé TEMPERANCE qui a bien une tête chevelue, mais qui n'est pas nue car elle a une fleurs rouge dans les cheveux.

L'EXCUSE est la seule lame à tête nue chevelue qui porte - non un chapeau- mais une curieuse "coiffe" : le pied nu du squelette. Le pied nu du squelette de la mort vient tordre les cheveux couleurs chaire d'un enfant.

Les QUATRE définitions par étages peuvent suivent le critère distinctif des couleurs ( critère qui ne tient pas compte du nombre de têtes nues par lame) . Nous obtenons: Il existe:

L'EXCUSE = La seule lame à une tête chevelue à tête nue "coiffée" par un pied
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Le message. Pour établir cette structure, il faut considérer que la figure de la TEMPERANCE n'est pas une lame à tête nue . Si on considérer que les auréoles (ou le grand cercle associé à CUPIDON dessiné sur la lame VI ) sont des "coiffes", les 11° lames qui possède au moins une tête chevelue à tête nue portent sur l'ensemble de ces 11 supports, 16° tête nue chevelue .

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Il existe donc une pyramide interne ( à support IMAGE) de 16° qui s'énonce à l'intérieur d'une pyramide externe ( à support LAME) de 11°.

L'intérêt de ses jeux "pyramidaux" est 1) de nous faire observer le "signifiant" [ graphique, lettriste et numérique ] des lames; 2) de nous permettre d'observer sur des corpus distincts les mêmes propriétés - les mêmes "symptômes signifiants" à quelques détails près- .; 3) d'accéder aux grammaires formelles que l'analogie de ces symptômes similaires et qui gouvernent - à l'insu des auteurs - dans l'enchaînement historique des lapsus- aussi bien le corpus du tarot que d'autres corpus, en particulier, des corpus historiques. La mise en évidence d'affinités formelles présupposent des affinités sémantiques c'est-à-dire des "grammaires génératives" productrices d'espaces signifiants équivalents . Nous verrons que ce sont dans les légers défauts des structures de répétition ou des grands attracteurs formels que s'énoncent (et s'engrange la richesse) des messages.

Exemple d'un corpus historique lié au règne de Louis XIV ( 1638-[1643-1715] ) homéomorphe aux deux corpus divinatoires (ou pseudo-divinatoires) d'un jeu de cartes (Grimaud) et d'une bande dessinée ( Casterman):

Du côté du Tarot,

Les lames "célestes"

Nous appelons "LAMES CELESTES", six lames parmi les 22 lames MAJEURES qui font apparaître dans un CIEL ( blanc ) - faisant différence à une TERRE (jaune) - des "objets - réels ou imaginaires, " langues de feu", "rayons", "astéroïdes", "étoiles" , "gouttes d'eau", "anges" , "fantasmes" ou "OVNI" . Parmi les 22° lames MAJEURS, il n'y a que 6∆ Lames "Célestes" ( nous écartons la lame XXI qui n'est que "céleste" et ne dispose pas, comme pour les lames "célestes" du différentiel Ciel (blanc) /Terre (jaune). Si nous cherchions une EXCUSE à la "pyramide des SEPT lames célestes" , il faudrait aller la chercher du côté du "Cavalier de Deniers" [ où l'image "rêvé" d'un unique DENIER se donne à voir "en imagination " (peut-être délirante) - dans la pensée- comme s'il était suspendu dans le ciel dans un différentiel CIEL (blanc) / Terre (jaune) ] .

Le Triangle d'ordre des 6∆ lames majeures "célestes" comprend les lames suivantes:
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Cette transformation ORD/DEF - que nous chercherons ailleurs (dès lors qu'elle nous sert d'indice formel d'une capture du corps - ou d'un substitut du corps [ un corpus]- pris dans une transformation langagière de type " signifiant/signifié") - risque ici de masquer une propriété plus intéressante .

Quelle est cette propriété ? C 'est le SAUT SINGULIER qui se présente dans la succession de ces SIX lames "célestes" : un SAUT entre deux paquets : la paquet de la lame VI d'une part, le paquet des Cinq lames qui se suivent d'autre part. Une lame isolée - liée au nombre 6∆ - est effectivement suivi - après un saut de plusieurs lames- de CINQ LAMES qui se suivent sans saut de lame . Nous résumerons cette propriété singulière - très particulière- par la phrase suivante :

"AU SIX, SUIVENT CINQ QUI SE SUIVENT"

Allons voir du côté d'Hergé:

Observons les 22 couvertures des 22 albums en couleurs parus aux éditions Casterman avant le décès d'Hergé. Il y a pas mal de similitudes formelles entre les 22 lames majeures et les 22 couvertures d'Hergé . Donnons deux exemples :

Du côté du tarot : Les 22 lames majeures du tarot disposent d'une plage d'inscription - un rectangle blanc placé en haut de la lame- or seules 21∆ lames logent sur cette plage un NOMBRE. L'excuse de cette structure "pyramidale" est la lame à plage nombre sans nombre inscrit visible " le MAT".

Du côté d'Hergé : Les 22 couvertures disposent d'une plage d'inscription sur lequel on trouve sur les 21∆ premières couverture la phrase " Les Aventures de Tintin". Seule la 22° couverture [ L'EXCUSE à mettre en parallèle avec le MAT] dispose d'une plage d'inscription sans cette phrase. Il s'agit de la couverture de "Tintin chez les Picaros" -le 22 ième et dernier album en couleurs des aventures de Tintin-.

Du côté du Tarot: 23* nombres sont inscrits sur l'ensemble des 22 lames majeures du Tarot (21 nombres en écriture romaine et 2 nombres en écriture "dés" ).

Du côté d'Hergé : 23* nombres sont inscrits sur l'ensemble des 22 lames couvertures des albums en couleurs de Tintin.

Du côté du tarot, les lames "célestes" nous permettent de dire qu'au SIX, suivent CINQ QUI SE SUIVENT.

Du côté d'Hergé, les LOGO ( l'image de Tintin et de Milou mise dans un médaillon rond ) nous permettent de dire qu'au SIX, suivent CINQ QUI SE SUIVENT. Effectivement, un LOGO n'apparaît que sur SIX des 22 couvertures. Il apparaît sur la couverture du SIX ième album en couleurs , puis sur les couvertures des CINQ derniers albums en couleurs .

Avec le corpus des éditions Grimaud, nous avons

6 & 16, 17, 18, 19, 20

Avec le corpus des éditions Casterman, nous avons

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6 & 18, 19, 20, 21 et 22

Or, entre ces deux corpus "signifiants" divinatoires ou pseudo-divinatoires [Grimaud/ Casterman], n'existerait-il pas la suite intermédiaire suivante ?

6 & 17, 18, 19, 20, 21

Nous avons montré ailleurs que ce corpus existe. Cf. Christian BERTAUX, "AU SIX SUIVENT CINQ QUI SE SUIVENT" ou la "paragramme des chutes" . Exemple de régularités historiques issus du référentiel de Louis XIV qui se retrouve dans le signifiant d'un corpus historique de type divinatoire " [ 2003].

C'est un corpus historique qui désigne dans l'espace-temps-triangulaire issu de LOUIS XIV le régime des CINQ chutes de souverains qui se sont produites en France après la chute initiale de FOUQUET en 1661 l'année de la mort de Mazarin .

Nous appellerons ce "paragramme", le"paragramme des chutes"

Chute de FOUQUET en 1661

Chute de Louis XVI en 1792 ; Chute de NAPOLEON 1er en 1814 ; Chute de CHARLES X en 1830 ; Chute de LOUIS PHILIPPE en 1848 ; Chute de Napoléon III en 1870

On relie cette suite "historique" à la suite "formelle" 6 & 17, 18, 19, 20, 21 en logeant les SIX CHUTES HISTORIQUES dans le déploiement d'un espace-temps triangulaire de base N = { 6 , 17, 18, 19, 20, 21} ayant pour source la naissance de Louis XIV (notée @= 1638):

@ 1638 = Naissance de Louis XIV et naissance des groupes sociaux qui ont des vues sur lui.

LA CHUTE QUI SUIVIE EN FRANCE LE DEBUT DU REGNE "PERSONNEL" DE LOUIS XIV:

Chute de FOUQUET en 1661 => N= 6
car 1661- 1638 = 23* PY 23 = ½ (N) (N+1) + g avec N= 6 et g=2

Les CINQ CHUTES D'UN SOUVERAIN QUI SUIVIRENT EN FRANCE LE REGNE "PERSONNEL" DE LOUIS XIV:

Chute de Louis XVI en 1792 => N = 17
car 1792 - 1638 = 154° PY 154 = ½ (N) (N+1) + g avec N = 17 et g= 1

Chute de NAPOLEON 1er en 1814 => N = 18
car 1814- 1638 = 176*4 PY 174 = ½ (N) (N+1) + g avec N= 18 et g= 5

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Chute de CHARLES X en 1830 => N= 19
car 1830 -1638 = 192 * PY 192 = ½ (N) (N+1) + g avec N= 19 et g=3

Chute de LOUIS PHILIPPE en 1848 => N= 20
car 1848-1638 = 210 ∆ PY 210 = ½ (N) (N+1) + g avec N = 20 et g= 0

Chute de Napoléon III en 1870 => N= 21
car 1870 - 1638 = 232° PY 232 = ½ (N) (N+1) + g avec N= 21 et g=1

-> Les valeurs de g sont suffisamment petites pour que les SIX marqueurs historiques 23, 154, 176, 192, 210 et 232 soient des nombres "pyrangulaires" [notés PY dire "p-i"] (voir plus loin).

Tout s'est passé comme si les événements historiques étaient placés dans le RESSAC EN MIROIR d'une suite de SIX événements ( ayant leur site énonciatif A dans le passé dont les signifiants du jeu du tarot seraient une reconstruction A' fantasmée) se transformant en une suite d'événements réceptionnés sur le site d'un réceptionnaire B logé dan,s le futur ( dont les signifiants en miroir des albums d'Hergé seraient une anticipation fantasmée). La suite historique se trouve logée ("pincée en décalage à ±1 près) entre les deux suites sémiologiques ( Tarot/ Louis XIV// Tintin/ Staline).

Voir, Ch. Bertaux, Le grand paragramme "historique" du prolongement des 78 lames du tarot par les 22 albums en couleurs des Aventures de Tintin d' Hergé [2003] .

Résumé : 1) Les signifiants du "vieux tarot de Marseille" des éditions Grimaud sont captifs de l'espace-de déformation qu'a produit sur la grammaire de l'ETRE SOCIAL de cette époque le défaut d'écrasement qui s'est produit à la fin des 77 années du règne de Louis XIV générateur des mouvements révolutionnaires et de l'exécution de Louis XVI ; 2) La mort de Louis XIV doit être pensée dans l'espace-temps des interactions sociales de dimension géopolitique européenne et chinoise, comme étant de la nature d'un acte d'énonciation de type saussurien où A: j--→i/i' se déploye et se transforme, dans un espace sémiologique de nature géopolitique et de dimension historique, en miroir i'----→j' : B ; 3) Un corpus divinatoire [ Grimaud] ou pseudo-divinatoire [ Casterman] se loge dans l'espace-temps- sémiologique d'un corps politique écrasant - grand syntaxiseur pavlovien des microfaits sociaux- afin d'éviter les effets de dégradation des grammaires de l'ETRE SOCIAL que produit l'absence de ce corps écrasant; 4) Il s'est produit une transformation géopolitique de dimension historique permettant de passer en MIROIR de Louis XIV à Louis XVI et de Louis XIV-Napoléon 1er à la fin de l'URSS; 5) Ce type de transformation géopolitique a des effets mortifères sur les bases de générativité des grammaires de l'ETRE SOCIAL permettant à des mammifères parlants d'être codés de façon spécifique. 6) Le signifiant des corpus culturels - en particulier à l'intérieur des actes religieux de type divinatoire - tend à éviter les effets mortifères en restaurant les bases de générativité nécessaires au montage codé du corps humain que déclenchent les fins des écrasements ( nécessaires à l'ajustement du linguistique sur le corps d'un mammifère) de dimension géopolitique.

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Le concept arbre de Gébelin :

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La pyramide des 22 régions :

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Différentes bonnes raisons semblent pouvoir expliquer les choix de la liste officielle. Il n'y a en fait que trois transformations minimales d'une base alphabétique initiale reliant la liste ordonnée des 22 premières lettres à la liste alphabétiquement ordonnée des 22 noms.

Pour expliquer ces trois mutations minimales. On pourrait faire un travail discursif pédagogique de type idéologique capable de justifier ces mutations.

La mutation n°2 [ touchant les deux NORMANDIES] est la plus facile à justifier: 1) Ne risquait-on pas de séparer excessivement , par une discontinuïté lettriste ( B est loin de H ) les deux régions NORMANDES ( logées finalement après N successivement en O et en P ) ? En logeant la BASSE-NORMANDIE après la HAUTE-NORMANDIE après N - tout en offrant à la BASSE-NORMANDIE les honneurs d'une préséance alphabétique - B étant avant H - ne brouille-t-on pas les susceptibilités - l'opposition négative " Basse < Haute" étant compensée par l'opposition positive "Avant > Après" ?

La mutation n°1 [touchant l'AQUITAINE et l'ALSACE] semble mettre en avant l'exemple historique de l'ALSACE [ qui a la différence de l'AQUITAINE de Charles VII qui revendiqua son appartenance anglaise contre le gouvernement français revendiqua son appartenance française contre le pouvoir allemand ].

L'inversion de la première sur la seconde ne désigne-t-elle qu' un choix [idéologique] de préséance de l'ALSACE sur l'AQUITAINE ? C'est ce que pourraient croire les intellectuels des peuples démocrates et leurs enfants. Une telle explication - une fable discursive- idéologique- pour nous n'est pas suffisante. Nous ferons l'hypothèse , bien au contraire, que l'inversion du 1 et du 2 suit une propriété du support topologique sur lequel se logent ces NOMS [ inversion qu'on retrouve, par exemple, au début d'une pièce de théâtre NO dans les pas -> [RECTO] / <- à reculons [VERSO] du premier acteur ] inversant l'ordre du 2 [VERSO] et du 1 [ RECTO] du A et du B [comme dans le premier mot de la Bible et du Coran ] pour éviter d'ajuster dangereusement la fin sur le début ( celui-ci masqué pouvant disparaître) ? Ou est-ce le désir non conscient d'énoncer de façon inversée la "ligne désirante" [ à 10 H 10] d'un temps ascendant -celui du progrès historique- projeté sur le

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territoire de la France continentale, afin de réduire les effets de CAPTURE de l'attracteur d'un progrès historique allant de BAS en HAUT et de la GAUCHE vers la DROITE - de l'AQUITAINE à l'ALSACE- en l'énonçant à l'envers [ comme dans le décompte des classes des lycées et des collèges] de Haut en Bas et de la Droite vers la Gauche , du Nord-Est [ ALSACE] au Sud-Ouest [AQUITAINE] ?

En logeant L'ALSACE en A et LA LORRAINE en L ne fait-on pas profiter ces deux régions qui furent détachée du territoire français de 1870 à 1918 et de 1940 à 1944 du pouvoir d'intégration symbolique qu'offre la syntaxe ordonnée de A à K et de L à V de l'alphabet de langue française ?

Ainsi le fameux leitmotive " L'ALSACE ET LA LORRAINE" tient deux grands "panneaux" lettristes de ONZE régions de France chacun : l'un de A à K débutant par l'ALSACE , l'autre de L à V débutant par la LORRAINE.

Enfin, la troisième mutation pourrait être ramenée à la délicate association du nom d'une REGION à la lettre Q [CUL] . Une telle explication - une raison fort raisonnable, comme dirait Raymond ARON, pourrait se justifer ainsi : Les décideurs de la "Région parisienne" logés dans l'ordre alphabétique en [ U] risquaient d'être "hués" sans avoir l'U légitime de l'AZUR [ de la Côte d'Azur] capable d'effacer les sémantiques en écho qui accompagnent en langue française la lettre U [ la lettre de Hu cocotte ! de COC-U et de " Tu l'as U" ou "je t'ai U" ! ] . Seule la région parisienne pouvait avoir la force politique - policière et militaire- d'écraser les effets de sens accompagnant la lettre Q . Grâce à son pouvoir politique c'est à dire à un capital décisionnel autoritaire - riche de puissance, de dignité institutionnelle et de mé-connaissance - , la région parisienne écrase les ricanements qui sortent de la lettre Q plus facilement que ceux qui sortent de la lettre U [ "Les 21 régions n'ont-elles pas l'espoir de dire à la Région parisienne - la seule région qui porte dans son nom le mot REGION- " Enfin, on l'a eu".

Règle : Nous ne nous satisferons jamais d'une explication de type idéologique - faisant appel à des argumentations - des discours de cohérence- syntaxisant des signifiés . Nous suivrons toujours la règle fondamentale de "l'arbitraire" du SIGNE : Aucun fait "signifiant" ne peut être engendré - et donc expliqué- à partir du "signifié" que développent de bonnes raisons.

Les raisons indiquées ci-dessus, bien que vraisemblables, ne sont donc pas suffisantes pour être "performantes" . Ce n'est jamais une idéologie qui engendre le passage-à-l'acte capable d'actualiser un choix signifiant. Une explication idéologique aide à aller dormir. Elle rate le REEL capable d'actualiser le fait signifiant - le symptôme- à expliquer. Il y a donc d'autres raisons - plus profondes- peut-être plus inconscientes, plus inconnues, plus difficiles à repérer que celles indiquées plus haut. Parmi ces autres raisons, quelle est la plus simple à mettre en évidence ? L'existence d'un ATTRACTEUR formel de type "pyramidal" [un triangle mortel ayant une sortie - une EXCUSE] faisant appel - non aux NOMS des 22 régions et à leur liens lettristes- mais aux propriétés topographiques "incorporés "démocratisés" que présupposent les découpages territoriaux.

Il suffit de ranger les 22 régions en utilisant un des ordres numériques de l'alphabet pour produire une pyramide d'ordre, cette construction reposante n'a qu'un intérêt tautologique. Il nous faudra utiliser d'autres critères pour mettre en évidence l'ATTRACTEUR triangulaire

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La structure pyramidale des 22 régions françaises se désigne ainsi sans difficulté à l'aide de 5 critères tout à faite simples, presque "naturels" [ CAREM ]. On peut cependant remarquer que si la région PICARDE [S] - qui se trouve sous la région NORD [N] et donc loin de la Belgique par rapport à la côte ATLANTIQUE - n'avait pas un léger accès à l'EST par le département de l'AISNE à la frontière BELGE, elle n'appartiendrait pas à la catégorie des 3 AER, mais à la catégorie des 5 AR ( régions atlantiques A mitoyennes à d'autres régions françaises R). La PYRAMIDE DES REGIONS ne serait plus possible. Inversement, l'hyper- syntaxe de la Pyramide des 22 régions ne fonctionne-t-elle pas comme un ATTRACTEUR FORMEL qui aurait influé de façon indirecte sur les choix territoriaux de l'administration ? Car tout se passe comme si la légère frontière franco-belge à l'EST de la PICARDIE était nécessaire pour que l'hypersyntaxe des 22 régions française se réalise et, avec elle, les vieux présupposés emblématiques et mystiques liés à la division par 22 qu'on trouve avec l'impôt chez Louis XIV et que suivra Antoine COURT de GEBELIN dans sa présentation du Tarot sous la forme d'un "arbre de Gébelin" [ 22 majeurs et 4 mineures ] .

Rappel : Un "arbre de Gébelin" est formé d'un ensemble de 26 éléments partagés en deux sous-ensembles: un sous-ensemble de 22 éléments ( les 22 majeures ou 22 MA) et un sous-ensemble de 4 éléments ( les 4 mineures ou 4 MI). Le sous-ensemble des 22 éléments s'organise dans une Pyramide de 22 éléments constituée d'un TRIANGLE de BASE 6 [1+2+3+4+5+6 +21] et d'une EXCUSE [ un élément ayant une position singulière par rapport à l'ensemble des 21 autres éléments ]. La France administrative actuelle se développe dans l'hyper-syntaxe d'un "arbre de Gébelin". Elle est constituée de 26 éléments : les 22 MA ( les 22 régions) et les 4 MI ( les 4 départements d'outre-mer: la GUADELOUPE, la GUYANE, la MARTINIQUE et la REUNION, qui pourraient être représentées par les 4 lettres de la fin de l'alphabet de langue française { W, X, Y, Z } non utilisées pour désigner les 22 régions.

Note 17
Epistémographie : Le nom de Pierre BOURDIEU est le seul nom d'auteur donné, en page de titre, par l'éditeur dans son prénom complet " Pierre". Cf. " Tu t'appelles "Pierre" et sur cette pierre, je construirai mon église." Pierre BOURDIEU règne ainsi sur 22 noms d' auteurs supposés mineurs désignés dans leur prénom de façon tronquée, par une ou deux initiales. Nous pouvons parler de "sacrifice des prénoms " impersonnalisant les auteurs "pyramidaux" [P6= 22°]. L'existence d'un "sacrifice " de prénom qui n'atteindrait que des auteurs assujettis - au moins institutionnellement- à un "maître" - présentés éditorialement .

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dans leur prénoms tronqués , leur maître étant lui présenté dans son prénom en entier- se retrouve également ailleurs. Par exemple, dans les cahiers intitulés " Systèmes de pensée en Afrique noire" parus du vivant de Michel CARTRY de 1975 à 2004 . Cf. La catégorie des "inimaginables" .

Rappel : Un "inimaginable" est un REEL producteur de propriétés d'objets, de façons de faire, d'imaginer ou de penser - non conscientes ou peu conscientes - produites par un ordre de réalités, un individu ou un groupe social, qu'un observateur peut rencontrer ou découvrir , grâce à l'apport de médiations théoriques ou d'informations nouvelles, mais qu'il ne peut engendrer - même en imagination - à partir de la grammaire générative de son ETRE SOCIAL .

Exemples d''inimaginable textuel " :
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-> La performance de PEREC (1936-1982) est tellement "inimaginable" [ il s'agit d'écrire un roman de 312 pages sans utiliser la lettre "e" ] qu'elle échappe à l'attention du lecteur.
Le mode de composition utilisé par Auguste COMTE pour écrire sa "Synthèse subjective"
Autre exemple d'inimaginable textuel, le cas d'Auguste COMTE. J'engage le lecteur à lire la note de Pierre Laffite " Matériaux pour servir à la biographie d'Auguste Comte. Documents sur la marche du travail intellectuel d'Auguste Comte : du mode de composition. " donnée en Annexe du texte d'Auguste Comte, SYNTHESE SUBJECTIVE paru aux éditions FAYARD , 2000 " Corpus des œuvres de philosophie en langue française". Sans la note de Pierre Laffite, le mode de composition utilisé par Auguste Comte pour écrire son livre resterait "inimaginable".

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Le cas de "La misère du Monde" de Pierre BOURDIEU :

"L'inimaginable textuel" que développe le texte de "La misère du monde" [ 1993]

Cf. Ch. Bertaux [1993] , Le monde de "La misère du monde" . Analyse du code éditorial utilisé dans l'ouvrage paru au Seuil "sous la direction de Pierre Bourdieu", séminaire de DEA [1994] . Inédit.

Résumé : En page de Titre, on trouve Pierre BOURDIEU désigné dans l'intimité de son prénom entier "coiffant" 22 noms d'auteurs désignés dans la lettre initiale d'un prénom amputé de ses lettres finales . On a donc la structure ETOILE [*] suivante:

Pn +1 : n= 6  P6+ 1 = ½ (6) (7) +2 = 23*                23* BASE 6 
  

= Structure ETOILE gouvernant les noms d'auteurs sans répétition donnés en page de titre

En pages de table ( 5 pages). On dispose d'une "Liste des noms propres" [ colonnes du milieu] et d'une "Liste des textes d'auteurs" [ colonne de gauche] . La "Liste des entretiens" n'est pas donnée. Les noms des enquêteurs et les noms des enquêtés ne sont pas donnés. Il existe une hiérarchie sociale coiffée par Pierre Bourdieu. Ceux qui sont près du "terrain" - les auteurs mineurs, les enquêteurs, les enquêtés ( désignés souvent de façon impersonnelle : Henri O, un responsable local du parti socialiste, M. Leblond, d'une famille ouvrière - inclus dans le texte des entretiens- ne sont jamais mis en vedette. On dispose également de la structure ETOILE [*] suivante :

Pm + 1: m= 12    P12 +1 = ½ (12)(13) +2 = 80*               80* BASE 12 
  

= Structure ETOILE gouvernant les noms d'auteurs avec ou sans répétition donnés dans les pages de table.

-> Le texte "La Misère du monde" [ qui s'offre idéologiquement au REGARD de Pierre BOURDIEU à l'intérieur d'un espace politico-administratif dominant se supposant - à tort- hors champ ] fait appel à un espace-temps sémiologique "signifiant" ( que j'appelle "Le monde de la Misère du monde" ). C'est cet espace sémiologique signifiant que les êtres sociaux de langage incorporent et amnésient de façon répétive afin que puisse se réaliser l'ordre langagier d'un certain type d'ETRE SOCIAL.

Entre la ligne d'étage L= 6 et la ligne d'étage L=12 se désigne - à l'insu de tous- le grand ATTRACTEUR FORMEL dans lequel se déploie le découpages traditionnels d'un tarot ETOILE ( 23* + 57* = 80* ) pourvu de ses deux lames blanches ( voir plus loin).

Il y a bien 23* noms d' auteurs distincts sur la page de titre de "La Misère du monde" [ les 22 lames majeures d'un tarot sous le regard de [BOUR] DIEU ]. Il y a bien 80* noms d'auteurs se répétant cités en pages de titre . Cette structure "idéal-typique" ne peut apparaître - comme dans le cas du calcul de la trajectoire de NEPTUNE [1846] par Urbain LE VERRIER (1811-1877) - que parce qu'il y a eu deux erreurs. Podalydès est absents des 23* et deux fois présents dans les 80* .

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" Le sacrifice de Podalydès"

Dans "le monde de la misère du monde" [ le signifiant textuel qui livre le livre de "La misère du monde" ], il y a deux erreurs sur Podalydès. L 'une en "titre" pour faire P6 + 1 = 23*, l'autre en "table" pour faire P12 + 1 = 80* .

Pour pouvoir produire le nombre ETOILE 23*, il est nécessaire d'oublier de mettre Podalydès dans l'ensemble des "auteurs" [ p 3] . Or Denis Podalydès est bien un auteur donné en page 948 qui a produit avec Emmanuel BOURDIEU un "texte d'auteur" ( p 777-780) et qui, en tant que tel, est bien mis dans l' ''Index des auteurs" ( p 955). Nous pouvons parler ici de " sacrifice [ non conscient] de Podalydès" . Pour pouvoir produire le nombre ETOILE 80*, il est nécessaire de mettre Podalydès dans la liste des auteurs (qui se répètent) (p 955) . Car Podalydès ne devrait être mis qu'une seule fois en tant qu'auteur et non deux fois. Pour la seconde fois, Podalydès n'est qu'un enquêteur. Or, selon la hiérarchie formelle qu'orchestre Pierre BOURDIEU et qui se développe dans le signifiant éditorial de "La Misère du Monde", on ne cite pas les "enquêteurs" [ Exemples: Jean Barin , Laurent Bourdieu ].

Nous suivons le texte de la page de titre donné dans "La Misère du monde" [ Seuil 1993].

Procédure :

1.- On ne s'occupe que des initiales des 22 "prénoms sacrifiés". 2. - On écarte le dernier prénom A.-M. [ Waser], le seul auteur à être isolé sur une huitième ligne après SEPT LIGNES collectives de 2, 3 ou 4 prénoms. Il s'agit de notre EXCUSE [22] que l'on peut séparer du groupe collectif des 21∆ prénoms. 3.- On met les noms des auteurs -qui était mis par ordre alphabétique de leur nom- dans l'ordre alphabétique de l'initiale de leurs prénoms, puis de leur nom.

1 A. Accardo
2 A. Sayad
3 B. Urlacher
4. C. Soulié
5. E. Bourdieu
6. F. Bonvin
7. F. Matonti
8. F. Muel-Dreyfus
9. F. Oeuvrard
10. G Balazs
11. J.-P. Faguer
12. L. Pinto
13. L. Wacquant
14. M. Pialoux
15. P. Bourgois
16. P. Champagne
17. R. Christin
18. R. Lenoir
19. S. Beaud
20. S. Broccolichi
21. S. Garcia

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Que l'existence de ce type de construction formelle soit ne serait-ce que possible est de l'ordre de "l'inimaginable" . Or sa réalisation n'est possible que grâce à l'oubli (innocent) de "B. POLADYDES" [ répertorié comme auteur en page 949] . Cette amnésie - cette forclusion- fait formellement sens [S2] et informellement contre-sens [S1] dès lors qu'elle pourrait faire croire - raisonnablement- qu'il ne s'agit - d'un inconscient à l'autre- que d'un "lapsus calami" sans importance, sans signification. Grâce au lapsus, le déploiement formel des 22 noms énonce un ordre de REEL "inimaginable" capable d'éclairer l'ETRE DU CORPS qui se trouve historiquement à "la fabrique" au beau milieu de la "Misère du Monde" - en "souffrance" à l'intérieur de l'histoire de France.

Le signifiant textuel de "L'espace des points de vue" [ p 9] développé par Pierre BOURDIEU n'est-il pas ATTRACTé - évidemment à son insu- dans la géométrie formelle d' un découpage territorial qui perdure en France -et en sous France [S2] - depuis au moins Louis XIV (1638-1715) ?

Le rail ancien des 22° [ CIBLE] se soumettant à un 23* [ETOILE]

"En 1695 pour permettre l'établissement de la Capitation générale, Louis XIV [S1] inaugure un nouvel impôt qui s'ajoute à tous ceux qui existent déjà, et dont l'originalité est d'être

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universel". " Les Français [S2] [sont alors] répartis en 22 classes selon[s] leurs professions". Seul Louis XIV se met HORS CLASSE [ P6 + 1 = 23* ] comme le "Bourdieu" de la misère du monde .

Cf. André ROSSEL, Histoire de France à travers les Journaux du temps passé . Le Faux Grand Siècle 1604-1715 Ed. A l'enseigne de l'arbre verdoyant 1982, pp 129- 132 :

Résumé: Dans la Première Classe se trouvent en tête d'une liste de 12 noms propres "Monseigneur le Dauphin" suivi par "Monsieur le Duc d'Orléans", etc. Dans la Première Classe se trouvent également "Les Ministres d'Etat" et "Les Fermiers généraux" , dans la Vingt- deuxième Classe se trouvent "Les simples manœuvres et les journaliers". Les Avocats du roi du Châtelet à Paris se trouvent dans la "Dixième Classe", les Professeurs de Droits se trouvent dans la " Seizième Classe" , les Ingénieurs des Places ainsi que les Médecins des grandes villes se trouvent dans la "Dix-Huitième Classe". Les gendarmes et les artisans des Bourgs et des villages se trouvent dans la "Vingt-et-unième Classe". Il s'agit d'un document tout à fait extraordinaire.
Les 22° [Cible] se soumettant à un 23* [Etoile) dans l'œuvre d' Hergé
S'il n'existe que 22° albums en couleurs des aventures de Tintin, il existe bien 23* couvertures en couleurs capables de désigner un des albums de Tintin . La couverture de l'album noir et blanc "Tintin au pays des Soviets" peut prendre la place d'une 23* instance - supposée hors structure- éclipsée dans son CORPUS "noir et blanc" afin de se donner à voir dans le CORPUS "en couleurs" de 22° instances supposées captives d'une même structure de 62 pages d'aventures. On remarquera que l'album noir et blanc de " Tintin au pays des Soviets" est de 0 + 137° pages numérotées ( notation qui actualise le nombre CIBLE de 137° pages de base 16 et le nombre Etoile 138* ). Deux nombres étoiles apparaissent : " Le 23* album d'Hergé est un album de 138* pages".
Le découpage 23* [Etoile] 55∆ [Triangle] dans le tarot de Marseille des éditions Grimaud
Exercice: Préciser la 23* et la 22° lame à pied [humain] d'une pyramide ETOILE de 23* lames qui porte au moins un pied inscrit sur sa lame. Définir les SIX étages du triangles des 21∆ lames à pied.

Le découpage de la cartomancie des 22°/ 56° / 78∆ lames du Tarot n'avait qu'à s'ajuster dans le découpage qu'offre l'impôt "universel" de Louis XIV - un découpage magistral du corps des Français - pour continuer, fictivement - DANS UN ORDRE DE REEL que questionne l'ethnologie du divinatoire - à actualiser - à faire perdurer - le regard écrasant - SOLAIRE -transférentiel - du Grand Roi , après sa disparition [† 1715] .

Les "inimaginables textuels": le cas de CARTRY :

Le code éditorial non conscient -de type géomantique - qui apparaît dans l'œuvre collective de Michel Cartry

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Le "sacrifice éditorial du prénom des auteurs supposés mineurs" est une propriété formelle [ que j'appelle "épistémographique"] . S'il atteint le texte collectif dirigé par Pierre Bourdieu " LA MISERE DU MONDE" , il atteint, avant lui, les CAHIERS du laboratoire associé au CNRS " Systèmes de pensée en Afrique noire" qui ont développé de 1976 à 1983 la thématique du SACRIFICE. Les prénoms des auteurs supposés mineurs sont effectivement tronqués dans les cinq Cahiers sur le sacrifice qui vont du cahier n°2 -SACRIFICE I (1976) au cahier n°6 - SACRIFICE V (1983) . Par différence, le "sacrifice (non conscient) des lettres non initiales des prénoms des auteurs supposés mineurs ne se produit pas sur le cahier n°1 [de 1975] ni dans les cahiers qui suivent ceux du "sacrifice" [ de 1984 à 2004 ] du n° 7 au n°16. Nous pouvons parler ici de "microfait social graphique". Que ce phénomène soit lié à CARTRY est facile à vérifier . Il suffit de consulter l'ouvrage " Sous le Masque de l'animal. Essais sur le sacrifice en Afrique noire" [ volume n°LXXXVIII de la Bibliothèque de l'Ecole des Hautes Etudes, Sciences religieuses] (1987) pour être mis en face du même phénomène. L'ATTRACTEUR utilisé par CARTRY - à son insu- n'est autre qu'une partie de l'ATTRACTEUR qu'utiisera, par la suite, le texte de Pierre BOURDIEU .
Exemple de Pyramide P5 = 16° utilisée par CARTRY
Ce n'est autre qu'un tableau de géomancie gourmantchè . Cette structure se retrouve partout dans le signifiant graphique de l'œuvre de Cartry. Elle organise les 7 cahiers verts dans leur opposition aux 7 cahiers roses dirigés par Michel Cartry de 1976 à 1985 [ pour les Cahiers Verts du n°2 au n° 8 ] et de 1989 à 1998 [ pour les Cahiers Roses du n°9 au n°15]. Elle se manifeste de façon éclatant sur le dernier cahier vert [ le n°8 ] - sous la forme d'un tableau de géomancie latine . Il est peu probable qu'il s'agisse d' une blague de Karoly SZENDY ou d'Albert NERON DE SURGY ? Qui pourrait décoder cette blague et voir qu'il s'agit d'un tableau de géomancie ?

Nous fournissons en Fig. 3 le haut du texte donné en haut de la page [p4] -côté VERSO- du Cahier n° 8 , le dernier des 7 cahiers de couverture VERTE [ Fig.1] , intitulé :
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Nous aurons le même texte [Fig.3] - à un détail près [ les Majuscules des lettres non initiales des prénoms et des noms ont été remplacées par des minuscules ] - en haut de la page VERSO [p4] du Cahier n°9, le premier des 7 cahiers de couverture ROSE [ Fig.2] intitulé :

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Une pyramide géomantique P6= 16° formée de seize noms [S2] d' auteurs "sacrifiés" dans leur prénom est donnée à voir à MICHEL CARTRY qui est lui-même donné à lire dans l'intégralité de son prénom car supposé hors champ [ S1] en posture de transcendance. Dans le cas de CARTRY, - les 16 cahiers "Systèmes de pensée en Afrique noire" parus du vivant de Cartry - se développent dans l'hyper-syntaxe d'un thème de géomancie gourmantchè [ l'ordre des maisons en pays gourmantchè se faisant à la différence de l'ordre latin généralement du côté droite au côté gauche et parfois du côté gauche au côté droit [ des 7 figures placées du côté des FLLES aux 7 figures placées du côté des MERES] ( l' opération en pays Gourmantchè est appelée "i-sardikè"). Que l'organisation de la "peau de la terre" dans le geste répétitif d'un devin africain se soit développé non consciemment jusque dans l'organisation textuelle de l'œuvre de Michel Cartry - aussi bien à l'échelle des Cahiers qu'à l'échelle du sommaire collectif d'un texte comme " ARCHITECTURER L'INVISIBLE" [2010] est "inimaginable" , c'est-à-dire indice d'un REEL dépendant des effacements sémiologiques nécessaires à la production de la lisibilité des signifiés que se donnent à décoder les ETRES SOCIAUX.
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-> En géomancie latine, on construit les figures des maisons dites MERES ( 1, 2, 3, 4) puis les figures des maisons dites FILLES ( 5, 6, 7, 8). On construit ensuite les figures des maisons dites NIECES ( 9, 10, 11, 12), puis les deux témoins (13, 14) , le juge (15) et la sentence (16). Les figures latines qui sont sur les maisons 1, 2, 3, 4, 9, 10 et 13 sont les SEPT figures qui sont du côté des MERES. Les figures latines qui sont sur les maisons 5, 6, 7, 8, 11, 12 et 14 sont les SEPT figures qui sont du côté des FILLES. Il y a des propriétés formelles non évidentes - que connaissent les devins européens comme les devins africains- grâce à leurs pratiques. C'est ainsi que lorsqu'une figure se répète du côté des MERES - répétition que les latins appellent une "passatio" [ une "passe"] - , elle déclenche des propriétés "communautaires" qui touchent les figures qui sont du côté des FILLES . Exemple : Si la figure 9 passe en 13, les SEPT FIGURES qui sont du côté des FILLES , on leur "ventre" identique à leurs "pieds" [ ce qui éliminent HUIT FIGURES sur les SEIZE possibles]. ( Il s'agit d'un "sous-groupe commutatif" produit par le fait que la figure 13 est "POPULUS" - l'élément neutre du groupe- et que les figures 3 et 4 sont identiques , la passe 9-> 13 étant formellement liée à la passe 3->4 ).
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du côté de la mort [ SUD- OUEST = le côté droit du devin, niveau pieds ]. Les maison latines placées sur Quatre lignes [ "maison" ] de 1 à 16 se distribuent, respectivement, sur les maisons gourmantchè ["diegu" ] notées 1, 2, 3, 4, 8, 9, 10, 11, 5, 6, 12, 13, 7, 14, 15, 16 . La figure 16 étant une figure géante. Les SEPT figures gourmantchè 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7 sont les figures de la "vie" ( "Li-miali"). Les SEPT figures gourmantchè 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14 sont les figures de la "mort" ( "Yadja").

On retrouvera cette partition [ venant "forclore" la pratique du géomancien gourmantchè sous "le masque de l'animal" de la pratique d'écriture de l'ethnologue ] dans le partage en deux groupes de SEPT - non conscient - "refoulé" , "inavouable", "fantastique" - "sidérant" - "impensable" - ( quoique partagée par toute une équipe éditoriale - d'une inscription à l'autre et d'un "inconscient à l'autre" comme dirait FREUD ) dans les SEPT cahiers VERTS [ du côté de la vie] et les SEPT cahiers ROSES [ du côté du deuil ].

Le partage en deux fois SEPT figures est très important dans la géomancie gourmantchè décrite par Michel Cartry. Le premier "tableau de tableau "de la géomancie gourmantchè cherchera effectivement à reconstruire par une opération que ces géomanciens appellent " i-sardikè" [ le renversé] les figures placées du côté de la vie [ dites " MERES" chez les latins] à partir du côté des figures placées du côté de la mort [ dites " FILLES" chez les latins] .

Cf. Christian BERTAUX, Documents pour l'U.V " Systèmes divinatoires. Exemples africains", polycopié pp 1- 69 , Université de Paris VII. Année 1979-1980 .

La traduction des 16° noms du comité de rédaction mis en place par CARTRY/ SZENDY en figures capables de désigner les 16 maisons d'un thème de géomancie latine est facile à produire. Il est facile tout d'abord de repérer les 12 figures qui se logent sur les 12 "vraies maisons" (astrologiques) de la géomancie. Les DOUZE premières maisons de la géomancie ( de m1 à m12) sont occupées par le "Comité de lecture" des Cahiers "Systèmes de pensée en Afrique noire". Les 4 figures- mères placées sur les maisons allant de m1 à m4) sont désignées par A. ADLER ( m1) , Y. CISSE (m2) , E. COPET-ROUGIER (m3) et L. de HEUSCH (m4) ; les 4 figures- filles placées sur les maisons allant de m5 à m8 sont désignées par M. IZARD (m5), G. de MOAL (m6), Ch.H. PRADELLES DE LATOUR (m7) et C. PAIRAULT (m8); les 4 figures -nièces placées sur les maisons qui vont de m9 à m12 sont désignées par de R. de SELVA (m9), K. SZENDY (m10), J.F. VINCENT (m11) et A. ZEMPLENI (m12 ). Les deux témoins [ si on conserve l'ordre] sont désignés par R. de Selva (m13) et par K. Szendy (m14). Le juge est désigné par N. Mellot (m15) et la sentence par M. Jean- Charles (m 16) :

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Le comité de lecture des cahiers du Systèmes de pensée en Afrique noire :

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Il y a dans ce thème de géomancie - comme il se doit pour TOUT thème de géomancie - au moins une "passatio " ( une répétition de figures) : la figure de R. de Selva ( en m9) passe de la maison m9 à la maison m13 et la figure de K. Szendy ( en m10) passe de la maison m10 à la maison m14. Techniquement, cela implique que K. Szendy soit POPULUS [2222], que R. de Selva en m13 passe en m15 ( ce qui implique que R. de Selva soit une figure "paire" [ = type T5] et soit représentée par la même figure que N. Mellott en m15 ). Cela implique également que E. Copet-Rougier ( en m3) passe en m4 en s'identifiant géomantiquement à la figure de L. de Heusch (m4=m3). Enfin que les SEPT figures qui sont du côté des maisons gourmantchè de la mort ( les 7 cahiers ROSES) soient des figures ayant leur ventre identique à leurs pieds ( = type T15 ) .
Cf. Ch. Bertaux, Approche formelle de la géomancie, pp 33- 34 in " Documents pour l'U.V "Systèmes divinatoires. Exemples africains" Université Paris VII, année 1979-1980 [ pp 1- 69] .

Le thème des 14 cahiers est fort intéressant. Il est facile de faire correspondre les thèmes des cahiers et les nom des maisons gourmantchè.
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Le régime des "passatio"
Grâce à la "passatio" m 5 -> m11 désignée par la thématique du " deuil" chère à Danouta LIBERSKI [ du côté de la mort et des 7 cahiers roses], on sait que la maison m6 " ( où se trouvent les fétiches masculins de la sorcellerie et la thématique chère à Luc d'HEUSCH des "Chefs et Rois sacrés") est occupée par la figure ( GMALO = une lune) qui s'appelle chez les Gourmantchè ALGIAMI " [ liée au NOIR et aux réunions collectives] et qui s'appelle chez les latins POPULUS (2222). Avec POPULUS en m6, les SEPT figures du côté de la vie (et des cahiers verts où se trouve par cinq fois énoncé la thématique du sacrifice) appartiennent au sous-groupe commutatif des figures qui ont du CŒUR.

Grâce à la seconde "passatio" m5 -> m 7 [ gouvernée par DANOUTA] ( passatio qui se fait encore à l'aide des cahiers sur le deuil du côté des figures ROSES), on sait - puisque la m6 est ALGIAMI - que les SEPT FIGURES "VERTES" ( du côté de la vie) appartiennent au sous- groupe commutatif des figures qui ont la parité de leurs pieds ( en gourmantchè de "ce qui est en -dessous des pieds" ). On sait ainsi qu'elles sont les QUATRE types de LUNE ( de figure) qui se trouvent du côté des cahiers du sacrifice. Ce sont les figures qui ont du cœur et qui ont la parité de leurs pieds. ce sont:
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Grâce à la "passatio" m8-> m13 désignée par la thématique des "Fétiches" chère à Albert Néron de SURGY [ qui permet de passer d'un cahier Vert à un cahier rose ] , nous savons que la figure qui se trouve en maison 14 où se trouve la thématique du "TOTEMISME" ( chère à Alfred ADLER) est identique à la figure des deux maisons du "FETICHISME" . Le formalisme de la géomancie ne viendrait-il pas - à l'insu de tous- reformuler - dans le langage non conscient de ses propriétés formelles - les grandes thématiques parues dans les cahiers "Systèmes de pensée en Afrique noire" à l'époque de Michel Cartry ?

Recherche à suivre […].

Note 18
Jeu : Etablir une des "pyramides de définitions" possible des 78 lames du tarot. Il est facile de loger les 12 LAMES SANS CHIFFRE(S) INSCRIT(S) sur la ligne d'étage L=12. Il existe donc un triangle tarotique de 66∆ LAMES A CHIFFRE (S) INSCRIT(S).

Remarque : C'est dans le très léger défaut d'une structure que s'énonce un message. Le message fonctionne alors comme un JOKER. Il masque - magnifie- le défaut . Cf. La philosophie de l'échec de Karl JASPERS (1883-1969).

Note 19
C'est grâce aux matériaux ethnographiques liés aux pratiques des géomanciens gourmantchè décrites dans les années 1962-1985 par Michel Cartry (1931-2008) que nous avons compris que les pratiques divinatoires tendent à réélaborer -dans la fiction du religieux- les déformations sémiologiques - nécessaires au montage sémiologique et historique d'un corps humain transformé en un ETRE SOCIAL spécifique - que présuppose un CORPS POLITIQUE disparu.

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Cf. Christian BERTAUX, De Michel CARTRY à Pierre CLASTRES. Souvenirs, éclaircissements et résultats [2011].

Grâce à la qualité des matériaux divinatoires de Michel Cartry, que j'ai pu comparer à d'autres matériaux géomantique africains, il était désormais facile de vérifier l'hypothèse anthropologique - le REEL formel- que sous-tendait l'ethnologie "fiction" des géomanciens africains - gourmantchè et bambara - sur les corpus divinatoires, politiques et culturels, des sociétés historiques.

La référence à TIBERE : La durée formelle de vie de Tibère ( 42 av JC- 37 ap JC) est de 78∆ ans . On a effectivement 42 avant J.-C plus 37 après J.-C égal 79 moins 1 égal 78 ∆, en enlevant une année , car il n'existe pas d'année Zéro dans le calendrier J.-C). Le découpage des deux grands temps de vie de Tibère - avant et après le début de son règne qui a eu lieu à la mort d'Auguste en 14 ap JC- est homologue au découpage fondamenal du jeu divinatoire du tarot 22° + 56° = 78∆ .

On peut faire correspondre aux 56 lames MINEURES du tarot la durée annuelle de la vie de Tibère avant la mort d'Auguste de 42 av JC à 14 ap JC:
42 + 14 - 1 = 55∆

De même, on peut faire correspondre aux 22 lames MAJEURES du tarot le nombre d'années formelles dans le temps calendrier de J.-C du règne de Tibère:
37 -14 = 23*

La référence à LOUIS XIV : On peut faire correspondre également - depuis Antoine COURT DE GEBELIN- aux 22 lames MAJEURES du tarot de Marseille la durée annuelle de la vie du Louis XIV ( 1638-1715) avant le début de son règne personnel (1661) après la mort de Mazarin (1661):
1661-1638 = 23*

Le temps annuel du règle "personnel" (1661-1715) de Louis XIV pouvant alors être associé de façon formellement intéressante aux 56 lames MINEURES du tarot :
1715-1661 = 54 ∆-1

J'appelle "Pyramidaux" P° ou P* les deux types de nombres suivants, pour tout entier L:
1) Les nombres "CIBLE" [ noté °] ( dire "cible" pour °) égaux à °L= ½ (L-1)(L)+1 ;
2) les nombres "°L +1" ( notés * ou *L : dire " ETOILE pour *) égaux à *L = " (L-1)(L) +2.

J'appelle " Triangulaires" ∆ ou ∆-1 les deux types de nombres suivants, pour tout entier L :
1) Les nombres TRIANGLES ∆L= ½ (L) (L+1);
2) les nombres TRIANGLES MOINS UN notés ∆-1 ou (∆-1)L .

J'appelle " PYRANGULAIRES ajustés à ±1 près" [ PY; M= 0 ou M=1] les quatre types de nombres indiqués ci-dessus, par ordre de grandeurs:

Les "Triangles moins un" ∆-1, les "Triangles "∆ ; les "Cibles" ° et les "Etoiles" *.

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C'est à partir de recherches formelles - faisant appel à ces quatre types de nombres - , faites sur des corpus historiques - des corpus ayant l'intérêt d'être exhaustifs- , politiques ou culturels, que j'ai produit le concept de nombre "pyrangulaire" [PY] "dire "p i"] " ces nombres qui, étymologiquement, "brûlent dans leurs angles". Le mot "pyrangulaire" vient, en fait initialement, du mot valise "PYRAMIDAUX + TRIANGULAIRES = PYRANGULAIRES". Voir plus loin la définition du concept de nombre "pyrangulaire".

Exemple d'attracteur pyrangulaire [PY] de type *5 [ dire " ETOILE 5" ] règlant formellement le début et la fin des grands clivages dynastiques de l'histoire de France:
Exemple de propriété formelle "insoupçonnable" "inimaginable" et donc supposée inexistante
L'alignement *5 du début des dynasties de l'histoire de France répétant le début *5 du règne de Clovis dans l'espace fictif de PHARAMONT que l'on peut associer à l'avènement de la VULGATE - en tant que socle sacré - la traduction en latin et la composition de la Bible catholique latine par Saint Jérôme.

à Claude Lévi-Strauss, à Roland BARTHES et à Jacques LACAN,
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La reconstruction initialement fictive d’une source de générativité placée sur l’horloge formelle @ de Pharamond en 420 a été capable de régler dans un même espace-temps- triangulaire les trois ou quatre dynasties de France.

Cf. Christian BERTAUX, "Les sciences sociales peuvent-elles découvrir quelque chose: le gouffre de Louis XV" [2001]. Résumé: La réalisation mérovingienne, carolingienne et capétienne, alignée en *5 d'un espace-temps triangulaire de dimension historique, cherche à ré-axiomatiser dans son “ œuf ” [fictif] la source d’une grammaire générative de l'ETRE SOCIAL, antérieurement disparue, qui a été capable d’énoncer les effets de modélisations

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anthropologiques et sociologiques historiques, dépendants des effets géo-politiques liés à la présence romaine sur la Gaule. L’hyper-syntaxe d’un triangle - à l’image d’un des plus vieux modèles occidentaux “ pyramidaux ” du pouvoir lié à l’Egypte, à la Grèce, à Rome et au christianisme - questionnée de façon informelle par Georges Dumézil - qu’on retrouve à la révolution française en tant qu’image de l’ "Etre suprême" - vient se substituer au pouvoir romain de façon suffisamment efficace pour aligner les débuts et les fins dynastiques sur l’indice hyper-régulier "inimaginable" *5.

Exemple de ré-événement pyrangulaire "mortifère" de type TRIANGULAIRE ∆n se développant dans l'hypertexte de la vie de Marcel MAUSS (1872-1950).

Mauss est captif anthropologiquement, psychologiquement, culturellement et sociologiquement - avec ses amis, ses assujettis, ses institués et ses disciples- des mêmes déformations de l'espace-temps-sémiologique d'effondrement qui gouverne la grammaire de l'ETRE SOCIAL qui s'est développée en France à la suite de l'effondrement du Second empire.

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tristesse de perdre son oncle alors que ce dernier n'avait que 59 ans ] ; 2) Un des indices M'=8 ou M''=0 ou M'''=+4 qui caractérise l'âge social de 45*8∆µ+4 ANS qu'avait Mauss l'année de la mort de son oncle, se retrouve dans l'année de la mort de Mauss de ∑2 " MORT (du neveu)" - l'année de ses 78 ∆ ANS (M''=0) . Nous noterons:

Emile DURKHEIM † 1917 (59) = 45 ∆ Marcel MAUSS 78 ∆ = = PY -> Il s'agit d'un drame formel LONG .

Un drame formel (DF) est dit COURT lorsqu'il n'y a pas de "saut de ligne" L.

Exercice : Démontrer que la mort de Marx ( 1818-1883) est un drame formel COURT dans la vie de Engels (1820-1895).

Dans le cas de Durkheim et de Mauss, la mort d'Emile Durkheim est un drame formel LONG à "deux trous" ou à "deux sauts de ligne" avant la mort de Marcel Mauss. Tout s'est passé - évidemment non consciemment (Mauss serait consterné, s'il apprenait cela) - comme si Mauss avait dû sacrifier ses deux amis et collaborateurs principaux de son oncle pour éviter que la mort de son oncle soit pour lui un drame formel COURT. En quelque sorte, les collaborateurs de Durkheim et de Mauss ont eu la générosité (nous sommes dans une économie sacrificielle non consciente ) de loger leurs décès dans les lignes d'étage L qui suivent la mort de Durkheim afin d'éviter à Mauss de suivre dans sa mort celle de son oncle. La structure a au moins une efficacité mnémotechnique puisqu'elle permet de se souvenir facilement des dates de décès des quatre hommes - Durkheim, Hubert, Fauconnet et Mauss - lorsqu'on connaît la date de naissance de Mauss @ = 1872.

Culte formel non conscient : La mort informelle de Durkheim a été formalisée, dans la vie de Mauss, par la mort informelle de Hubert . On passe de la ligne d'étage L=9 à la ligne d'étage L=10 sur le même indice ∆ et le même champ sémantique ∑. La mort informelle de Hubert a été formalisée, dans la vie de Mauss, par la mort informelle de Fauconnet. On passe de la ligne d'étage L=10 à la ligne d'étage L=11. La mort de Hubert est donc une "re-mort formelle" COURTE ∆ de la mort formelle ∆ de Durkheim. La mort informelle de Fauconnet a été formalisée par la mort informelle de Mauss. On passe de la ligne d'étage L=11 à la ligne d'étage L=12. La mort de Fauconnet est donc un drame formel COURT [ que nous appellerons "idiot" car il était facile de s'en douter et certainement de l'éviter ] qui conduit , dans la vie de Mauss ( devenu fou depuis la fin 1944) , à la mort informelle -biologique- de ce dernier. Qui va avoir la générosité de formaliser la mort informelle de Durkheim -de façon posthume- ? C'est Alfred Métraux qui se suicide en 1963 sur la ligne d'étage L=3 ( qui suit la ligne d'étage L=12 de Mauss) l'année même [1963] où il envoie sur le terrain américain chez des Indiens Guayaki, son étudiant et ami Pierre Clastres.

Qui va formaliser la mort informelle d'Alfred Métraux (1902-1963) - à son insu évidemment- c'est la mort de Pierre Clastres en 1977 en 105∆ MAUSS 78∆ == PY . En passant de la ligne d'étage L=13 à la ligne d'étage L=14, la mort de Pierre Clastres (1931-1977) est une re- mort ∆ COURTE de la mort d'Alfred Métraux dans l'hyper-texte de Marcel Mauss @ 1972 (45∆ -> 55∆ -> 66∆ -> 78∆). La mort de Pierre Clastres fut un drame informel dans la vie de ses amis. Qui fut le plus grand ami " ethnologue professionnel, disciple de Mauss" de Pierre Clastres ? Michel Cartry (1931-2008). La mort de Michel CARTRY est une re-mort ∆ de la mort de Pierre Clastres qui s'est développée dans l'hyper-texte de Marcel Mauss. Il s'agit d'une re-mort à UN TROU [ Ø = 120∆ ]. Qui a eu la générosité de se loger dans ce

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"trou" à l'insu évidemment de tous les acteurs, à cent lieux d'imaginer que les pratiques anthropologiques dites religieuses pouvaient servir à quelque chose de REEL ?

Cf. " Le deuil et ses rites III" Textes réunis par Danouta LIBERSKI p 5 in " Système de pensée en Afrique noire" Cahier n° 13 - Ecole Pratique des Hautes Etudes (Section des Sciences Religieuses) - 1994.

Hypothèse : L'objectif d'une pratique dite religieuse ou dite laïque de type divinatoire est de "brouiller" les ATTRACTEURS FORMELS qui se déploient dans l'hyper-texte sémiologique d'une vie . Le "signifié" du discours divinatoire est certes fantasmagoriques, par contre , son "signifiant" vise un ordre de REEL que se doivent de questionner, de décrire et de vérifier sur des corpus historiques, l'anthropologie générale, l'ethnologie du divinatoire et la sociologie de l'histoire.

L'importance du concept de "drame formel":

Exercice : Vérifier que "développer un drame formel entre deux empereurs " est un microfait social "abstrait" capable de caractériser la majorité des empereurs du Haute- Empire romain ( 27 av JC - 192 ap JC) " .

Solution : Une personne sera dite OUI, lorsque la mort de son prédécesseur direct est un drame formel dans sa vie. Elle sera dite OUI OUI , lorsque la mort de son prédécesseur direct est un drame formel dans sa vie ainsi que la mort d'un de ses prédécesseurs indirects. Elle sera dite NON OUI , si la propriété est vérifiée que pour un prédécesseur indirect. Elle sera dite NON NON si elle n'est vérifiée pour personne. Dans le cas d'Auguste, on prendra pour prédécesseur direct CESAR ( 101- 44 av JC ) qui a eu pour prédécesseur SYLLA (138-78 av JC) . Il suffit que l'on ait un OUI ou un NON-OUI pour que la propriété soit vérifiée. Après cette recherche sur les empereurs du Haut empire, il suffit de produire la même recherche sur une suite de dynasties impériales de même longueur du Bas EMPIRE ou du SAINT_EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE . Si les résultats sont différents, on dispose d'un microfait social (abstrait).
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Note 20


[6] Oulipo, Atlas de Littérature potentiel, Gallimard 1981 [Extrait de textes] :

Texte de Jacques BENS:
"Le petit groupe de recherches de littérature expérimentale qui s'est constitué, en 1960, autour de François Le Lionnais et de Raymond QUENEAU sous le nom d'OUVROIR DE LITTERATURE POTENTIELLE , s'est jusqu'ici confiné dans un rôle technique, modeste mais essentiel. Ses premières définitions, ses premières professions de foi déclaraient, par exemple:

"Il y a deux littératures potentielles: une analytique et une synthétique. La LiPo analytique recherche des possibilités qui se trouvent chez certains auteurs sans qu'ils y aient pensé. La LiPo synthétique constitue la grande mission de l'OuLiPo: il s'agit d'ouvrir de nouvelles possibilités inconnues des anciens'' ( François Le Lionnais). Et Raymond Queneau précisait, pour lever toute dubitation à caractère "artistique": '' L'OuLiPo n'est pas un mouvement ou une école littéraire. Nous nous plaçons en déçà de la valeur esthétique, ce qui ne veut pas dire que nous en fassions fi.''

"Tout avait commencé autour des Cent mille milliards de poèmes, dont Raymond Queneau poursuivait la composition. Cette composition achevée, l'oeuvre fut saluée, par les OuLiPiens, comme la première œuvre de littérature potentielle. [...] . On peut admettre […] qu'une œuvre potentielle est une œuvre qui ne se limite pas à ses apparences, qui contient des richesses, qui se prête volontiers à l'exploration. On voit alors tout ce qui fait la potentialité des Cent mille milliards de poèmes : ce n'est pas seulement l'exemple, l'archétype qu'ils constituent, ce sont les quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf millions neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre vingt-dix sonnets qui se trouvent, inexprimés mais en puissance , dans les dix autres. Il faut encore remarquer qu'il était injuste de considérer les poèmes combinatoires de Queneau comme "la première œuvre de littérature potentielle", car la littérature potentielle existait avant la fondation de l'OuLiPo […]. En revanche, ce que l'on peut affirmer sans grand risque d'erreur, c'est qu'elle constitue la première œuvre de littérature potentielle consciente. Ou plutôt : concertée . Concertée, oui, je préfère, car Raymond Queneau n'a pas la réputation de laisser "l'inconscience" s'emparer de son écriture. Je crois, en réalité, que cette fondation de l'OuLiPo ne fut que l'épanouissement à l'air libre d'une longue série de recherches informulées, mais parfaitement clairvoyantes."

"Voilà vingt-cinq ans, Queneau déclarait déjà que le roman doit ressembler à un bulbe " dont les uns se contentent d'enlever la pelure superficielle, tandis que d'autres, moins nombreux, l'épluchent pellicule par pellicule " ( ''Volontés'', n°11, nov. 1938). Ces pelures intérieures constituent, sans aucun doute, un roman, ou un épisode, ou un fragment, tous également potentiels."

"[…]. Pour Queneau (je dis bien: pour lui ), il n'y a pas, ou peu, de littérature sans lecteur. C'est ce qu'a très bien senti Claude Simmonet qui écrit […]: " Il est essentiel que certains aspects du contenu ne soient qu'évoqués, allusifs, qu'ils n'existent qu'à l'intérieur du livre, comme des horizons que chacun pourra élucider à sa guise. L'important, c'est que le texte existe, s'impose par sa présence et résiste au lecteur. Cette résistance est un élément fondamental de l'art romanesque de Queneau, un des facteurs de l'objectivité du texte, de sa densité, et donc de sa beauté. […]. Un déguissement n'est drôle que si quelqu'un est là pour

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le découvrir. Le rôle du lecteur est donc capital. […]. Queneau le met dans son jeu, exige sa collaboration. Le caractère expérimental de sa conception de la littérature exige un témoin " [Claude SIMMONET, Queneau déchiffré, Julliard, 1962, pp.13-14].

"On voit bien que les mots "horizon", "résistance", "déguisement", "caractère expérimental" en dissimulent un autre, que Simonnet n'a pas écrit parce qu'il n'avait pas encore été inventé, mais vous le devinez à présent: c'est le mot potentialité. La littérature potentielle serait donc celle qui attend un lecteur, qui l'espère, qui a besoin de lui pour se réaliser pleinement.
[…].
Cependant, si nous revenons à nos moutons - je veux dire à notre oignon, nous nous rappellerons que le premier postulat de la potentialité, c'est le secret, le dessous des apparences, et l'encouragement à la découverte. Rien ne nous empêche alors de décider qu'il y a littérature potentielle si l'on dispose à la fois d'une œuvre résistante et d'un explorateur. Et nous abandonnerons illico le second membre de ce duo, puisque sur lui nous n'avons aucun pouvoir, pour nous attacher uniquement au premier, ressort, domaine et quote-part de l'écrivain conscient.
L'adjectif épithète "conscient" n'est pas revenu par hasard au bout de la phrase précédente. Il est destiné à éliminer les auteurs obscurs ou indéfinis, les hermétiques et les fous littéraires. Car les membres de l'OuLiPo n'ont jamais caché leur horreur de l'aléatoire, des cartomanciennes de salon et du ptit-bonheur-la-chance de bastringue: "L'OuLiPO, c'est l'anti- hasard" affirma un jour sans rire l'OuLiPien Claude Berge, ce qui ne laisse subsister aucun doute sur l'aversion qu'on a pour le cornet à dés.[…]."

"[…] j'aimerais répondre à une objection qui n'est venue, chemin faisant, à l'esprit. "On sait, se dira-t-on, on sait que Raymond Queneau construit ses romans avec une rigueur laborieuse et obstinée, sans pouvoir supporter de rien laisser au hasard (c'est lui qui l'affirme). Comment peut-on concilier une rigueur avec le vague, l'incertain, l'approximatif qui accompagnent nécessairement la potentialité ?"

"Je crois, en réalité, que la contradiction n'est qu'apparente. Ou, plutôt, il n'y a pas contradiction: c'est le problème qui est mal posé. Car l'écrivain n'a jamais prétendu qu'il déteste l'incertitude, mais l'incertitude née du hasard, ce qui n'est pas du tout la même chose. Il est probable qu'il admet les solutions multiples, dès lors qu'il en a lui-même déclenché le mécanisme, qu'il les propose, qu'il les conduit. Enfin, s'il arrive qu'une pelure de l'oignon n'apparaisse pas immédiatement (ou jamais) à tel désinvolte lecteur, que celui-ci ne s'en prenne pas au destin, mais à lui-même: les écailles du bulbe ne se cachent pas fortuitement l'une l'autre, c'est l'auteur en personne qui les a ainsi disposée, afin qu'on ne les découvre que petit à petit, et en cherchant bien" .

Jacques BENS,''Littérature Potentielle'', L'ARC n°28 repris dans OULIPO, Atlas de littérature potentielle, Editions Gallimard, 1981 .

Texte de Jacques ROUBAUD:

'' Le premier manifeste de l'OULIPO introduit, en opposition à ''l'inspiration'', le concept oulipien opératoire de contrainte: '' Toute œuvre littéraire se construit à partir d'une inspiration (c'est du moins ce que son auteur laisse entendre) qui est tenue à s'accommoder tant bien que mal d'une série de contrainte et de procédures qui rentrent les unes dans les autres comme des poupées russes. Contraintes du vocabulaire et de la grammaire, contraintes des règles du roman... ou de la

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tragédie classique... contraintes de la versification générale, contrainte des formes fixes (comme dans le cas du sonnet...), etc. F. LE LIONNAIS, "Premier manifeste", in Oulipo .. p 20]''
et pose pour but à l'OULIPO la recherche des contraintes à l'œuvre dans certaines œuvres anciennes ou extérieures quoique contemporaine à l'OULIPO (plagiaires dans l'instant et par anticipation): c'est l'anoulipisme ; la mise en chantier de ces ou de nouvelles contraintes dans des œuvres oulipiennes: c'est le synthoulipisme . Le statut de la contrainte est donc fondamental. […]. Choisissons comme exemple, Queneau lui-même nous y invite, qui le cite en premier dans son exposé sur la littérature potentielle, le lipogramme: un texte lipogrammatique est un texte où manque, pour quelque raison que ce soit, une ou plusieurs lettres de l'alphabet au moyen duquel il est écrit […]. ''

Jacques ROUBAUD, Critique n°359, 1977 repris dans OULIPO, Atlas de littérature potentielle, Editions Gallimard, 1981 .

Note 21
[7] Georges REMI (1907-1983) dit Hergé a créé Tintin et Milou le 10 janvier 1929. Après avoir envoyé son héros "Au Pays des Soviets" (1929-1930) à la suite d'une aventure naïve, bête et méchante, qui ne sera pas retenue dans les 22 albums couleurs des Editions Casterman, il l'envoie (de 1930-1931) au Congo puis en Amérique (1931-1932). Ce n'est qu'en 1942, en pleine seconde guerre mondiale, que les Editions Casterman vont demander à Hergé de préparer des albums couleurs de 62 pages ce qui obligea celui-ci à recomposer les albums noirs et blancs des aventures de Tintin déjà parues pour qu'ils s'intègrent dans cette nouvelle collection. C'est ainsi que 22 albums des Aventures de Tintin, tous en couleur et de 62 pages, paraîtront de 1944 à 1976 aux éditions Casterman.

On peut penser que c'est grâce à la contrainte Casterman des 62 pages que s'est développé le jeu formel, si ce n'est obsessionnel, des albums d'Hergé.

Cette contrainte aussi structurante, certainement, que le refus de faire apparaître la lettre [e] dans le roman lipogrammatique de Georges PEREC, La disparition [ Ed. Denoël, 1969], a, certainement, exigé d'Hergé une forte réorganisation de sa pulsion graphique et narrative. Elle lui a imposé l'espace matriciel d'un décompte qu'il a partagé initialement avec son collaborateur et ami E.P. Jacobs. Il a été obligé de compter une à une les cases déjà dessinées en noirs et blancs afin de les refondre pour réduire leur nombre et disposer chaque dessin de façon harmonieuse dans l'espace plus réduit des nouveaux albums Casterman.

La contrainte des 62 pages, bien qu'imposée de l'extérieur par Casterman, est certainement une des grandes contraintes oulipiennes de l'œuvre tintinesque d'Hergé. Elle n'a pu qu'influer sur le rythme narratif et graphique propre à la vie et à l'oeuvre d'Hergé, et prendre formellement, la place et l'influence, mutatis mutandis , que la recherche plus savante de Raymond Queneau [1903-1976] sur les suites s-additives (° ) ou sur les hyper-premiers (° °) entrainait dans la vie et la pensée théorique de ce dernier.

(° ) Les Suites s-additives de Raymond QUENEAU : Ce sont les suites S de nombres entiers distincts engendrés à partir d'une base initiale de 4 nombres entiers distincts de telle manière que le n+1 ième terme de la suite (à partir de n=4) soit le plus petit nombre égal à la somme écrite seulement de deux façons différentes à l'aide de deux nombres choisis parmi quatre nombres distincts de la suite S inférieurs à n+1. Exemple: Si les quatre entiers initiaux S={1,2,3,4,...} servent de base de la suite S, le 5 ième terme, après 4, sera 5 [car 5= 1+4= 2+3 ], le 6 ième sera 6 [car 6= 1+5= 2+4 ], le 7 ième sera 8 [car 8= 2 +6 = 3+

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5], le 8 ième sera 1O [car 10= 2+8=4+6], etc. Il faut exclure du début de cette suite S le nombre 7 et le nombre 9 car ils sont décomposables de trois manières différentes (3>2) à l'aide de 6 nombres distincts (6>4): [7= 4+3= 2+5= 6+1] et 9 [9= 1+8= 3+6= 4+5]. Le concept de suites s-additives de Raymond Queneau a été communiqué par André Lichnerowicz à l'Académie des Sciences en 1968.

(° °) Les nombres hyper-premiers de Raymond QUENEAU: Un nombre hyperpremier à droite (resp. à gauche) est un nombre premier écrit en numération décimale et tel que si on retranche un ou plusieurs chiffres consécutifs en partant de la droite (resp. de la gauche), la partie restée intacte est toujours un nombre premier (On accepte, par convention, de considérer 1 comme un nombre premier). Le plus grand hyperpremier à droite connu est 1 979 339 339; le plus grand hyperpremier à gauche connu est 12 953. Enfin il existe des nombres hyperpremiers simultanément à droite et à gauche comme 3 137. " Cf. p 37 Oulipo, Atlas de littérature potentielle, op. Cit.

Note 22
[8] En particulier, Kurt GÖDEL [1906-1978] et Raymond QUENEAU [1903-1976] qui furent en mathématiques et en littératures fascinés par le projet de David HILBERT[1862- 1943] de réécriture formelle des mathématiques. Si Kurt GÖDEL a dès 1930 démontré ( à son grand étonnement) que le projet d'Hilbert n'était pas possible, Raymond QUENEAU n'a pas pu arrêter sa lancée. Il a précisé, dans ses écrits sur les mathématiques, sa position enthousiasme vis à vis du développement de l'axiomatique en France (R. QUENEAU, La Place des mathématiques dans la classification des sciences,1948; Bourbaki et les mathématiques de demain,1962) qu'il a utilisée de façon esthético-fantastique (un Fondement de la Littérature d'après David HILBERT, Bibliothèque oulipienne, n°3, 1976).

En développant (de façon ludique) le projet axiomatique d'Hilbert à la Littérature. Raymond QUENEAU le fit dans l'envolée linguistique (réformiste attentive aux langues parlées) et la montée en force du groupe ''Nicolas BOURBAKI'' fondé en France en 1933 . Véritable filiale française du projet hilbertien devenu politiquement incontournable en France au niveau des institutions de l'enseignement et de la recherche, le Groupe BOURBAKI fit paraître à partir de 1940 ''Les éléments de Mathématiques (une réécriture monumentale de toutes les mathématiques fondée sur le langage de la théorie des ensembles), puis les Eléments d'histoire des mathématiques,1969. Une des caractéristiques idéologiques de cet élan français du projet Hilbertien s'est de s'être propagé après la seconde guerre mondiale à une époque où les résultats logico-mathématiques de SKOLEM [1922] et de GÖDEL [1930] avaient déjà condamnés le projet d'Hilbert . Il y a ici un phénomène historique d'une grande importance. De grands mathématiciens ont développé à partir de 1940 une idéologie pédagogique et sociale qui s'appuyaient sur un projet mathématique qu'Hilbert avait énoncé en 1900 en minimisant des travaux logico-mathématiques incontestables qui démontraient l'impossibilité de ce projet. Ceci c'est fait comme s'il fallait, à cette époque en France, envers et contre tout - chaque intelligence étant comme obnubilée par l'idée-force d'une reconstruction nationale planifiant une nation comme une immense entreprise- s'accorder un ''arrêt de penser'' pour de ne pas trop remettre en question (avec des détails épistémologiques découverts en 1930) les grandes lignes sociales et pédagogiques de la reconstruction européenne.

De façon plus ponctuelle, il y a deux points existentiels commun entre Hergé et Queneau, c'est la fascination qu'ils eurent l'un et l'autre pour leur date de naissance et, par conséquence, pour l'astrologie. Hergé expliqua la fascination qu'il avait du nombre 22 par le

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fait qu'il était né un 22 [ le 22 mai 1907]. Raymond Queneau explique, de son côté, le choix qu'il fit du nombre 91 que l'on trouve dans son roman Le Chiendent [1933]:

" Il m'a été insupportable de laisser au hasard le soin de fixer le nombre des chapitres de ces romans [Le Chiendent , Gueule de Pierre et Les Derniers Jours]. C'est ainsi que Le Chiendent se compose de 91 (7 x 13) sections, 91 étant la somme des treize premiers nombres et sa "somme" étant 1 [ 9+1= 10=1+0=1], c'est donc à la fois le nombre de la mort des êtres et celui de leur retour à l'existence, retour que je ne concevais alors que comme la perpétuité irrésoluble du malheur sans espoir. En ce temps-là, je voyais dans 13 un nombre bénéfique parce qu'il niait le bonheur; quant à 7, je le prenais, et puis le prends encore comme image numérique de moi-même, puisque mon nom et mes deux prénoms se composent chacun de sept lettres et que je suis né un 21 (3 x7). […]. Des raisons tout aussi personnelles firent que le signe zodiacal (et zoologique) de Gueule de Pierre fut celui des Poissons: je suis né sous ce signe [...]. " Raymond QUENEAU, "Techniques du roman" in Bâtons, chiffres et lettres, Gallimard 1965. [C'est nous qui soulignons].

Un tel texte montre combien chez Queneau le désir de formalisation est étroitement lié au désir de maîtriser et d'explorer des générateurs sémantiques.

A la différence de QUENEAU [1903-1976], HERGE [1907-1983] n'avait aucune culture mathématique. Les contraintes oulipiennes (hilbertiennes et bourbachiques) des Editions Casterman de 1940 n'ont pas trop fait muter ses obsessions langagières liées plus naïvement au nombre 22, obsession qu'il déploya avec la naissance fameuse de Tintin et Milou en 1929/1930 alors qu'il avait 22 ans. Or en 1929/1930 c'est l'époque même où GÖDEL dévoile coup sur coup ses deux fameux théorèmes: La complétude de la logique formelle (qui va dans le sens du projet de Hilbert) [1920/1930] et l'incomplétude de l'arithmétique formelle, [1930/1931] (qui produit un coup d'arrêt au projet d'Hilbert). Hergé est ainsi, mutatis mutandis , plus proche de Kurt GÖDEL dès lors qu'en démarrant son oeuvre sur l'année 1929 il est moins vulnérable à la relance de l'après 1942 (bien qu'elle fut pour lui essentielle par le biais de CASTERMAN). Par contre, Raymond QUENEAU, qui n'a pas les outils de GÖDEL (qui lui permettent de travailler contre son propre désir) va dans la lancée de BOURBAKI être plus sensible à la relance de l'après guerre. Ainsi est-il plus vulnérable qu'Hergé aux idéaux formels de l'après-guerre dès lors que nous faisons l'hypothèse qu' au niveau des effets des institutions et des pressions économiques et politiques sur les espaces du langage, ils sont les uns et les autres pris dans les mêmes tourmantes (HERGE, GODEL, BOURBAKI, CASTERMAN, HILBERT, MARSHALL, QUENEAU, KEYNES).

Raymond Queneau comme Georges Remi (Hergé), essayèrent ainsi par delà les années 1929- 1930-1938-1940-1946, l'un et l'autre, de développer, à partir de leur propre force, en s'appuyant sur la manipulation consciente ou inconsciente d'idéalités numériques, une HARMONIE. Cette HARMONIE n'était autre qu'une Harmonie supplétive de celle rêvée par les idéologies scientifiques du XVIII° siècle et du XIX° siècle. Chacun essayait de réaliser pour son compte, au moins à l'intérieur de son oeuvre, le désir général et grandiose d'une Harmonie universelle, celle de l'histoire de la modernité. Et ceci, par delà l'effondrement trop évident dans les années 1929, 1938 et 1940-1945 de l'idéal économique et social d'Harmonie que propageaient aussi bien les théories libérales du marché que l'économie planifiée des sociétés communistes.

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Voilà comment Queneau nous parle de ce désir moderne d'Harmonie au bout de son histoire dans le grand attracteur d'Hilbert :

''Il n'y a plus de règles depuis qu'elles ont survécu à la valeur. Mais les formes subsistent éternellement. Il y a des formes du roman qui imposent à la matière proposée toutes les vertus du Nombre et, naissant de l'expression même et des divers aspects du récit, connature22lle à l'idée directrice, fille et mère de tous les éléments qu'elle polarise, se développe une structure qui transmet aux oeuvres les derniers reflets de la Lumière Universelle et les derniers échos de l'Harmonie des Mondes. " Raymond QUENEAU, [dernier paragraphe de ] "Techniques du roman", op. cit., 1965. [C'est nous qui soulignons].

Les pyramides tarotiques de l'oeuvre toute naïve d'Hergé semblent dire la même chose en déployant en guise de commentaire la violence de leur secret.

FIN DES NOTES



ANNEXE III : Recherche sur les rêves dans le corpus tintinesque d'Hergé La pulsion 22° d'Hergé, l'exemple des 22 images de rêve de Tintin.

Recherche sur les propriétés "cristallines" [fractales] du corpus signifiant d'Hergé.

Remarque: J'appelle dans cette recherche "pyramidal" un nombre TRIANGLE ±1 et/ou CIBLE ±1 soient dans l'ordre croisant ∆-1, ∆ à droite , ° et * à gauche. Exemple: 9∆-1, 10∆, 11° et 12* forment les quatre nombres pyramidaux (∆/°)±1 de base N=4 passant de la ligne L=4 pour 9 et 10 à la ligne L=5 pour 11 et 12.

Rappel : Il sera quelque fois question du concept d'ARBRE DE GEBELIN . C'est un ensemble Pn + 4 avec un QUATRE SUR-NUMERAIRE appelé les QUATRE GARDES. Historiquement, c'est Antoine Court de Gébelin qui présenta les dessins des 78 lames du Tarot de Marseille en les réduisant à un ensemble de 26 dessins formé des dessins des 22° lames majeures et des dessins des 4° lames mineures. Le découpage actuel des REGIONS en France se développe sur un arbre de Gébelins où les 4 gardes sont les régions d'outre-mer. L'arbre de Gébelin du tarot de Marseille est formé des CINQ LIVRES FORMELS du Tarot ( les cinq ensembles de lames qui disposent d'une première lame, Les majeures avec la lame 1 "Le Bateleur", et les quatre couleurs avec pour lame 1 les quatre AS. ): le livre OUVERT des 22 majeures et les QUATRE livres fermés des quatre couleurs.

J'appelle sur-acteur d'un nombre quelconque X, le nombre ∂ égal à la valeur absolue qu'il y entre ce nombre X et le nombre CIBLE le plus proche. Exemple: le sur-acteur de 6 est ∂=1 car /7° -6/= 1 . Le sur-acteur de 82 est ∂=3 car /79°-82/= 3. Je connaissais, lorsque j'ai réalisé cette recherche sur Hergé, la loi formel des textes sacrés: " Le suracteur de la valeur L+C d'un texte sacré est pyrangulaire ajusté" [ c'est-à-dire soit TRIANGLE soit CIBLE]. Exemple: La valeur de L est le nombre de livres formels d'un corpus sacré ( un livre formel rassemble une seule suite de chapitres numérotés de 1 à n ). La valeur de C est le nombre de découpages formels d'un livre formel. C'est le nombre n de la suite n.

à Henry CORBIN, à Alicia CORIOLANO, à Karen DETTON.

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* L’attracteur Pn d'Hergé. Les 22° images visuelles des 7° rêves de Tintin.

-> Hergé a fait rêver Tintin 7° fois dans ses 22° albums en couleurs. Ces 7 rêves ont été illustrés par Hergé à l'aide de 22° images visuelles de rêve. Il y a donc autant d'images visuelles de rêves que d'albums en couleurs. Nous avons dans le signifiant graphique d'Hergé de façon répétitive les nombres 22 et 7 . Ces deux nombres sont tous les deux des nombres dits "CIBLE" de la forme Pn= " (n) (n+1)+1 pour le nombre entier n qui peut servir de base à la partie triangulaire ∆n d'une PYRAMIDE de type géomantique: Pn= ∆n +1 . Faisons la liste chronologique des 7 rêves et des 22 images que l'on trouve dans les 22 albums en couleurs :

à Rachel COVO, à " Arthur" [ CHEVILLOT], et à Yoël DETTON,

1. Image d'Anubis et d'Osiris-Pharaon in ''LES CIGARES DU PHARAON'', Album 3, page 9-image 7, rêve n°1.
2. Image de Dupont, Dupond et de Philémon Siclone in ''LES CIGARES DU PHARAON'',
Album 3, p9-image8, rêve n°1.
3. Image de Tintin porté par le masque de Milou et de Rastapopoulos et de Tintin bébé pleurant sous l'oeil de Philémon Siclone in ''LES CIGARES DU PHARAON'', Album 3-p9-image9, rêve n°1.
4. Image de Tintin à la fenêtre d'une maison en flamme in "LE CRABE AUX PINCES D'OR",
Album 8, p19-im 15, rêve n°2.
5. Image de Tintin regardée par Haddock à la recherche d'une bouteille in "LE CRABE AUX PINCES D'OR", Album 8, p 32-im 9, rêve n°3.
6. Image de Tintin transformé en bouteille regardée par Haddock et Milou in "LE CRABE AUX PINCES D'OR", Album 8, p 32-im10, rêve n°3.
7. Image de Tintin hurlant débouché par Haddock in ''LE CRABE AUX PINCES D'OR'', Album8, p32-im11, rêve n°3.
8. Image de Tintin se réveillant en rêve au bruit d'un gong in ''L'ETOILE MYSTERIEUSE'',
Album 9-p9-im1, rêve n°4.
9. Image de Tintin voyant le prophète Phillipulus taper sur un gong in ''L'ETOILE MYSTERIEUSE'',
Album 9-p9-im2, rêve n°4.
10.Image de Tintin demandant à Phillipulus "Par où êtes vous entré ?" in "L'ETOILE MYSTERIEUSE'',
Album 9-p9-im3, rêve n°4.
11.Image de Tintin demandant à Phillipulus de sortir in ''L'ETOILE MYSTERIEUSE'', Album 9-p9-im4, rêve n°4.
12.Image de Phillipulus assommant Tintin in '' L'ETOILE MYSTERIEUSE'', Album 9-p9-im5, rêve n°4.
13.Image de Phillipulus montrant à Tintin l'affiche bleue CIEL d'une énorme araignée in ''L'ETOILE MYSTERIEUSE'', Album 9 -p9-im6, rêve n°4.
-> La 7ème case de rêve de l'Etoile mystérieuse contient une image sonore [Album 9 -p8 im6]

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14. Image de Tintin et de Milou dormant paisiblement dans une chambre in ''LES 7 BOULES DE CRISTAL'', Album 12-p32-im7, rêve n°5.
-> Il s'agit à la fois d'une image qu'Hergé offre à la vision (externe au rêve de Tintin) du lecteur de "Quelques heures plus tard" et l’image que Tintin a en rêve de la vision (interne au rêve de Tintin) que RASCAR CAPAC [non visible] a en pénétrant dans la chambre où Tintin et Milou dorment . La métaphrase écrite en haut de la case par Hergé est de 22 lettres:"QUELQUES HEURES PLUS TARD".
15. Image de Rascar Capac pénétrant dans la chambre de Tintin in ''LES 7 BOULES DE CRISTAL'',
Album 12, p32-im 8 , rêve n°5.
16. Image de Rascar Capac, enjambant la fenêtre, une boule de cristal à la main in '' LES 7 BOULES DE CRISTAL'', Album 12, p 32-im 9, rêve n°5.
17. Image dU VISAGE en gros plan de Rascar Capac, les doigts sur une boule de cristal in '' LES 7 BOULES DE CRISTAL'', Album 12, p 32-im10, rêve n°5.
18. Image de Rascar Capac levant la boule de cristal derrière sa tête in '' LES 7 BOULES DE CRISTAL'',
Album 12, p 32-im 11, rêve n°5.
19.Image de Rascar Capac lançant sur le sol une boule de cristal qui explose en éclats in '' LES 7 BOULES DE CRISTAL'',
Album 12-p32-im 12, rêve n°5.
20.Image de Tournesol, interrogeant son pendule, menacé par Huascar in "LE TEMPLE DU SOLEIL'',
Album 13-p23-im1, rêve n°6.
21. Image de Tintin, un livre à la main, un fusil en bandoulière, une biche dans le dos, Milou en laisse, interrogeant le capitaine Haddock à côté d'un minuscule Tournesol in '' LE TEMPLE DU SOLEIL'',
Album 13-p 23-im 1, rêve n°6.
22. Image de Tintin foudroyé par une langue de feu invoquée par Huascar in '' LE TEMPLE DU SOLEIL'',
Album 13-p23-im 3, rêve n°6.

Ø. -> Le 7 ième rêve de Tintin est un rêve à image sonore présenté par Hergé dans une case sans image visuelle de rêve: Tintin au Tibet, Album 19, p 2, im 7, rêve n°7.

Les 7° rêves de Tintin touchent 6∆ albums. Le TRIANGLE des 6 rêves visuels de Tintin touchent les CINQ albums en couleurs suivants : A3 [ rêve n°1] , A8 [ rêves n°2 et n°3] , A9 [ rêve n°4] , A12[ rêve n°5], A13 [ rêve n°6]. Il y a donc - a contrario - une pyramide de 16° d'albums en couleurs sans REVES de Tintin. On élimine de la collection des 22° albums en couleurs, les albums A3, A8, A9, A12, A13 et A19.

La PYRAMIDE DES 7° RÊVES DE TINTIN que Tintin a développé dans les 22° albums en couleurs a donc pour EXCUSE, le 7 ième rêve [ le rêve de l'album en couleurs 19] qui est un rêve SONORE non visuel. Il n'existe donc qu'un TRIANGLE de 6∆ rêves de Tintin mis en images "visuelles" par Hergé.

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* L’attracteur formel "22" d'Hergé. Les 22 images visuelles des 7 rêves de Tintin.
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1. Image d'Anubis et d'Osiris-Pharaon in ''LES CIGARES DU PHARAON'', Album 3, page 9-image 7, rêve n°1.

Dans une même case sont dessinées les deux images soit de deux rêves faits en parallèle par Milou et par Tintin soit du seul rêve de Tintin qui fait suite à la vision en imagination que cherche à fuir le seul Tintin. Selon la première hypothèse, Milou aurait produit un rêve. Celui de son alter-égo égyptien , Anubis. Dans le rêve de Milou évanoui aurait surgit l’image de rêve d’Anubis protecteur [parapluiie] regarderait le corps de Milou dans le rêve de Milou . En parallèle, dans le rêve de Tintin évanoui aurait surgit l’image de rêve d’Osiris protecteur [paume ] regardant le corps de Tintin dans le rêve de Tintin. La case 6 p 9 qui précède est donc essentielle. Dans cette cse , c’est bien le seul Tintin qui dit « Non ! Cela jamais », ce n’est pas Milou. Nous ferons donc l’hypothèse que les images de rêve qui suivent sont celles que Tintin cherche à fuir et qu’il réalise en rêve à la fois pour lui et pour Milou. Selon cette seconde hypothèse, il n’y aurait donc pas d’image de rêve de Milou [ on voit difficilement Milou rêvant à un Dieu-Chien ayant une main et non une patte portant un parapluie]. Ce qu’Hergé a dessiné dans ses albums, ce ne sont pas des images de rêve de Milou. Ce sont de simples illustrations des désirs idéalisés [ des rêves désirés] à l’état de veille par Milou.

Dans les images du premier rêve de Tintin , Hergé a bien illustré les préoccupations de rêve de Tintin. Tout d’abord, l’affaire criminelle des Cigares aux mains des deux policiers , la présence énigmatique du savant égyptologue . Hergé au nom de Tintin (et non de Milou) a utilisé l’écriture des hiéroglyphes pour signaler les préoccupations de Tintin : « Les deux Dupondt sont sur la trace du mystère des CIGARES DU PHARAON ». Enfin, le thème de la mort et de la renaissance de Tintin sous le masque de Milou . Les différents thèmes

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dessinés dans ce premier rêve de Tintin sont les préoccupations de Tintin, non celle de Milou., La première image de rêve de Tintin est cependant très particulière puisque Tintin rêve à la fois pour lui-même comme si Osiris apparaissait dans son rêve et pour son compagnon Milou, comme si Anubis apparaissait dans le rêve de Milou. Parmi les 22 images de rêve qui illustrent les 7 rêves de Tintin, une suite de sept définitions en étage apparaît facilement puisqu’il y a 1 rêve sans image visuelle, 1 rêve à 6 images visuelles, 1 rêve à 5 images visuelles, 1 rêve à 4 images visuelles, 1 rêve à 1 image visuelle et 2 rêves à 3 images visuelles. Il faut donc mettre en EXCUSE une des deux fois trois images visuelles. Nous choisirons pour EXCUSE des 22° images de rêve de Tintin la première image qui conduit Tintin drogué – à son corps défendant - à rêver plus par Milou –déjà endormi - que par lui- même – non encore endormi.
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2. Image de Dupont, Dupond et de Philémon Siclone in ''LES CIGARES DU PHARAON'', Album 3, p9-image8, rêve n°1.

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3. Image de Tintin porté par le masque de Milou et de Rastapopoulos et de Tintin bébé pleurant sous l'oeil de Philémon Siclone in ''LES CIGARES DU PHARAON'', Album 3-p9-image9, rêve n°1

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4. Image de Tintin à la fenêtre d'une maison en flamme in "LE CRABE AUX PINCES D'OR", Album 8, p19-im 15, rêve n°2.

5. Image de Tintin regardée par Haddock à la recherche d'une bouteille in "LE CRABE AUX PINCES D'OR", Album 8, p 32-im 9, rêve n°3.

6. Image de Tintin transformé en bouteille regardée par Haddock et Milou in "LE CRABE AUX PINCES D'OR", Album 8, p 32-im10, rêve n°3.

7. Image de Tintin hurlant débouché par Haddock in ''LE CRABE AUX PINCES D'OR'', Album8, p32-im11, rêve n°3.

8. Image de Tintin se réveillant en rêve au bruit d'un gong in ''L'ETOILE MYSTERIEUSE'', Album 9-p9-im1, rêve n°4.

9. Image de Tintin voyant le prophète Phillipulus taper sur un gong in ''L'ETOILE MYSTERIEUSE'', Album 9-p9-im2, rêve n°4.

1O. Image de Tintin demandant à Phillipulus "Par où êtes vous entré ?" in "L'ETOILE MYSTERIEUSE'', Album 9-p9-im3, rêve n°4.

11. Image de Tintin demandant à Phillipulus de sortir in ''L'ETOILE MYSTERIEUSE'', Album 9-p9-im4, rêve n°4.

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12.Image de Phillipulus assommant Tintin in '' L'ETOILE MYSTERIEUSE'', Album 9-p9- im5, rêve n°4.
13.Image de Phillipulus montrant à Tintin l'affiche bleue CIEL d'une énorme araignée in ''L'ETOILE MYSTERIEUSE'', Album 9 -p9-im6, rêve n°4.
-> La 7ème case de rêve de l'Etoile mystérieuse contient une image sonore [Album 9 -p8 im6]

14.Image de Tintin et de Milou dormant paisiblement dans une chambre in ''LES 7 BOULES DE CRISTAL'', Album 12-p32-im7, rêve n°5.
-> [Il s'agit à la fois d'une image qu'Hergé offre à la vision (externe au rêve) du lecteur de "Quelques heures plus tard" que la vision (interne au rêve de Tintin) que RASCAR CAPAC [non visible] a en pénétrant dans la chambre où Tintin et Milou dorment ] ->La métaphrase écrite en haut de la case par Hergé est de 22 lettres:"QUELQUES HEURES PLUS TARD".
15. Image de Rascar Capac pénétrant dans la chambre de Tintin in ''LES 7 BOULES DE CRISTAL'', Album 12, p32-im 8 , rêve n°5.
16. Image de Rascar Capac, enjambant la fenêtre, une boule de cristal à la main in '' LES 7 BOULES DE CRISTAL'', Album 12, p 32-im 9, rêve n°5.
17.Image dU VISAGE en gros plan de Rascar Capac, les doigts sur une boule de cristal in '' LES 7 BOULES DE CRISTAL'', Album 12, p 32-im1O, rêve n°5.
18. Image de Rascar Capac levant la boule de cristal derrière sa tête in '' LES 7 BOULES DE CRISTAL'', Album 12, p 32-im 11, rêve n°5.
19.Image de Rascar Capac lançant sur le sol une boule de cristal qui explose en éclats in '' LES 7 BOULES DE CRISTAL'', Album 12-p32-im 12, rêve n°5.

2O. Image de Tournesol, interrogeant son pendule, menacé par Huascar in "LE TEMPLE DU SOLEIL'', Album 13-p23-im1, rêve n°6.
21. Image de Tintin, un livre à la main, un fusil en bandoulière, une biche dans le dos, Milou en laisse, interrogeant le capitaine Haddock à côté d'un minuscule Tournesol in '' LE TEMPLE DU SOLEIL'', Album 13-p 23-im 1, rêve n°6.
22. Image de Tintin foudroyé par une langue de feu invoquée par Huascar in '' LE TEMPLE DU SOLEIL'', Album 13-p23-im 3, rêve n°6.

-> Le 7 ième rêve est un rêve à image sonore présenté par Hergé dans une case sans image visuelle de rêve: Tintin au Tibet, Album 19, p 2, im 7, rêve n°7.

LE SYSTEME DES REVES DES ALBUMS DE TINTIN:

1.- Tintin a rêvé 7° fois sur 22° images visuelles de rêve au cours de ses 22° aventures en couleur .

2.- Les 7 rêves de Tintin s'organisent à l'intérieur d'une PYRAMIDE de base 3 composée d'un triangle de 3 étages et d'un lieu excentré [EXCUSE] . Chacune des 4 catégories de la pyramide est définie distinctement en tenant compte du nombre d'images oniriques utilisées pour chacun des rêves .

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à Ariane DUPUY, à Marcelo COVO et à Marina CORIOLANO-LYKOUREZOS,

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3. -Il y a 2° rêves de Haddock qui s'expriment à l'aide de 4° cases à images visuelles. = 4 cases

Dans les images de rêve de Haddock, il y a 1 rêve à 1 image de rêve et une image externe au rêve [ l’image de Haddock dormant ] que l’on mettra en EXCUSE et il y a 1 rêve à 3 images de rêve que l’on mettra en TRIANGLE

4.- Les 22 cases d'image visuelle de rêve de Tintin et les 4 cases d'image visuelle de rêve du Capitaine Haddock forment l'ARBRE DE GEBELIN DES IMAGES VISUELLES DE REVE DE TINTIN ET DE SON AMI LE CAPITAINE HADDOCK: 22 MA + 4 MI .

5.- L'arbre de Gébelin des images de rêve de Tintin et de Haddock fait appel à 9 rêves ( ∆-1) . Y-aurait-il un défaut pyramidal dans le nombre de rêves à l'échelle de la Galaxie Tintin ? Il existe encore un rêve produit par un des 22 (futurs) grands morts des Aventures de Tintin (Mitsuhirato). C'est un rêve à image graphique qui tient dans une case avec bulle. LA GALAXIE TINTIN DES REVES est donc de 10 ∆ rêves.

6.- Les 10 ∆ rêves de la GALAXIE TINTIN se développent sur 28 ∆ cases à images visuelles.

->Le système des rêves de la GALAXIE TINTIN est donc doublement attracté sur le nombre pyramidal TRIANGLE des rêves et le nombre pyramidal TRIANGLE des cases à images visuelles.

S’il y a un triangle de 10∆ rêves mis en scène dans les 22 albums en couleurs des aventures de Tintin, n’y aurait-il pas une EXCUSE ? L’Excuse du rêve de Milou . Avec le rêve de Milou joué au début du premier rêve de Tintin, Les images de rêve de Tintin peuvent très bien se développé au moins initialement dans l’espace de rêve de Milou qui sombre dans un sommeil profond bien avant Tintin qui continue à lutter contre le sommeil. Si ANUBUS apparaît avant OSIRIS c’est que Tintin rêve dans l’espace de rêve de Milou avant de rêver dans l’espace de son propre rêve. Que Milou rêve appartient à la narration d’Hergé. Hergé a dessiné dans Tintin au pays des Soviets un rêve de Milou ( ce qui laisse à penser que Milou n’est pas un chien, mais une des fonctions jumelles de Tintin - La petite Marie Louise masquée du jeune Georges Remi - .

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7.- Puisqu'il y a deux cases supplémentaires à image sonore de rêve [ La 7 ème cases du quatrième rêve et la 1ère et unique case du 7ème rêve], la TETRAKTYS des 10 rêves de la GALAXIE TINTIN fait appel à un nombre pyramidal ETOILE (non triangulaire) de 30* cases [ 28 ∆ visuelles + 2° sonores].

LE PSEUDO-CORPUS VISUEL DES REVES DE LA GALAXIE TINTIN (en unités C+V):
10 ∆ 28 ∆ 38* 37°(BASE 8) ∂ = -1 ∆

LE PSEUDO-CORPUS DES REVES DE LA GALAXIE TINTIN (en unités C+V):
10 ∆ 28 ∆ + 2° 40 37°(BASE 8) ∂ = -3 ∆

-> Le suracteur des deux pseudo-corpus sont TRIANGLE.

TINTIN AU PAYS DES SOVIETS ET TINTIN ET L'ALPH-ART ( Les deux nuages de Magellan qui entourent la GALAXIE TINTIN ):

LA PRE-GALAXIE (Le grand nuage) :

9.- Hergé a produit une seule image de rêve dans TINTIN AU PAYS DES SOVIETS. Il s'agit de l'unique rêve de Milou p 117 case 5 [ Milou après avoir bu trop de champagne avec Tintin, et ayant "mal au coeur", rêve qu'il est sujet au " mal de mer" emporté sur la mer dans une barque ] .

10.- A l'échelle des 23* premiers albums des aventures de Tintin (LE PRE-UNIVERS TINTIN), la pulsion de rêve d'Hergé développe une pyramide de 11° rêves s'organisant sur une pyramide de 29° cases à images visuelles de rêves dont le rêve NOIR ET BLANC de Milou est l'EXCUSE. -> La distinction "visuel/ non visuel " dans le système des 31 cases à rêve à images visuelles ou sonores fonctionne comme une FLAMME : 29° + 2° = 31 ≠ .

LA POST-GALAXIE ( Le petit nuage):

11.- TINTIN ET L'ALPH-ART est le seul album qui semble d'emblée être emporté dans un problème de rêve. L'aventure commence au chateau de Moulinsart par un cauchemar . Il s'agit d'un rêve qui enjambe deux pages. Il s'agit du rêve resté NOIR ET BLANC du Capitaine HADDOCK.

12.- Le dernière rêve de l' UNIVERS TINTIN se développe sur 2 folios et 8* (ou 9≠) cases [ six cases à images visuelles de rêve [ Le POC graphique du pic-vert s'étant transformé en un TOC graphique de rêve] et 2 ou 3 cases à image sonore de rêve [ "A MOI!! A MOI!! AU SECOURS !! + NON ! NON! ... (avec le folio 1a) + N C... (avec le folio 2a)]. Avec l'album inachevé de TINTIN ET L'ALPH-ART, Haddock a donc fait 3∆ rêves .

13. Le développement des 3 rêves de Haddock se fait donc sur 12* ( ou 13 ≠) cases : 10 ∆ cases à images visuelles de rêve et 2° (ou 3 ∆) cases à images sonores de rêve. -> La FLAMME visuel/ non visuel sur le corpus des rêves de Haddock fonctionne également comme sur le corpus des rêves de Tintin: 10∆ + 2° (ou 3 ∆) = 12* (ou 13 ≠) .

[Dans TINTIN ET L'ALPH-ART, le Capitaine Haddock se débat avec une telle force en hurlant pour échapper à l'emprise de son cauchemar qu'il arrive presque à faire taire la dernière

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Paragramme: Tout se passe comme si la pulsion pyramidale des rêves du PRE-UNIVERS TINTIN s'achevait dans une vraie tourmante associée aux deux interdits triangulaires: celui du cycle solaire 12* et celui du cycle lunaire 13*.

Georges REMI ne viendrait-il pas projeté un cycle solaire en unités rêve dans un calendrier lunaire en unité pages ?

Si tel étail le cas, le système des algorithmes déploierait du CORPUS DES IMAGES AU CORPUS DES ALGORITHMES la structure fantasmatique en double du PREMIER REVE DE LA GALAXIE TINTIN : la mort de Tintin/adulte et la renaissance de Tintin/bébé ... Milou (ANUBIS) ne serait-il pas dans le CORPUS DES REVES, le gardien pré-galaxique du premier rêve galaxique de TINTIN que réalise le système des algorithmes dans l'agonie même de Georges Remi à l'intérieur de l'univers fictif Tintin ... ?

-> Le PREMIER REVE de barque DU PRE-UNIVERS TINTIN -le rêve de Milou- pourrait être un rêve prémonitoire (un songe) : une anticipation de la scène des barques-sarcophages jetés à la mer dans CIGARES DU PHARAON .

16. -Avec TINTIN ET L'ALPH-ART, la pulsion pyramidale des rêves s'affole:

-> Tout se passe comme si le boussole pyramidal du registre des rêves s'affolait en superposant une forme [de passage] à un contenu [de passage] . En logeant son propre espace langagier de passage du monde de la réalité au monde des songes dans l'autre espace métalangagier de passage qui va du monde de la vie (dans la mort héraclitéïenne des dieux) au monde de la mort (dans la vie héraclitéïenne des dieux), du monde du fantasme au monde de la forclusion, du monde de l'UNIVERS TINTIN au monde de l'UNIVERS FICTIF TINTIN, le rythme pyramidal s'achève et s'affole comme l'aiguille d'une boussole logée au pôle nord.

-> Le corpus galaxique des images de rêve de TINTIN condamné à la couleur est par contre surchargé d'indices pyramidaux. La pulsion 22 s'y déploie avec une insistance quasi- délirante: PROPRIETES DES PLANCHES DES REVES DE LA GALAXIE TINTIN

Liste des 22 personnages différents qui apparaissent dans les 22 images visuelles de rêve de Tintin (16° personnages A NOM et 6 ∆ personnages SANS NOM):

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Le troisième rêve est un rêve parlé présenté en 3 images.
Le Crabe aux Pinces d'or, album 8, p32:
Tintin se voit transformé en Bouteille de Vieux Bourgogne que tend à déboucher Haddock.

5. Première image du troisième rêve de Tintin [ Album 8-p32-image 9]. Tintin se voit en rêve au bord de la mer regardé par le Capitaine Haddock coiffé d'un chapeau de paille qui dit " Ah! ... Une bouteille de bourgogne !". Tintin se demande: "Où voit-il une bouteille ?"

6. Seconde image du troisième rêve de Tintin [Album 8-p32-image10]. Tintin étonné voit son corps devenu une bouteille de vieux Bourgogne, la tête à la place du bouchon. Milou jappe tout heureux. Haddock s'approche de la bouteille avec un tire-bouchon en disant: "Je vais la déboucher..".

7. Troisième image du troisième rêve de Tintin [Album 8-p32-image11]. Tintin hurle d'angoisse alors qu' Haddock le tient au cou (devenu le goulot de la bouteille) de la main gauche et essaye de lui planter la pointe du tire-bouchon dans la tête. Haddock a les dents dévoratrices et les pupilles des yeux devenues deux petites bouteilles.

Le quatrième rêve est un rêve parlé présenté en 6 images, plus une image sonore.
L'étoile mystérieuse, album 9, p 9: Rêve dans l'attente de la fin du monde annoncée par le prophète Philippulus qui présente en rêve à Tintin le châtiment : une immense Epeire diadème.

8. Première image du quatrième rêve de Tintin (A9-p9-im1). Tintin s'est endormi dans son fauteuil p 8. Il se réveille en rêve au bruit d'un gong "DONG".

9. Seconde image du quatrième rêve de Tintin (A9-p9-im2). Tintin voit le prophète Phillipulus habillé dans un beau drap blanc, dans sa pièce, en train de taper sur un gong.

1O. Troisième image du quatrième rêve de Tintin (A9-p9-im3). "Par où êtes vous entré ?" demande Tintin. "Les prophètes entrent où et comme ils le désirent" répond Phillipulus.

11. Quatrième image du quatrième rêve de Tintin (A9-p9-im4). Tintin se lève de son fauteuil en disant à la fois d'une façon "très poli" et très agressive dans ses gestes : "Monsieur le prophète, j'ignore par où vous êtes entré. Mais je sais bien par où vous allez sortir! .. Et tout de suite !.. "Ah ? Des menaces ? ..." rétorque Phillipulus.

12. Cinquième image du quatrième rêve de Tintin (A9-p9-im5). Phillipulus une affiche bleue enroulée à la main donne un coup du bâton au gond sur la tête de Tintin qui s'effondre assommé dans son fauteuil.

13. Sixième image du quatrième rêve de Tintin (A9-p9-im6). Tintindéroule l'affiche bleue et y voit étonné une énorme araignée noire et velue "grandeur nature"[1 x 1,5 m]. "Aha! ... Voilà le châtiment! Une énorme araignée !" dit Phillipulus.

[ Vient ici une image "sonore" non graphique de rêve: A9-p9-im7. Tintin se réveille en rêvant toujours "en parole" . Il dit sur l'image 7 p 9 "Allez-vous en! … Allez-vous en !", mais l'image de Tintin qu'a dessinée Hergé n'est pas une image révée. C'est une image de la réalité externe au rêve. ]

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Le cinquième rêve est un rêve silencieux présenté en 6 images.
Les 7 boules de cristal, album 12, p 32:
La momie de Rascar Capac pénètre dans la chambre où Tintin se trouve endormi et lance sur le sol une boule de cristal.

14. Première image du cinquième rêve de Tintin (A12-32-7). Tintin dort paisiblement dans sa chambre en compagnie de Milou [ C'est une image de rêve car il s'agit de la même image de Tintin endormi sur son oreillet que dans l'image suivante où Rascar Capac en rêve pénètre par la fenêtre ].

15. Seconde image du cinquième rêve de Tintin (A12-32-8 . En rêve Tintin devine Rascar Capac à la fenêtre. Tintin est ému ( 5 gouttes d'émoi entourent sa tête).

16. Troisième image du cinquième rêve de Tintin (A12-32-9). Rascar Capac passe par la fenêtre une boule de cristal à la main.

17. Quatrième image du cinquième rêve de Tintin (A12-32-1O). Gros plan de Rascar Capac ricannant les doigts sur la boule.

18. Cinquième image du cinquième rêve de Tintin (A12-32-11). Rascar Capac lève la boule derrière sa tête.

19. Sixième image du cinquième rêve de Tintin (A12-32-12). Rascar Capac lance sur le sol la boule qui explose dans un nuage de fumée en faisant DZING.

[Ce n'est qu'à la page suivante que lecteur apprend qu'il s'agit d'un rêve et que la fenêtre s'est ouverte sous l'action du vent. On apprendra ensuite qu'Haddock et Tournesol ont fait le même rêve. Mais ces 6 images de rêves dessinées par Hergé appartiennent au rêve de Tintin car Tintin s'y trouve représenté].

Le sixième rêve est un rêve parlé présenté en 3 images.
Le Temple du soleil, album 13, p23:
Images de Tintin , Milou, Haddock à la recherche du sacrilège Tournesol avec le risque mortel d'être foudroyé par le céleste feu des Incas

2O. Première image du sixième rêve de Tintin (A13-23-1). Tintin (hors rêve) voit en rêve Tournesol s'interroger au bord de la mer avec son pendule sur un bocal ayant un poisson rouge et "des fleurs d'inca" (nous dit Tournesol) constituées de feuilles vertes et de trois crânes colorés. Pendant ce temps, Huascar reconnaissable à son bracelet, portant un curieux chapeau rose, protégé par un bouclier vert et rouge s'apprête à lui lancer une lance dans le dos.

21. Seconde image du sixième rêve de Tintin (A13-23-2). "Excusez moi, monsieur l'Inca, mais avez-vous votre permis de chasse"? demande Tintin visible dans son propre rêve (un livre à la main, Milou en laisse, une biche dans le dos, un fusil en bandoulière) au capitaine Haddock habillé en Inca (avec le même chapeau et le même bouclier que l'Inca précédent). La scène se passe sur les 14 planches d'un théâtre d'où sort un arbre. En arrière un ciel bleu aux nuages roses et des paturages verts. Tournesol en petit sur les planches à droite

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à Aurélie DUPUY, à Isabela LORENZ et à Iason CORIOLANO-LYKOUREZOS,
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Les 22 étoiles dessinées sur les 22 images de rêve de Tintin . * La pulsion "22" d'Hergé.

Une Relation mystérieuse entre les 22 images de couvertures et les 22 images de rêves de Tintin.

LES ETOILES DANS LES 22 IMAGES DE REVES DE TINTIN: Hergé a dessiné 3 petites étoiles à 5 branches dans l'image 5 page 9 de l'album 9 "L'Etoile Mystérieuse" et 20 étoiles dans l'image 12 de la page 32 de l'album 12 "Les 7 boules de cristal" . Il a dessiné également 1 étoile de mer dans l'image 1 page 23 du "Temple du Soleil". Il y a donc en 1er degré de certitude 23* étoiles à 5 branches [dans l'ordre d'un symbolique interne à la représentation du rêve] et 1 étoile de mer [dans l'ordre d'une réalité interne au rêve] sur les 22° images de rêves des 7° rêves de Tintin .

LES ETOILES SUR LES 22 COUVERTURES DES ALBUMS DE TINTIN:

Hergé a dessiné 22 petites étoiles à 5 branches sur 15 des 22 couvertures des albums d'Hergé et 1 étoiles de mer à 5 branches sur le sol marin de la couverture du Trésor de Rackham le Rouge. Il a également dessiné dans le O du mot ETOILE du titre de l'album "L'étoile mystérieuse" une grosse étoile à 5 branches qui fait allusion à l'étoile mystérieuse/boule de feu-araignée vu dans l'objectif par Tintin à l'observatoire du professeur Calyps . Il y a donc au 1er degré de certitude 23* étoiles à 5 branches [dans l'ordre d'un symbolique interne aux albums] et 1 étoile de mer [dans l'ordre de la réalité interne aux aventures] .

-> Il y a donc un homéomorphisme entre les 23* + 1 étoiles placées sur les 22 couvertures et les 23* +1 étoiles placées sur les images visuelles des rêve de Tintin.

Le prophète Phillipulus montre dans le rêve de Tintin une sorte de réminescence de "l'Etoile mystérieuse" identifiée comme étant une Epeire Diadème dessinée dans le fond bleu du ciel :
"Elle est énorme ! Enorme ! dit Tintin. "Enorme, oui !" réplique le Professeur Calyps. " Et ces pattes velues ! ... Rien que d'y songer me donne le frisson ! poursuit Tintin. " Ces Pattes ?... Quelles pattes ?" réplique Calyps . " Quelles pattes? Mais celles de cette gigantesque araignée" dit Tintin. " Une araignée? Est-ce que vous n'en avez pas une dans le plafond ?" réplique Calyps. Après avoir été vérifié qu'il s'agit bien d'une Araignée, une énorme Epeire Diadème [ Epée bandeau]".

On peut donc se demander si ce n'est pas dans l'espace formel d'un homéomorphisme servant d'ATTRACTEUR (allant plus difficilement des 22 Couvertures aux 22 Images de rêves de Tintin que des 22 Images de rêves aux 22 couvertures) que viendrait se métamorphoser, se réveiller et s'anamorphoser, la fameuse ETOILE/TOILE D'ARAIGNEE . Si on peut mettre en correspondance les 21 étoiles symboliques et les 2 étoiles de mer, quel serait l'équivalent du support FOND des lettres du titre " L'ETOILE MYSTERIEUSE'' sur laquelle s'inscrit une ETOILE SYMBOLIQUE ? Ne serait-ce pas -au verso de la structure du titre- cette TOILE BLEUE du ciel où vient loger l'habitant cauchemardesque, l' EPEIRE DIADEME, de "LA TOILE A VENIR'' (de la Toile à régner)"? -> On trouve sur la lame 17 appelée "L'ETOILE" dans le TAROT de Nicolas CONVER (1760) l'indication du jeu de mot entre L'ETOILE (donnée comme l'habitant de la toile ) et LA TOILE

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ou LE TOIT ( du ciel et du fou) puisque L'ETOILE est écrit par Nicolas CONVER: "LE TOILLE" .

L'AJUSTEMENT PYRAMIDAL DES DEUX SYSTEMES :

∆ : Entre les 2O petites étoiles à 5 branches dessinées sur les images de rêve (sans l' étoile de mer) et les 22 petites étoiles à 5 branches dessinées sur les couverture (sans l'étoile de mer), il y a une moyenne de 42/2 soit DEUX fois 21 ∆ étoiles à 5 branches.
° : Entre les 21∆ étoiles à 5 branches de rêve (avec étoile de mer) et les 23 * étoiles à 5 branches de couvertures ( avec étoile de mer) dessinées respectivement sur les images de rêves et sur les couvertures-plafonds, il y a une moyenne de 44/2 étoiles soient DEUX fois 22° étoiles à 5 branches dont une de mer .
*: Enfin entre les 22 étoiles de rêve ( les 2O étoiles à 5 branches, l'étoile de mer et l'étoile- d'araignée en tant qu'habitant de la TOILE du ciel bleu ) et les 24 étoiles de couverture ( les 22 étoiles à 5 branches, l'étoile de mer et l'étoile-signe en tant qu'habitant mystérieux du MOT "Etoile"), il y a une moyenne de 46/2 étoiles soient DEUX fois 23* étoiles .

FIN de l'ANNEXE III

Fin des Notes



Fin du texte